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DICTIONNAIRE

LAîsTGUEDOCIEN-FRANÇAIS

CONTENANT

les définitions I radicanx et étyniologies des mots; les idiotismes,' dictons, maximes et proverbes, lenrs origines et celles des contnmes, usages et institutions;

les noms propres de personnes et de lienz; origines, étymologies et significations; les termes d'agriculture, de métiers, d*arts, de professions,

d'industries; la flore et la faune méridionales; etc., etc.

PAR

Maximin D'HOMBRES

*

ANCIBN PRÉSIDENT DU TRIBUNAL CIVIL d'aLâTS, MBHBRR DB i/aCADÊMIE DB NTMBS, ANCTRN PRÈSIDBNT DR LA SOCIÉTÉ ST.IBNTIFIQUB ET LITTÉRAIRE D'aLAIS,

ET

Gratien CHARVET

MltafBRR DR L* ACADÉMIE DE NIMES, DR LA SOCIÉTÉ ARCHÉOLOTtlQUR DE MONTPELLIER ET DE LA SOCIÉTÉ SCIENTIFIQUE ET LITTÉRAIRE D*ALAIS, OORBKSTONDANT DU MINISTÈRE DB L'INSTRUCTION PUBLIQUE POUR LES TRAVAUX HISTORIQUES,

OFFICIBR d'académie.

ALAIS

f^^. ^ /• ^*^ **' Imprimerie et Lithogrcaphie A. BRUGUEIROLLK, Grand'rue, 93.

1884

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DICTIONNAIRE

L ANGUED O CIEN-FR ANC AIS

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DICTIONNAIRE

L ANGUED O CIEN-FR ANC Aïs

DICTIONNAIRE

LANGUEDOCIEN'FRANÇAIS

CONTENANT

les définitions, radicanx et étymologies des mots; les idiotismes, dictons, maximes et proverbes, lenrs origines et celles des contnmes, usages et institutions;

les noms propres de personnes et de lienz^ ^

origines, étymologies et significations; les termes d*agricnltare, de métiers, d'arts, de professions,

d'industries; la flore et la faune méridionales; etc., etc.

PAR

Maximin D'HOMBRES

ANCIEN PRitSIDBNT DU TRIBUNAL CIVIL D*ALAI8, MBBfBRB DB l'aCAdIeIIIB DB NIMB8, ANCIBN PRiSIDBNT DB LA SCa^TÈ SCIBNTIFIQUB BT LITTÂBAIRB D*ALAI8,

ET

Gratien CHARVET

MBICBRB DB L'aCADÂMIB DB NIMBS, DB LA 80CTBTÂ ARCHBOLOOIQUB DB MONTPBLUBR

BT DB LA SOCIBTÂ SCIENTIFIQUE BT LITTÂRAIRB D*ALAIS,

CORRESPONDANT DU MINISTiRB DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE POUR LES TRAVAUX HISTORIQUES*

OFFICIER D*ACADBM1E.

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ALAIS

Imprimerie et Lithographie A. BRUGUEIROLLE, Grand'rue, 93.

1884

MAXIMIN DHOMBRES

JDeu agradal e tUpobôlutlL Agréable à Dieu et utile au peuple. YiEUXE Charte d'Alau.

On Ta dit bien souvent et avec juste raison : certaines familles semblent être prédestinées au goût des recherches studieuses; elles possèdent ce don naturellement et se le transmettent de génération en gêné* ration comme un précieux héritage. Cette observation ne s'est jamais manifestée avec plus d'évidence qu'à l'égard de Maximin d'Hombres.

François-Louis-Max imin dHombres naquit, le 14 août 1840, à Alais, d'une ancienne et honorable famille des Cévennes. Il était le fils de François-Régis d'Hombres dont les vertus charitables sont restées légendaires, et de Marie-Ântoinette-Eulalie Desroche, de Génolhac.

Petit neveu des deux célèbres Boissier de Sauvages, par sa grand'mère M arie-Âugustine Boissier de La Croix de Sauvages, et neveu du baron d'Hombres-Firmas, il voulut se rendre digne de ses devanciers et suivre conmie eux, avec honneur, la voie que leurs travaux lui avaient ouverte.

Doué d'une intelligence peu commune et d'une pénétration non moins remarquable, Maximin fit avec succès ses études classiques à Forcalquier d'abord, à Aix ensuite, chez les Jésuites. Il les poursuivit plus tard au collège de sa ville natale, et alla les compléter à Paris par celles du Droit.

Ses débuts à Alais, comme avocat, lui valurent les éloges les plus mérités, et firent présager pour lui un brillant avenir. Il prit, pendant trente-cinq ans, une part active à tous les grands débats judiciaires qui se produisirent devant le tribunal de cette ville. A partir de 1840, il fit toujours partie des Conseils de l'ordre; et, à neuf reprises différentes, il en fut élu bâtonnier. « Cœur noble, âme généreuse, esprit cultivé, » a dit sur sa tombe un de ses anciens confrères, « Maximin d'Hombres était un de ces hommes dont le talent et la probité s'imposent et honorent les corps auxquels ils appartiennent (1). »

Caractère aimable et enjoué, esprit incisif et éminemment gaulois, Maximin avait l'aimable défaut des hommes très spirituels, qui n'ont jamais l'air de se prendre tout-à-fait au sérieux, lors même qu'ils se livrent à des occupations fort sérieuses ; contrairement aux esprits bornés ou superficiels, qui se gardent bien de douter d'eux-mêmes, et font consister leur principal mérite à s'occuper, avec une gravité affectée, de choses parfaitement insignifiantes.

Un membre de la société d'Alais a décrit avec finesse « cette figure origincde et sympathique, pré- sentant un singulier mélange de douceur et de malice, de bonhomie et de causticité Ce charmant

causeur, prompt à la réplique, habile à lancer le trait, à la verve familière, aiguisée, piquante, ironique, mais jamais blessante (2). »

Une bienveillance constante, une bonté inaltérable, formait, en effet, le fond du caractère de Maximin

(1) Discoure de M. Emile Pin, bâtonnier de TOrdre des ayocats.

(2) V. ArpHAR. Compte-rendu des travaux de la Société scientifique et littéraire d'Alais, pendant Tannée 1873.

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d'Hombres. Ses qualités charmantes, son abord facile et plein d'aménité, lui attiraient Testime et l'affec- tion universelles. Quant à ses amis, ils ont pu apprécier combien l'un d'entre eux (i) l'a justement défini en signalant chez lui cette ténaeUé du cœur qui rendait ses affections indissolubles.

Pourrions-nous oublier, en parlant des précieuses qualités de notre ami, celles qui étaient peut-être les moins apparentes, mais en même temps les plus réelles : ces vertus bienfaisantes, ces habitudes de charité, héréditaires dans sa famille, dont pourraient rendre témoignage tant de misères secourues, tant d'infortunes soulagées en silence, sans faste et sans ostentation ?

Aussi, lorsqu'à la fin de sa carrière d'avocat, parcourue avec autant d'honneur que de distinction, Maximin d'Hombres fut appelé à la Présidence du Tribunal Id'Alais, tous ses concitoyens, sans acception d'opinions, applaudirent ayec enthousiame à une nomination si bien justifiée.

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Maximin d'Hombres avait épousé, le 26 novembre 1844, M^'* Victorine Farjon, de Montpellier, dont l'inaltérable affection l'a, jusqu'à ses derniers momepts, entouré des soins les plus délicats et les plus

d^oués.

Durant de longues années, Maximin d'Hombres a fait partie du Conseil municipal d'Alais, TaTaient appelé la confiance et l'affection de ses concitoyens; et il a rempli, pendant un certain temps, les fonctions

d'a^îoint à la mairie.

II était membre de Y Académie du Gard, dQ la Sœiéùé de$ études pour lee langues romanes et de la Société scientifique et littéraire d'Alais, dont il a occupé la présidence pendant l'année 187â.

Maximin d'Hoqilires atait eu quatre frères, morts avant lui, et une sosur qui lui survit : 1* Hippolyte, ancien élève de TÉcole polytechnique, mort en Afrique» ci4>itaine du génie; Léonce, mort religieux trappiste; 3* Ernest, mort garde-général des Baux-^t-Foréts; 4* Paulin, mort enseigne de vaisseau 4f?ant Saint-Jean-d'Ulloa; 5* Pauline, religieuse de la Visitation à Tarascon, seule survivante.

Avec Mâ^™'" s'est éteinte la descendance mâle de la brandie cadette de la famille d'Hombres.

*

Doué d*une aptitude exceptionnelle pour toutes sortes de travaux , mais principalement porté vers les études littéraires, historiques et archéologiques, Maximin savait faire marcher de front ces diverses études avec celles de sa profession. Les premières avaient même d'autant plus de charme et d'attrait pour hii, qu'elles fournissaient à son esprit une agréable diversion aux fatigues du barreau, et lui servaient en quelque sorte de délassement.

Le but constant qu'il poursuivit toute sa vie fut de mettre en lumière les principaux faits historiques qui se rattachent au passé de sa ville natale pour laquelle il professait, comme tous ses devanciers, une prédilection intime et profonde, un culte ardent et passionné : Soli totus amor (2).

A part ses incontestables qualités littéraires, ce qui mérite surtout d'être signalé dans Maximin d'Hombres, c'est Tesprit de suite et l'opiniâtreté dans le travail qui, chez l'historien et l'érudit, sont toujours des qualités fécondes.

« On est en général tenté de plaindre les savants qui consaicrent leur vie à composer de gros livres et les curieux qui passent leur temps à les lire, dit M. Gaston Boissier. Peut-être les uns et les autres sont-ils beaucoup moins malheureux qu'on ne le suppose. S'il faut un certain courage pour se jeter résolument dans ces études pénibles et infinies, il est rare, quand les premières difficultés sont vaincues, qu'on n'éprouve pas

(1) ÉloQS as Maximin d'Hombres, psr M. d*EtplBasioiis.

(1) Épigraphe lofcrite psr Maximin d'Hombres en tète de ion Étude rar Altls.

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pour elles un grand attrait : elles ont ce privilège qu'elles donnent beaucoup plus qu'elles ne promettent. Les érudits, qui se sont fait un domaine restreint et fermé, le fouillent avec passion dans tous les sens, et finissent toujours par y découvrir quelque coin de terre inconnu ils sont les premiers à poser le pied. Ce plaisir est un des plus vifs qu'on puisse éprouver, et il n'est pas commun (i). »

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Maximin d'Hombres a laissé trois excellentes Études ou notices réunies dans le volume des Recherches hietoriques sur Alais, publié en 1860, en collaboration avec MM. Marette, Duclaux-Monteil et César Fabre.

La première de ces notices est un précis historique sur la Seigneurie d'Alais, C'est, sans contredit, le travail le plus complet qui ait jamais été publié sur cette matière- La seconde contient une étude archéologique et historique sur l'ancienne église de Saint-Jean-Baptiste d'AIaiSy convertie plus tard en cathédrale.

La troisième traite des anciens noms des rues et places de la ville avec l'indication de leur étymologie.

On doit, en outre, à Maximin d'Hombres, de nombreux articles publiés dans VÉcJu) d'Alais, journal dont l'existence a duré onze années, de 1841 à 1852, et dont il fut l'un des principaux fondateurs.

On a aussi de lui une notice biographique placée en tôte de la deuxième édition de Las CastagnadoSg recueil de poésies languedociennes du marquis de Lafare-Alais, à qui l'unissait une vieille et étroite amitié; et trois ou quatre plaquettes, sans nom d'auteur, qui n'ont jamais été mises en vente : il n'en a été tiré qu*un nombre très restreint d'exemplaires (3).

Mais les travaux les plus remarquables dus à ses longues et patientes recherches et à sa profonde érudition, sont : 1* Une étude de longue haleine, sous forme de discours, intitulée : ALAIS, ses origines, sa langue^ ses chartes, sa commune et son consulat; 2* Le nouveau Dictionnauie languedocibn-français, resté inachevé.

*

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Dans son étude sur Alais, l'auteur expose d'abord l'ensemble de son œuvre.

n a pris à tÂche de faire ressortir le synchronisme qui existe entre les origines de l'organisation municipale de la ville d'Alais et celles de la formation de son langage. Il établit l'étymologie du nom d'Aliûs qui tient par ses racines à la langue celtique; il montre la contrée successivement occupée par les Ibères, les Ligures, les Celtes, les Romains, les Franks, les Visigoths, les Sarrasins, et assimilant à son idiome des éléments divers empruntés au langage de ses envahisseurs. Il signale l'introduction de la forme latine, dans la langue indigène, comme la conséquence évidente de l'occupation romaine et de rétablisse- ment du christianisme dans la Gaule méridionale; et, après l'apaisement des grandes secousses produites par les invasions, il montre ce même langage national, ainsi modifié, s'assujétissant à des règles, se fixant progressivement, et, sous le nom de langue romane, s'imposant à l'Europe occidentale.

Abordant ensuite la période féodale, l'auteur fait apparaître, en 1093, le premier seigneur connu d'Alais, Raymond Pelet, qui prend part à la première croisade, de concert avec Raymond-Décan d'Uzès et Guillaume de Sabran, sous les ordres de Raymond IV de Saint-Gilles. Il fait voir aussi les papes Gélase II» en 1118y et Alexandre III, en 1162, recevant à Alais l'hospitalité des Pelet ; il décrit la vie seigneuriale, les aventures des troubadours de la contrée; il dépeint enfin, au seuil du XIIP siècle, la ville d'Alais entrant

(1) 6. Boiasm. Xes provinces artentalei de Vempire romain,

(1) tM CharUt d'ÀlaU du XIII* Hèele, tradaitos dn roman et da latin en rimes françalaaa, 40 pages In-a*; Rapport au ComeU nmnk^al d^AMi tar la dénaminailon du met et ptacsi de ta vitte; Cm^'tM swr t^allgnement $i let ifndieatê du Gardomt 80 pages ia-8*.

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DICTIONNAIRE

LANGUEDOCIEN-FRANÇAIS

CONTENANT

les définitions, radicaux et étymologies des mots; les idiotismes,' dictons, maximes et proverbes, lenrs origines et celles des contnmes, usages et institutions;

les noms propres de personnes et de lieux; origines, étymologies et significations; les termes d'agriculture, de métiers, d*arts, de professions,

d'industries ; la flore et la faune méridionales; etc., etc.

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Maximin D'HOMBRES

ANCIBN PRisSTDKNT DU TRIBUNAL CIVIL d'aLATS, MBMBRB DB L* ACADÉMIE DB NTMRS, ANCIEN PRÉSIDENT DB LA SOCIÉTÉ SCIBNTIFIQUB ET LITTÉRAIRE D'aLAIS,

ET

Gratien CHARVET

MEMBRE DE L* ACADÉMIE DB NIMES, DB LA SOCIÉTÉ ARCHÉOLOGIQUE DE MONTPELLIER

BT DE LA SOCIÉTÉ SCIENTIFIQUE ET LITTÉRAIRE d'aLAIS,

CORRESPONDANT DU MINISTÈRE DB l/lNSTRUCTION PUBLIQUE POUR LES TRAVAUX HISTORIQUES,

OFFICIER D^ACADÉMIB.

ALAIS

. r ^ ''^** ' Imprimerie et Lithographie A. BRUGUEIROLLK, GrandVue, 93.

1884

DICTIONNAIRE

lANGUEDOCIEN-PKANCAIS

BOISSIER DS SAUVAGES ! De LA FARE-ALAIS ! Deox

noms radieux et sympathiques, que nous sommes heureux d'inscrire en tête des colonnes de ce livre, et qui feront sa meilleure fortune.

Au premier nous rattadient des liens de Emilie; au second est due Hdée première de notre nouveau DicUon- noire languedocien.

L'abbé de Sauvages, parmi les célébrités que notre pays a vues naitre, on Ta dit avec raison, est la plus oompléte- moit alaisienne : aucune n'a le cachet du crû comme la sienne. Géologue, physicien, naturaliste, agronome, litté- rateur ou lexicographe, soit qu'il consacre ses études à Vagriculture, soit qu'il dirige ses recherches vers la linguis- tique, tous les travaux d'une vie bien remplie et toujours appliquée, les connaissances variées qu'il possède à un degré distingué, supérieur même en quelques branches, son expérience et son rare savoir semblent n'avoir quelque prix à ses yeux qu*autant qu'il peut les faire tourner à la pros- p^té et à l'illustration de son pays natal.

Entre tous ses ouvrage, le seul dont nous ayons à parfef ici, le mieux connu peut-être, ne pouvait manquer de porter l'empreinte de cette pensée de bien public. Dés le titre même de son dictionnaire, et dans sa préface, le but du modeste savant prend plaisir à s'avouer hautement. 0 se donne pour mission principale d'enseigner à parler cor- rectement le français à ceux de ses compatriotes qui, accou- tumés dès l'enfance à formuler leur pensée en languedocien, D^BIl donnent, en se servant du français, qu'une traduction videuse et toute hérissée de gasconismes. Il se propose en- mité d'expliquer les mots du vieux langage dont fourmil- lent les titres et actes établissant d'anciens droits ou leur eiemptioA. XJne pareille conception a pu paraître étrange, originale : il n'y faut voir qifô le sentiment exagéré peut* ëHÈe maiff toudiant, d*un noble patriotisme, qui sacrifie au d'être utile même te soin de sa renommée littérane^ et

scientifique. Cette préoccupation toutefois a empêché une œuvre excellente d'atteindre la portée que l'auteur pouvait se promettre. Elle lui fait mettre de côté les mots les jdus usuels, pour ne s'attacher qu'à des techniques; tous les termes, et souvent les mieux employés, ne se trouvait pas chez lui, et il les néglige pour en poursuivre d'autFSS, hors de son domaine, s'il y peut saisir l'occasion d'un redressement et matière à sa leçon de français. Restreint ainsi dans !ue spécialité, et en même temps entraîné vers des ^alectes étrangers, son plan est incomplet et manque d'unité, au grand détriment de notre dialecte. Quelle valeur, en eiet, était destiné à avoir, pour l'avenir littéraire de notre pays, un travail de cette importance, exécuté par un homme comme l'abbé de Sauvages, si, au lieu de se renfer- mer dans un traité de purisme français, il nous eût donné un vrai lexique languedocien, embnissant la langue dans sa plénitude, ne sanctionnant que ce qu'il savait être de pur sang cévenol, mais légalisant tout notre avoir légitime! Sa réserve trop timide est d'autant plus regrettable, que per- scmne encore n'avait, avec tant de profondeur, de sagacité et d'érudition, pénétré dans le génie de notre idiome, ne s^'était plus impressionné de ses beautés, de sa Umpidité, de la sève de ses tours, de ses images, de ses figures, de ses idiotismes. Malgré ces lacunes. Sauvages restera comme la ^ire la plus populaire de nos contrées, et il méritera touK jours d'être considéré comme le plus savant et lo plus spi- rituel des initiatéitts du languedocien^

Son recueil sera le meilleur à consulter et le plus eu» rîeux quand on voudra remonter aux sources; mais sa donnée Mp ex<diksive devait nous interdire de le prendre en tout pour inod&ie. Le danger qu'il a voulu combattre^ n'existe plus d'aôlleiffs au même degré. Ce n'est pas l'alté^ ration de la langue fraàçuse par le languedocien qui est ^ redouter: Finfiuence-inVerse est bien autrement à craindre, etlejiéri sérieiâ est au^ ecmtraîrè de voir notre belle et

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DICTIONNAIRE

L ANGUED O CIEN-FR ANC AIS

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LANGUEDOCIEN-FRANÇAIS

BOISSIER DE SAUVAGES I De LA PARE- ALAIS ! Deox

noms radieux et sympathiques, que nous sommes héorettx d'inscrire en tète des colonnes de ce livre, et qui feront sa meilleure fortune.

Au premier nous rattadient des liens de Emilie; au second est due Tidée première de notre nouireau Diction- naire languedoeien.

L'abbé de SAtrYAGEs, parmi les célébrités que notre pays a vues naître, on Ta dit avec raison, est la plus complète- ment alaisienne : aucune n'a le cachet du crû comme la sienne. Géologue, physicien, naturaliste, agronome, litté- rateur ou lexicographe, soit qu'il consacre ses études à Tagriculture, soitqu'O dirige ses recherches vers la linguis- tique, tous les travaux d'une vie bien remplie et toujours appliquée, les connaissances variées qu'il possède à un degré distingué, supérieur même en quelques branches, son expérience et son rare savoir semblent n'avoir quelque prix à ses yeux qu'autant qu'il peut les faire tourner à la pros- p&ité et à l'illustration de son pays natal.

Entre tous ses ouvrages, le seul dont nous ayons à parlef id, le mieux connu peut-être, ne pouvait manquer de porter l'empreinte de cette pensée de ïàen public. Dès le titre même de son dictionnaire, et dans sa préface, le but du modeste savant prend plaisir à s'avouer hautement, n se donne pour missicm principale d'enseigner à parler cor- rectement le français à ceux de ses compatriotes qui, aoeou- tumés dSs l'enfance à formuler leur peiûée en languedocien, iï*m donnent, en se servant du fr^i^ais, qu'une traduction vicieuse et toute hérissée de gasoonismes. Il se propose en- suite d'expliquer les mots du vieux langage dont fourmil- lent les titres et actes établissant d'anciens droits ou leur exemption. XJne paMille conception a pu paraître étrange, originale : il n'y faut voir qifô le sentiment exagéré peut* ètte maj9 touchant, d*un noble patriotisme, qui sacrifie au dénr d'être utile mêmele soin de sa renommée littêrake et

scientifique. Cette préoccupation toutefois a empêché une œuvre excellente d'atteindre la portée que l'auteur pouvait se promettre. Elle lui fait mettre de côté les mots les plus usuels, pour ne s'attacher qu'à des techniques; tous les termes, et souvent les mieux employés, ne se trouvent pas chez lui, et il les néglige pour en poursuivre d'autres, hors de son domaine, s'il y peut saisir l'occasion d'un redressement et matière à sa leçon de français. Restreint ainsi dans !ue spécialité, et en même temps entraîné vers des (fialectes étrangers, son plan est incomplet et manque d'unité, au grand détriment de notre dialecte. Quelle valeur, en eiet, était destiné à avoir, pour l'avenir littéraire de notre pays, un travail de cette importance, exécuté par un homme comme l'abbé de Sauvages, si, au lieu de se renfer- mer dans un traité de purisme français, il nous eût donné un vrai lexique languedocien, embrassant la langue dans sa plénitude, ne sanctionnant que ce qu'il savait être de pur sang cévenol, mais légalisant tout notre avoir légitime! Sa réserve trop timide est d'autant plus regrettable, que per- scmne encore n'avait, avec tant de profondeur, de sagacité et d'érudition, pénétré dans le génie de notre idiome, ne »'étftit i^us^ impressionné de ses beautés, de sa limpidité, de la sève de ses tours, de ses images, de ses figures, de ses idiotisme». M^gré ces lacunes. Sauvages restera comme la gloire la phis populaire de nos contrées, et il méritera touK joure d'être coôsidéré comme le plus savant et le plus spi- rituel des initiatéitts du languedocien.

Son recueil sera le meilleur à consulter et le plus eu* rieux quand on voudra remonter aux sources; mais sa donnée trop exelùsive devait nous interdire de le prendre en tout pour modèle. Le danger qu'il a voulu coÉnbattre" n'existe plus d'sûHeoïs au même degré. Ce n'est pas l'alté^ lotion de la langue fraàçuse par le languedocien qui est ^ Tedouter : Tinfluaice^inverse est bien autrement à onondrè, et lejiéri sérieux est au contraire de voir notre belle et

DICTIONNAIRE

LANGUEDOCIEN-FRANÇAIS

CONTENANT

les définitions, radicaux et étymologies dos mots; los idiotismos, dictons, maximes et proverbes, lonrs origines et celles des contnmes, usages et institutions;

les noms propres de personnes et de lienx, ^

origines, étymologies et significations; les termes d'agricnltnro, de métiers, d'arts, de professions,

d'industries ; la flore et la faute méridionales; etc., etc.

PAR

Maximin D'HOMBRES

ANCIBN PBÈSIDBNT DU TRIBUNAL CIVIL d'àLAIS, MBMBBB DB L'AGADiMIB DB NIMBS, ANCIBN PRi»IDBNT DB LA SCaÉTi 8CIBNTIFIQUB BT LITTÈRAIRB D'ALAIS,

ET

Gratien CHARVET

MBMBBB DB L'ACADtMIB DB NIMBS, DB LA HOCTBTÂ ABCHJK)LOOIQUB DB MONTPBLUBR

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OORRBSPONDANT DU MINISTÈRB DB L'INSTRUCTION PUBLIQUE POUR LES TRAVAUX HISTORIQUES,

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Imprimerie et Lithographie A. BRUGUEIROLLË, Grand'rue, 93.

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(lL'>iii«'ni'Ob «n (le SCS l'oniics, ses tniirs i'lli|)ii(|ui\s ot >a cnii- struclion ne s** plii'nmt jamais au dialt'rlc N)uril ilii .N->nl, à sa j)i'«''i"isiim p\ai;lc cl t'<nji[),issr''. 11 iit* s iiliiait de la lii>lnii quuih* IiiLMin.ulii)' sans inuii, (jul in' .s'iail ni <lu lauLiit'- dnci'Mi ni du l'i'ancii.s. njai> du \rai iKiliii> ccno luis, iiiin- l('Ili':iltl*' au\ lial)il niN du j)a\s (Mi\-ni<Miii'N, o[ lail'' ji 'ur (10C')nc»'i-lei' les ('lianj-'eis ei \i'^ plus sa\anls (>liil(tl'ii;ui>.

Mallit'un'USi'ihcnl rfs ini-oiii[tatii»ilil'''S iMiliv les dfu\ lan- irucs n'nnt [»as cl' Inujituis hi-'ii iMMijuisi-s. P.mr (jufli|u«> airniit''s (|Ut' le lalin a\ail a Tdriiiin" a[»[t<ii l''ts dan> lune ol dans lauliv, (ui n"a [>as assez lemi e(nu|ile de leur^ dill'é- rence» iili\siul(»i;i(jue^, de t,uU re (jue pcul-èhe le cliiiial, Wnv i>iisilinn ;^e,i^'iMjilii(|n,\ li-uis (endantes axaient iiil> crincMiicilialtle, d anlipatlniiue dans leui" naiuie, d hi> liiir caraet'Te, dans leur mécanisme, dans leui' e\[(ressi »n. C'«Haicnt deux ll<Mi\es, avant uin' source coiiiiuuue , »jui lonL!leiii|)s avaieiil sui\i une inandie parallèle, !.'<•(. udant le pa\s dans leur cours; nuis (jue de|»ui> des p-nis njipd- S(Vs «uil enirainés eu sen;> Çdjilraire, e| ditiil les «mux ne

lH}USenl plus se mêler sans se IntUltJer et se LUiruliij)ie.

C'est ce (juil lallail surtout rcm.injuer : c'était a main- leiiir la séparation (ju il impiirlait d" 5'aUaclier.

Aujourd'hui lu lant:ue jraneaise, (|ui ne ce>se di' s- pro- diguer, de se répandre, de s' perleclionner, attire tout a elle ; seule, elle a la jurole; vule, elle es! de Ix-n ton et de bonne compajinie; tout se lait, s'enseinne, s-' rejrnte, se diM'ule, se traite en Iraneais ; sa [»rei'minene.' e.Nt ineou- lestalile. La laniiue d'Oc, a ses col''S, de[)uis (pi'elle a perdu sa nationalité, n'est |)lus (ju'ini parler de \aincus. Comme elle n'a pu se mou\oir que dans un cei'cle ri'^iifini . sa puissanc»' de dt'velitppemi'nt s'est mesuiV'c à des intérêts et î\ des besoins Uirnés. lanule souvent lieuivuse du Iraneais, dans la poésie, plus abondante et plus musicale (jue hu,on l'a bien vue toucher sans elVorls aux conce[)tions élevées de la pensé(; et de l'esprit; uiais rejetée de hi vie pid)li<(ue active, du fiionde de> allaires, de la poliii(jue et di's sciences humaiiK^s, mise en (|uel(pie sorte au ban de la civ ilisatioji nuHlerne : toute ex])ansiou lui devenait impossiblt». Elle est restée, avec ses allures laniilières, vulgaires, un peu rusti- ques, la lajigue du peuple, de la lamille, des cami)agnes. Elle a vécu néanmoins et elle vil encore de S')n propre fonds, par la seule énergie de sa conslilulioii.

Mais tous ra|)ports philologi([ues ont cessé entre les deux idiomes. Leur co-♦.^xist -nce sur le même terriloire ne saurait fonder ni alliance, ni association. La transfusion de l'un dans l'autre ne serait en ellet que raiiéantissement du plus faible, sans prolit pour le plus fort.

Sans doute il j)eut arriver un jour, si éloigné (juon le prévoie, le vaiiKjueur parviendra à étouiVer le paria, à force de l'élreindre. Il le supplantera dans son modeste empire, mais son pouvoir ne va pas jus^ju'.'i le rayer d»î la famille des langues. Que le languedoci(.'n soit su])prirné et démonétisé, c'est le lot des proscrits; mais rien ne fera qu'il n'ait eu cours légal, qu'il ne soit encore une des

L.'loiresde la mere-palrie, (ju'il ne revendique justcuKMit son imlividualilé di>lincte, et qu'il ne se reru>" a être converti en un des p.ititis du iV.meiis. (!c>t mu moins contre cettt» d<'Comi»"silion v iolcnte «juil pioteste, s'il est eondamn»' à niianâr. Auiis et ennemis s'acharnent .1 |c iranslormer en un ar;_'oi (jui le rendi'a !iient«»t tout a l'ait mêc mnai^-sable. (;cil.iin> pmislcs, et <|ue|(|iies- uns tri's-eruilits vraiment, ne s>nl-ils p;i>, n\\<-> jnxpr.i [»ri>l»>M'r (pie l^- vocabulaire lan;.'Ued'i(icn n'avait i[<'iï d mi<.'uv a l'aire «pic il» mtltre au pillajc lc> diclidiin. lires Iraiiciis? Ces slerilc> cl buuii- liants lai'ein>, .sjjs cl u*'iii •'•ri.ues en svsti'ine cl inmicentês, es Mi' iji>|i lieux am.ilu unes, s'ils s'ai'complissaii'iit, c en s-raif lait de 1.1 lannuc d Oc, et de s 1 diunit*', et de Niin i:ênie. L'S einpiii.[ue>, en inliltijnl dan> les vimjic.s de |.i pauviv Uialadc un san,:^ elr.ni,:je|-, n'oblienilraient (|ue ce d'-plirable ri'.Null.it de e"iii[ironicll!'i' «lavant. !,::c si>n e\i>|ejiçe. A l'arrêt de iimii «pi'uii n aj'Ule donc |>as un ariêl de lletris>uiv.

La r.'action inti'lli,L:ente «le l'esprit des provinci\s, dans le Midi, n'a p.is eje saluée partout av«'c tant «le >ynqKitbie encouiMi^eaiilc ]»< ur ;rvtiilcr t\i plein ^u<'cès. La langue d'Oe, «pii a repris sa [A:\y-v dans la littérature de la l'rance, fait di's >rmai> partie de >cs richi'sses, et sa conservation inté- resNC la gloire natitaialc ,Mai> (pit^ lui laiit-il l'iu-ore pour vaincre les piV-jugés, jioui' avoir raison de tous les [)arlis- pris? Llle nv parv icmlrail pas mieux si ell»» consentait à reprenilre les lnianules archaupies du roman des trouba- ilours, avec Icxpi'llcs nn ne sentemlrait plus, «pie si elle était contrainte a rci-nurir à ces faux ajustements d'em- prunt, «|ui renlaidissciit et la «lejigurenl. .Mais tous les suf- frages lui l'eroiit ac«*ueil «piand elle se montrera dans sa pureté premier«\ «laiis sa sinq>licile vraie et natun'lle. Llle ne (luit être jugée «pie sur son tv[)e natal, sur un tableau coiiïH-l, complet, eidier d'elle-mêmi', telle (ju«' le progrès la faite, modiliet\ ai)i»roprié«% aviH* l«\s accroissements que son génie lui a apportés et «pie l'usage consacre. Au prix d'une ('puration sévér»', elle méritera de s»» r«*lever d«' son abaissement, et d'attirer les études sérieuses et la fav«Hir ])ubli«]ue.

Sans rien répudier de son jias.sé «jui a jeté un vif éclat dans la littérature, ne peut-<'lh* avoir «[uelque orgueil de sa renaissance, qui n'est jias moins brillante? C^e qui était autreftiis de son esstMice, ne 1»^ porte-t-elle pas encore aujourd'hui en elle? Touti^s les langues arrivent nécessai- r«Mnent à se transfigunT avec l(\s iimnirs, l'esprit public et les tendances d«'s populations (ju'elles r«^présejit«Mil. Et de c«'la ([ue l'idiome méridional n«^ s'est pas iigé dans rimmo- bilité, (ju il a éprouvé des transforinati<nis, serait -il juste de c«)nclure ([u'il doit être déclaré alt<'int et convaincu de mort civile? Ce ne sont |)oint h*s acquisitions nouvelles, quand il les a mar(jué«'s au titn* légal, qui i)euvent dimi- nuer son crédit; mais bien cette fausse monnaie, frappée au coin d'une fantaisie ignorante, qui le déconsidère : et c'est que le remède doit être apj)li(pié.

D'autre part, la langue d'Oc est morcelée en une infinité

11

de dialectes; mais s*en est-elle pour cela affaiblie dans son principe? Tons ces rameaux se relient par mille radicules à la souche-mère; les nuances d'intonation et de vocalisa- tion viennent confondre leurs accords dans Tharmonie originelle, dans une gamme commune. S*il n'est pas permis d'espérer, à cause de l'étendue du territoire et de la diver- sité des dialectes, de les rassembler tous dans une compo- sition unique, qui dénonce les altérations dont ils ont chacun plus ou moins subi l'atteinte, et qui les ramène au thème vrai, ce résultat ne peut-il être obtenu dans une monographie, qui se rattache à tous par des aperçus géné- raux, par la fraternité d'origine et de famille? Notre dia- lecte cévenol , par sa position concentrique entre la plaine et la montagne, plus abrité que les autres contre les impor- tations exotiques, ne s'est-il pas montré aussi plus fidèle au vieux culte, n'a-t-il pas mieux conservé les saines traditions? Ne devrait-il pas être préféré pour ce travail d'épuration?

Ce sont ces études qui préoccupaient l'auteur des Caita- gnadoi, auxquelles il conviait un groupe d'intimes, animés comme lui du feu sacré. 11 rêvait de rendre à son dialecte bas-languedocien, cet ami d'enfance tant aimé, sa physio- nomie vraie. Dans cette pensée fut commencée la nomencla- ture du nouveau Dictionnaire languedocien : elle nous est parvenue écrite en entier de la main de M. le marquis db La Fare-Alais.

A cet éminent esprit , si versé dans la connaissance de l'idiome maternel , si familier avec le génie du gai-savoir, il appartenait, et lui seul avait autorité et compétence pour cela, de dresser le nobiliaire complet de notre langue, ne devaient être inscrits, comme sur le livre d'or de Venise, que les patriciens de bon aloi , de pure origine ou d'allian- ces légitimes. Poète, il avait rendu à cette langue populaire sa grâce et son élégance, sa clarté et son énergie, son carac- tère joyeux et goguenard, ses allures franches et agrestes; il l'avait élevée même jusqu'à l'idéal qu'on lui croyait inaccessible , jusqu'au sentiment et au pathétique pour les- quels on l'accusait de manquer d'expression ou de souffle. Grammairien , il voulait lui garder son purisme natif et son originalilé technique; la sauver du servilismede l'imitation et des pollutions de l'invasion étrangère ; délivrer son domaine des excroissances sauvages que le terroir natal n'avait pas produites et se refusait à féconder; conserver aux fleurs de ses champs leur fraîcheur et leur parfam , sans proscrire toutefois celles que sa culture ou son génie avaient natura- lisées et dont il avait fait des conquêtes. Le maître seul eût pu mener à bien ce labeur délicat : malheureusement il ne lui a pas été donné de l'accomplir; mais il en a déposé la pensée dans la nomenclature.

Cette classification, telle qu'il nous l'a laissée , accompa- gnée de quelques notes trop rares et pieusement recueillies, qu'il sera facile de reconnaître , forme un tout complet. Notre système d'orthographe et les régies de notre syntaxe s*y trouvent en germe : toutes les acquisitions nouvelles du Cévenol sont légalisées, les néologismes irréguliers condam-

nés; le maitre a prononcé. Pour nous, ces listes de mots sont les tables de la loi : elles fixent notre dialecte, elles sont notre langue vraie, actuelle, vivante. C'est l'arrêt au- quel il n'y a rien à ajouter ni à retrancher : le jugement dernier qui sépare le bon grain de l'ivraie.

Il y a plus de vingt-cinq ans du jour fut écrite la pre- mière ligne du Vocabulaire et nous recevions, avec un ami, hélas! perdu aussi pour nous, la confidence du plan d'une entreprise trop tôt interrompue. Alors, dans une col- laboration fraternelle, à laquelle manquait son chef naturel, le travail aurait pu êlre suivi; d'autres préoccupations arrêtèrent nos études, sans jamais cependant nous les faire perdre entièrement de vue. Enfin, quand au dernier survivant est revenu ce legs de l'amitié, pour en accepter l'honneur et les périls il a moins consulté ses forces que son patriotisme. L'œuvre avait été inspirée par un senti- ment qui devait la faire continuer : elle pouvait être utile, ses difficultés ne devaient pas empêcher d'en tenter les risques et les écueils. Mais aujourd'hui que la tAche est à peu près remplie, que nous avons parcouru jusqu'au bout la voie tracée par les jalons indicateurs, nous jetons un regard en arrière, et nous doutons. La bonne volonté ne nous a-t-elle pas égaré? L'esprit du maître ne souffle plus; ne nous a-t-il pas abandonné dans ce long trajet? Et nous en sommes à nous demander, en le regrettant peut-être, s'il n'eût pas été préférable que l'esquisse fût restée simplement au trait qui seul lui donnait tant de vie et d'animation; s'il n'eût pas mieux valu que la toile eût été laissée vide dans son cadre d'or. Puisse au moins la gangue abrupte ne pas trop déparer le diamant que nous avons voulu mettre en lumière !

Tout d'abord nous devions dire comment était le nouveau Dictionnaire languedocien; maintenant, que son ordonnance, sa marche et son développement eussent être moins imparfaits, plus conformes aux us et coutumes et aux règles académiques, nous l'avouons. Il y aurait trop mauvaise grAce h ne pas le reconnaître et trop de présomp- tion à ne pas s'en excuser, n va de soi que notre pré- tention n'a pas été de faire un livre savant, pas plus que destiné à apprendre la langue à ceux qui la savent; mais il importait de conserver l'acte de son état civil, nous l'avons fidèlement enregistré. Nous avons mis toute sorte d'appli- cation et de désir à bien faire, pour rendre utiles et inté- ressantes nos recherches, pour maintenir lessaines traditions; s'il ne nous a pas été donné de faire mieux, à nous seul la faute. Mais que ne nous pardonnera-t-on pas et ne nous laissera-t-on point passer à la faveur des deux noms si populaires et si sympathiques qui nous couvrent? Ce double patronage de Sauvages et de La Fark-Alais, nous l'invo- quons à chaque page. A plus d'un titre nous avions le drmt de nous en réclamer : ici le devoir qui nous tenait le plus au cœur était de porter l'hommage du souvenir et de la reconnaissance à ces deux mémoires vénérées et chôres.

A

A, 5. m. Proiiiiôre lollre do Talpliabct. O'Uo loltro ii'«''tniit jamais iiiuolte vl n'ayniit ruruiir seule cl uum\o pronoucia- lioii, il Ji'y a pas lion di^ lui iIdiiiiit un aoocui (|U(lc«)ti<[u<\ iii au coiniiMMKMMiit'ul, ni à la liii, ni dans rinttM'ii'Ur d"\ni mot. (>[>ondant A pnMid l'acconl circonllcx"' dans la dipli- llionj^ui' : inàou, pùoii, donbc, clc.

A, prcpos. cl siijna fiti tlalifh. Aitan à ht vilo ; dotind ilv pan à un piïoure. Ici Ta n'i'Sl ])as onnsiilt'iv coiiimk' Ir-lli'c, connno sul»sl;nilii'; il osl [Hvposilion. Pdur l(Mli>lini;iii'i' ainsi, t;t nt^ [)as 1»' cnnlnndrc M\t\- (<' nml suivaJil, nniis lui dttnniiii"^ TacotMil graN»', (jui du ivs!»* in* ni<tdi(i<M'n ri-'ii sa pronon- ciation.

A, 3'"'' pei's. nul. près, du v«'I'Ik' .Irt'/zr, il un i-H.^ a.

A, (It'sinenrr, <pii est rcpn'Si'nlt't* dans (piclt|U«'S nuiiis ju'opi'cs d'Iinniiiii' el dans licaUiMUp (le nnius de lii^i, en fr. par nr. v\ on lai. [tai" nni.s. (icKut,

Dans aui'ini mot nnli-.- dialccli* n'admet ni ne piMuoiic.' le C (inal; le IVanciis, an eonlrain', je ('..il rorlcincnl ^.'iilir; en ce|;j,(^t sur la lenniiiaiMtn dont lions liMiliii^, (■•lui ci ><• ra])|M'oche da\anta]j«' de rancieniit' loiine. >i>.s aiciiv, I-n (li'H'vs, axaient en elVi'l c<' miIIîm' </c. <//., ipii >•' ciiili^H'lail a\ec Son é([ui\al''iil ce, c/V, cons'i'\i'> ejn* n',- d ms l'ar.ii^ li- cain, le caiul)i*i([ne iM ;iulifs; •'( il> ap[iii «.siciU Mii> d ail' sur la linali'.

On conn.iit je rttle dis pi''!i\(S et d"N su.'liX''^, tl'ux soiire.'S (pii f'M'onl.Mit el ('ni'i>-lii>>"nl les laii^Lue^. (l-nx-l.t ])rt''Ci'deiit le mot. l'ont les omp is(''> et macquo il un i.p- poil de C'»u\enance. de lii'U . de dislnic", d-' t'..i|!>, d" dinV'rei!!-". fie.; c 'U\ ci >ui\eiii If m-it, iMian'iit |i > d' ,i\ s et im[tiimejii à la i\..'in ' un s-iis p ;i lli-uli i" t! (pi lit.-, de mode, d'aelioii, d' «^ull:^l luee . d appi'. -j'i'i diou , di' j''>-'.ii- Manee, di' reunion, de cti||.'ch\ it'' et aulre.s. ïj' Miilixc //.-, d'ori^^'iu'' ,t:aul"i-e, S(r\. lil à ad';i'r|i\<'i' 1-' r'i'.icl ;iii(|iii| il s'atlaeliail , en lui a(iporrnd un^* id'v d'' d- >•• !i ! iiiee, de propriiUi' ou de colh'cli\ile, (piand il s"ajoa[ lit a un nom prol)re.

Kn ai"ri\ant (lan> l s (iaule^, linme |enr imjio>a m lanuue et son ^éine; mais le \ii'U\ Ironc cellitjuf ne lu! pa^ d ra- cine et ses rameauv \erdi>sai''nl daii> le lani.ML'e u>U'd an Uiilieu i\v<. pousses latines. Ij's d'iiomiiialioiis locales traib's faites ne pi)u\ai»'nt s VlV.u: t : ell.-s fuient latinisivs le pins souxent par la siin[il<} addition de la s\ Malte romain'' caiac- lérisliipie lis, (t, unt, selon ([u'il s'agiss.iit d'un nuinsus on payns, d'une ciUa nii niansio, d'un cnstruin mi pniu/ùun. Pour les élaljlisseiuents nouveaux à créer et à nommer, le contact perséNéranl des deux idiomes amena des inodilica- tions do procédés et de formes. L(^ latin introduisit son génitif eu i, signe do relation idenli(iuo au suflixe ac; et

ABA

de trè^-prol»al^lement les désinences en acius ou ocium, et par transi)osition iacus, icHunn, et jieui-élre les tle\ions en assitts, assiinn, nlins, aiinui, (Tel ni déjà i altération, mais aus>i le renon\ellemenl ; <'t pendant !<•> sept dU huit sii'clt's (pi«' dura la décadence ilu r<\L'iuie rouiain, ipii allait s'alt^'iMiit dans la hasse laliinir-, s'' faisait en même temps le travail de iorniation de la lan^Mie d'Oc, prèle à jeter taiil d'éclat avec ses Inadiadours. H est facili' de com[>ren- di'e, dans ciMle p/'riode, les transformations par Ic^pielles diu'ent passer les di''sii:nations aiipe||.iti\i'S, sans parler des iidlu''ners i'llmi(pi''>, <[ui ai;i»eni ;i\ec tant de pui>sance sur les (U'iiaiies \ocaux el >ur laceenl.

Les reMjll.d^ SI' traiiuis''nl en \ari;mtt'S multipliées. Tandis tpie, \\,\\\<, If Noid, le >ulïi\e nv se con\ertil (^ii e, ('[/, (iij, /, //, il ll't InUdnis l<' Mnli, en (t simple, en er, e.r; \ers I'' (ientre, f'U ('<(, eu.i;\\[\ pi'ii pailoul , en ns v\ al: et toiiji.ui's le loin immolai." il uhiroin.e a persi>t''' dans ses Jinali'^ iicis el arnui, îdrus cl incuiu. D.ois cette Variété de [)i"nilails i>■>u^ d'' l'union ih'.s Inrine,-, l,ihne> avec les dési- nene.si:aidoi^.'>, lanlol laliiii,>''-i'>, laidol senlrnient traduites d«' l.i Iniju" \id;jiiie r| priii.iliv'', \,\ i-uinhinaison de la nn'uiîliii' sur 1/ ;.]»|MiaiI ilaiis luaucinj) de noms; elle. ani'i!" me 'i"i' eunnia «-(iniv.d nt !«' suilixe <///, c;* et autres,

et, il faut le 1VÇm|iii,ii| |V ;;ii<M, |.' 7 c Ilique mouillaut \n, (pli d'iiM ', ]to!u' '/'■ <l <t( uti: (Il niciini. daus 1'- .NiU'd, tijnt', iijiii. i';"!i. i[iiiic<, (jiii Ui' s:tn! p.i-^ moins pill(ir('S(pii'S (]ue lii> <i>ji> r, 'i;jn;>. (. >/ '.I ':rs, 'ni-'j': s, •iiju'i l'ifufs, ar/jneol 01 'jr.. in i i !i Ml oiv . (liii <nl I.--- i;."ii.'s elriinMils ]>riiiiitifs il rf.imi.i ni a I,; h.'iip' s ■aiNf. lai c iinmeiicnit, il fallait t' nir iiol" (!•• e. > Iran^formaliiUis. -— Voii. les articles .1/^, Aiijw, el jis cxi'iiipl.s >oiî> It's n.tiiis de lit>(i Ainiat'ffite,

Abadiè, .v. /'. .V!'lta\e: moiu>| ae d liommes ou di* fem- iiir<, ^'.ii\('[|i.'' |),(f un alil)'' on mit' ahltesse.

\) v. du l.din M>.l>ntiii .

Abandoù, s. m. AImjiiIou. il ne se prend guère ([u'advi-riiialemenl. I.aissoloni à I <i(ju/i /où, il ]n''irlig(^ toutes ses a lia (l'es.

Abandouna, r. Al»aiidoiHi''i'. (> mut d'origine toute franc ti> ' (>t peu emj»lo\é dan> son m-us propn», mais il devieni tunl-à-fait leclnii([Ui' an participe [»asst' fém. uno ahiiuîoiiuailo, uii'* femme décriée et (pie tout le monde fuit.

>ious reinanjuerdns, en comniiMicant et une fois pour toutes, (pie le pins grand nombre de verlies actifs, daus notre jdioine ainsi (pie dans le hasd>reton, se terminent ou A à rinlinitif et au part. pass. masc. Tous c(\s partici]x^s font ado au féminin.

Abàoucha [s], c. Tomber sur la face, sur le uoz.

ABÉ

ABE

IS

Le radical semble pris de bueca, bass. lalin., boache.

Abtoosa, 17. Retoaroer nn vase sens dessus dessous.

Abàoiua (s*), v. Se coucher à plat ventre.

AbâouBOÙ (d*), ou d'Abâousoùs, adv. A plat ventre, £ue à terre.

Abarbassl, ido, adj. Barbu, qui laisse croître sa barbe outre mesure.

Dér. de Barbo,

Abartassi (s*), v. Se couvrir de buissons; dégénérer en buisson. Se dit d'un arbre qui a été brouté ou trop fré- quemment ravalé dans sa jeunesse.

Dér. de Barta», buisson.

Les verbes dont Tinfinitif est en I , ont la même termi- naison au part. pass. maso. ; ils font au fém. ido : règle générale.

Abasanl (s*), v. Se flétrir, se rider; devenir vieux, usé, mi-pourri. Se dit quelquefois des personnes, mais plus sou- vent du bois de service qui a été pénétré par l'humidité et la gelée, et qui perd par son poids et sa dureté.

Abastardl (s'], v. S'abâtardir, se rabougrir, dégénérer. Se dit surtout des plantes et des céréales qui dégénèrent faute d'assolement et de renouvellement des semences.

Abatsda, v. Attaquer, poursuivre quelqu'un avec des projectiles quelconques; jouer de la fronde, jouer à la bataille, lancer des pierres avec la fronde ; abattre des fruits à coups de pierre ou de gaule.

Abè, 9. m., dim. Abéqué. Abbé. Ce mot n'est plusqu'mic désignation générique de tout ecclésiastique, n'importe son rang et ses fonctions, jusqu'à celles d'évôque inclusivement.

Dér. du lat. Abbas,

Abé, s. m. Sapin, Abies vulgaris, Linn. Grand arbre de la famille des Conifères. Voy. Sapin.

Dér. du lat. Abies,

A-bé-cé-dé, s. m. A-b-c, abécédaire, alphaljet.

Abéîano, s, f. Mélisse, citronnelle. Métissa officinalis, Linn. Plante à odeur de citron. Ses feuilles prises en infu- sion sont un léger stomachique. C'est le thé des paysans. Voy. Idmounéto,

Etym. de abéîo, parce que les fleurs de cette plante, la mélisse, attirent les abeilles, dont le nom grec est [xsXiaaa, formé lui-môme de (jiXi, lat. mel.

Abéîè, s. m. Grand troupeau de moutons composé de plusieurs troupeaux de différents propriétaires, et que l'on réunit sous la garde d'un maitre-berger nommé baïle, pour les conduire en été sur les hautes montagnes. Voy. Avé.

Ce mot est évidemment une dégénérescence à^âouèliè, qui a la même signification dans le dialecte gascon ou plutôt bcnlelais. Ce dernier est dérivé (ïàouélio, brebis, formé du Utin ooù, comme ovUe, bergerie, étable à brebis. C'est la origine que le français ouaiUe ou ovaille. ï^ c. f. Abeille, mouche à miel. Apis mellifim, Linn.

Mèrdo d*ûbéio, miel. Carga coumo uno abêio, chargé oonune une abeille; ne se dit que de quelqu'un chargé de butin on d'objets utiles à soi-même.

Abél ou i^iè, s. m. Rucher d'abeilles; lieu sont pla- cées les ruches à miel; l'ensemble de toutes les ruches. *— Voy. Apiè.

Abëna ou Ayéna, v. Finir, user, élimer. Se dit d'un habit, du linge, d'un meuble; au flg. d'une personne usée de vieillesse ou de travail. C'est encore un technique particulier pour les filatures de soie. Chaque jour, à la fln de la journée, on ramasse les derniers cocons à moitié fllés qui restent dans la bassine , pour les réunir le lendemain à des cocons neufs ; mais le samedi il y aurait inconvénient à les laisser croupir ainsi tout le dimanche dans leur humi- dité. Pour y obvier, on travaille un peu plus longtemps le samedi, pour achever de filer ce qui reste de soie aux der- niers cocons : c'est ce travail sur les cocons ainsi usés, et sans en adjoindre de neufs, qu'on appelle Abéna. Voy. Avéna.

Abénaduros, s. f. pi. Reste de cocons mi-dévidés dont il est^parlé à l'article précédent. La soie qui en provient a moins de force et de nerf, car ce sont les filaments inté- rieurs et le dernier travail du ver arrivé à sa fin. Aussi n'est-il pas prudent de dévider cette soie sur la flotte déjà commencée; elle paraîtrait à l'extérieur et donnerait à l'œil mauvaise opinion de sa consistance. Pour y remédier on prend une roue nouvelle et l'on entreprend une autre flotte ; alore la soie provenue des abénaduros se trouve en dedans et passe ainsi inaperçue.

Abèou (àl'), adv. En danger, sur le bord d'un précipice, sous le coup d'un accident. Aquà's bien à V abèou, cela est fort exposé, bien en danger.

Dér. peut-être du lat. Labes, chute, ruijie; mais alors il aurait être écrit iMbèou; peut-être du lat. Abyssus, abîme, précipice.

Abéoura, v. Abreuver; mener à l'abreuvoir, faire boire les bestiaux ; combugcr un vaisseau en ]x)is, des futailles. La tèro es prou abéourado, la terre est assez humectée, abreuvée.

Dér. de Béoure, boire.

Abéouradoù, s. m. Abreuvoir; auge à cochon; auget de cage. On dit proverbialement : I tout soûl à Vabéouradoii, il n'est pas nécessaire de le mener boire, il sait boire tout seul, en parlant d'un ivrogne. Cassa à Vabéouradoà, tendre des filets le long d'un ruisseau vont boire les oiseaux.

Abéouraje, s. m. Breuvage. Il se dit de la p&tée qu'on sert aux cochons; du breuvage mêlé de son et de farine qu'on donne aux chevaux et aux vaches ; particuliè- rement des breuvages médicaux qu'on fait avaler aux animaux domestiques de toute sorte.

Abéonre, s. m. Toute sorte de boisson étendue d'eau» mais dont le vin est la base, soit piquette, soit vin trempé; abondance.

Abérlénquiè ou Amélan, s. m. Amelancbier, Cratœgm emelanehier, Linn. Arbrisseau de la fam. des Rosacées. Son fruit se nomme Abérlénquç. Voy. Am&an.

Notre ami succomba, le 27 décembre 1873, à la cruelle maladie dont il était atteint depuis plusieurs mois. Il mourut en chrétien convaincu et résigné, digne couronnement d'une aussi belle existence.

M. B. de Roux-Larcy a résumé en trois mots, sur sa tombe, la noble devise de Maximin : « Dévoue^ meni, abnégation, fidélité,

« Sa foi religieuse, a-t-il ajouté, sa mort la proclame Sa foi politique fut de celles qui com- mandent le respect à leurs adversaires, et qu'aucune épreuve ne fait jamais défaillir (1). »

a dans le sein de l'Église romaine, élevé dans la foi et Tamour de ses dogmes, dans le respect de ses décisions, dans la soumission à sa discipline, a dit excellemment de lui M. d'Ëspinassous, rien de ce qui, dans nos temps troublés, a fait boiter tant d'âmes, n'a eu la force de le faire dévier un seul moment de son

devoir filial Dieu, roi, patrie, cité, famille, amis, tant que ce noble cœur a battu, il a tout aimé avec

obstination Catholique et légitimiste par sentiment, il devait nécessairement en être le type le plus

pur, et il ne pouvait que vivre et mourir dans les bras de l'Église et en rêvant du trône (2). »

A ce splendide hommage aussi mérité que noblement exprimé, il nous suffira d'ajouter que la mort de Maximin d'Hombres fut une perte irréparable pour sa famille et ses nombreux amis, et un deuil public pour cette excellente population alaisienne, qui voyait s'éteindre en lui une de ses figures les plus originales et les plus aimées, un des derniers chroniqueurs de ses mœurs populaires, un des derniers représentants de ses antiques traditions.

*

Après la mort de notre ami, Madame d'Hombres voulut bien nous confier le soin de terminer l'œuvre inachevée de son mari : honneur insigne et périlleux, qui nous revenait moins qu'à tout autre et que nous nous sommes efforcé de justifier, sans espérer d'y avoir réussi aussi complètement que nous l'aurions désiré.

Maximin d'Hombres avait, en mourant, laissé le Dictionnaire languedocien rédigé et imprimé jusqu'à la lettre M, inclusivement. Il restait donc à définir, sans autres jalons que la liste incomplète laissée par M. le marquis de La Fare-Alais, tous les mots correspondant aux douze dernières lettres de l'alphabet.

L'orthographe introduite par M. de La Pare, dans ses poésies, est des plus défectueuses et se trouve en complète opposition avec les origines et les traditions de la langue d'Oc. Maximin d'Hombres l'avait néan- moins adoptée, par déférence pour le souvenir de son ami, et, bien que nos préférences soient en faveur de l'orthographe rationnelle, reconstituée par la renaissance provençale, nous avons dû, à notre tour, nous plier aux mêmes exigences, pour conserver, à l'œuvre à moitié accomplie de nos prédécesseurs, sa physio- nomie propre et sa complète unité.

Dix ans ont été consacrés à cette tâche laborieuse, dont l'accomplissement nous a été facilitée surtout par MM. Emile de Firmas-Périès et César Fabre, deux alaisiens de vieille-roche, pour qui le dialecte Cévenol n'a point de secrets. Nous devons aussi de nombreux renseignements aux trois poètes d'Alais, successeurs de La Fare, MM. Paul Félix, André Leyris et Albert Arnavieille ; et, d'autre part, M. Emile Reboul, a bien voulu prêter à MM. Alfred Veirun, Auguste Brugueirolle et Clodomir Castagnier, imprimeurs du Diction- naire, le concours de son remarquable talent de correcteur.

Nous nous estimons heureux de pouvoir consacrer ici, à ces bienveillants collaborateurs, les meilleurs témoignages de notre sincère reconnaissance.

Alais, 27 décembre 1883.

G. CHARVET.

(1) Discours prononcé par M. E. de Roux-Larcy sur la tombe de M. Maximin d^Hombres.

(2) Ëloge de M. Maximin d'Hombres, par M. d'Ëspinassous.

EXPLICATION DES ABRÉVIATIONS

A OU a

Ace

Adj

Anv

Allem

Angl

Art

Au FiG

AUGM

Au PROP

Bass. lat

Cant

Cat..

Celt

CÉV

COMM

COxNJ

CONTR

CORR

Dat

DÉMONS

DÉR

DiAL

DiCT

DlM

DlPH

Emp

Esp

Etym

ExrxAM

Ex

F. ou f

Fam

FiG

Fr

Frèq

Gasc

GÉMT

Gr

Imp

Indique le cliangomeiU = Signifie égale. Ex. Ac =

Actif»

Accusatif

A'Ijeclif.

Adverbe ou Adverbialement.

Allemand.

Anglais.

Article.

Au figuré.

Augmentatif.

Au propre.

Basse latinité.

Canton.

Catalan.

Celte ou Celtique.

Cévenol.

Commune.

Conjonction.

Contraction.

Corruption ou Corrompu.

Datif.

Démonstratif.

Dérivation OU Dérivé.

Dialecte.

Dictionnaire

Diminutif.

Diphihongue.

Emprunt ou Emprunté.

Espagnol.

Etymologie.

Exclamation.

Exemple.

Féminin.

Famille ou Familier.

Figuré.

Français.

Fréquentatif.

Gascon.

C, en itif.

Grec.

Impératif.

Ind Indicatif.

Interj Interjection.

IrrÉg Irrégulier.

Ital Italien.

Lang Languedocien.

Lat Latin .

LiM Limousin.

LiNN Linnee, naturaliste.

Loc. PRVB Locution proverbiale

M. m . ou M ASC Masculin.

M . SIGN Même signification.

N . PR Nom propre.

Par EXT Par extension.

Par ex Par exemple.

Part, pass Participe passé.

Péj . ou PÉJOR Péjoratif.

Pers Personne.

Pur. F ou faitk Phrase faite

Plur Pluriel.

Port Portugais.

Pop Populaire.

Poss Possessif.

Prép Préposition.

Prés Présent.

Prêt Prétérit.

Pron Pronom.

Prov Provençal.

Prvb Proverbe.

UÉDUP Réduplicatif.

WÈY PéfUchi.

Rel Relatif.

SiNG Singulier.

SuBS. ou s Substantif.

Syn Synonyme.

ÏRAD Traduit.

Trifh Triphthongue.

\ . C. M Voyez ce mot.

\ . OU V Verbe.

V . 1 Vieux langage.

VoY Voyez.

traccq»lious ou de sens d'un mot; mais plus souvent les citations et remarques.

= ec, ac égale ec ; angue = anégue, = anenche : angue égale anègue, égale anenche ; etc

DICTIONNAIRE

LANGUEDOCIEN-FRANÇAIS

BOISSIER DE SAUVAGES! Db LA FARE-ALAIS ! Deox

noms radieux et sympathiques, que nous sommes heureux d'inscrire en tète des colonnes de ce livre, et qui feront sa mdlleuie fortune.

Au premier nous rattachent des liens de fomille; an second est due Hdée première de notre nouveau DicUon- nain languedocien.

L'abbé de Sauyagbs, parmi les célébrités que notre pays a vues naitre, on Ta dit avec raison, est la plus oomplète- ment alaisienne : aucune n'a le cachet du crû comme la sieane. Géologue, physicien, naturaliste, agronome, litté- rateur ou lexicographe, soit qu'il omsacre ses études à ragricnlture, soit qu'il dirige ses recherches vers la linguis- tique, tous les travaux d'une vie bien remplie et toujours ai^quée, les connaissances variées qu'il possède à un degré distingué, supérieur même en quelques branches, son expérience et son rare savoir semblent n'avoir quelque prix à ses yeux qu*autant qu'il peut les faire tourner à la pros- périté et à l'illustration de son pays natal.

Entre tous ses ouvrages, le seul dont nous ayons à parler ici, le mieux connu peut-être, ne pouvait manquer de porter l'empreinte de cette pensée de bien public. Dès le titre même de son dictionnaire, et dans sa préface, le but du modeste savant prend plaisir à s'avouer hautement, n se donne pour mission principale d'enseigner à parler cor- rectement le français à ceux de ses compatriotes qui, accou- tumés dés l'enfance à formuler leur peiûée en languedocien, iï*m donnent, en se servant du français, qu'une traduction vidense et toute hérissée de gasconismes. Il se propose en- suite d'expliquer les mots du vieux langage dont fourmil- lent les titres et actes étabfissant d'anciens droits ou leur exemption. Vne pareille conception a pu paraître étrange^ originale : il n*y faut voir qifô le sentiment exagéré peut* être mais toudiant, d*un noble patriotisme, qui sacrifie au déiir d*ètre utile mémele soin de sa renommée littêrane et

scientifique. Cette préoccupation toutefois a empêché une œuvre excellente d'atteindre la portée que l'auteur pouvait se promettre. Elle lui fait mettre de côté les mots les plus usuels, pour ne s'attacher qu'à des techniques; tous les termes, et souvent les mieux employés, ne se trouvait pas chez M, et il les néglige pour en poursuivre d'autres, hors de sen domaine, sll y peut saisir l'occasicm d'un redressement et matière à sa leçon de français. Restreint ainsi dans lue spécialité, et en même temps entraîné vers des (Malectes étrangers, son plan est incomplet et manque d'unité, au grand détriment de notre dialecte. Quelle valeur, en effet, était destiné à avoir, pour l'avenir littéraire de notre pays, un travail de cette importance, exécuté par un homme comme l'abbé de Sauvagbs, si, au lieu de se renfer- mer dans un traité de purisme français, il nous eût donné un vrai lexique languedocien, embrassant la langue dans sa plénitude, ne sanctionnant que ce qu'il savait être de pur sang cévenol, mais légalisant tout notre avoir légitime! Sa réserve trop timide est d'autant plus regrettable, que per- scmne encore n'avait, avec tant de profondeur, de sagacité et d'éruditi^, pénétré dans le génie de notre idiome, ne s^'étaiit plus impressionné de ses beautés, de sa limpidité, de la sève de ses tours, de ses images, de ses figures, de ses idiolismes. Malgré ces lacunes. Sauvages restera comme la gknre la pN» populaire de nos contrées, et il méritera touK jours d'être considéré comme le plus savant et le plus spi- rituel dee initiatéitts du languedocien^

Son recueil sera le meilleur à consulter et le plus cu^ rieux quand on voudra remonter aux sources; mais sa donnée trop ^diksive devait nous interdite de le prendre en tout pour modèle. Le danger qu'il a voulu combattre* n'existe plus d'ulleurs au même degré. Ce n'est pas Talté^ ration de la langue française par le languedoden qui est ^ Tedouter : Finfluence inverse- est bien aunement à cnundrèy et le jiéri sérieux est au^ c(mtrairè de voir notre belle et

ACE

ACE

il

mot Qa'oQ nous permette d'empranter à la pié&oe dei CoatagÊtado» on oonuneiitaire qui la complète.

La Fare-Alais dit de la langue d'Oc c qu'elle est une musîqiie comme l'italien, plus que loi pent-ètre; c'est du moins um mélopée. Ses syllabes sont des notes, ses phrases des motifo harmoniques; son acœntoation, si Tsriée, est une véritable gamme, et ses diphthongnes, ses tiiphthongnes. si fiéqnentes, si multiples, forment des syncopes chromatisées d'une mélodieuse expression. Si cette langue a le larynx limpide et métallique, elle a aussi, et par-dessus tout, l'oreille chatouilleuse; et sa susceptibilité à cet égard raïqpelle ce sybarite que le pli d'une rose empêchait de dormir. »

On ne saurait mieux dire. C'est bien là, en effet, l'origi- nalité et le caractère dominant de notre langue d'Oc, que cette prosodie musicale des mots et des syllabes, qui ne l'abandonne jamais, qu'elle garde en parlant les autres langues, et qui est dans sa nature. Et cela n'est autre chose que scm accent i^opre et l'accent tonique, que ce culte de la modulation , qui lui est inspiré par l'éclat de ses voyelles, qui lui fait éviter redoublement des con- sonnes et condamner, même dans la plus humble prose, le choc de deux^sons pareils; que ce sentiment natif de l'euphonie, d'où lui viennent ses délicatesses exquises de construction et de vocalisation. L'accent tonique, ainsi compris, est de toutes les langues ; mais il est, au plus haut degcé, l'essence, l'âme et le génie particulier des idiomes méridi(Miaux. Pour eux, qui chantent d'instinct, qui relèvent plutôt du solfège que de la grammaire, l'har- monie est la loi souveraine. La langue d'Oc, comme l'ita- lien et l'espagnol, ses sœurs du même lit, en reconnaissent si bien la puissance, que la prononciation est devenue la raison. logique de leur orthographe. 11 le fallait bien. Le sens d'un mot dépend souvent, on va le voir par des exemi^es, de la manière dont U est accentué : dès lors, écrire comme on prononce et comme on entend, et par voie de conséquence, ne prononcer que comme on écrit et que ce qui est écrit, (!'estrà-dire conformer l'écriture à la parole, est une nécessité de nos dialectes; car l'unique moyen de leur conserver la clarté, la grâce, l'intelligence, consiste à rai^rocher l'orthographe de la pensée, à lier la forme des mots avec leur signification. Dès lors, toutes les lettres devant être articulées avec le son qu'elles expri- ment, il n'est besoin de représenter à l'œil que ce qui doit être entendu par l'oreille.

Les Grecs et les Latins avaient la quantité, qui mesurait la durée des sons : les langues modernes ont l'accent tonique, c'est-à-dire l'élévation ou la flexion de la voix sur chaque mot, presque sur chaque syllabe. A Rome, rapporte Cicéron, le peaple se montrait très-sensible à

l'observation de la mesure. « Tout le théâtre, dit-il, se

soulève et pousse des cris, si une syllabe est trop brève ou trop longue, bien que la foule ne connaisse ni pieds ni rhythme , et qu'elle ne sache point ce qui blesse son

oreille, ni pourquoi ni en quoi elle est oflensée : Thêoira Ma êxeiawutÊU, «i fmi una gyUaba krmtwr atU Umghr, tm verà muUiiMdo p9des nofrit me tMor niifnerof imêt, nm mud quod offèndii anf eur ont m 9110 offlmdal inMifgU, » La Ungue d'Oc a hérité de sa mère latine d'une sensibilité pour le moins aussi vive. Dans sa vocalisation, qu'une rcmde soit substituée à une noire, elle se sent froissée; qu'une note qui doit être éclatante soit convertie en un son tourd, qu'une voyelle forte s'échappe comme une muette, elle s'irrite de la transposition; elle est blessée de la cadence fausse; pour elle le sens se déplace, se dérobe, se dénature aussitôt. Il n'y a pas ici cependant non plus d'autre juge que l'oreille. Judiciumipui natura in aurihui noiiriê coUoeawt, dit toujours Gicércm; mais l'accent va de soi, sans théorie et sans grammaire; il est dans l'air et dans la voix; notre parler est aîinsi fait. Il faut l'accepter tel quel, se soumettre à ses exigences, ou renoncer à se faire comprendre. C'est de cette accentuation que nous essayons de donner une idée et de poser les principes.

Il n'existe pas de langue qui n'ait son système propre, individuel d'intonations, de consonnances, dépendant de la combinaison, du rapprochement et de la sonorité de ses voyelles. Pour notre langue d'Oc, rien n'est plus essentiel que de connaître la clef de sa notation.

Le premier point, et le plus délicat, est de préciser l'in- flexion, de déterminer le degré d'élévation ou d'abaisse- ment de la voix, qui constitue l'accent tonique. Dans une phrase écrite, tous les mots sont séparés par un intervalle; il en doit être de même dans la phrase parlée. Chaque mot a sa syllabe tonique, et n'en a qu'une, la syllabe finale, sur laquelle, par une sorte d'insistance, il se fait un temps d'arrêt imperceptible, cependant appréciable, une modu- lation distincte, qui peut être classée dans l'échelle des sons, insensible presque, mais qui, en appuyant, est mise en saillie. Une seule condition est imposée à cette dernière syllabe, c'est qu'elle soit de force à supporter l'accent, ce qui n'arrive jamais avec une muette, une féminine, une faible, sur laquelle la voix ne s'arrête point. C'est pour- quoi la tenue ne se fait que sur la finale des mots, quand cette syllabe est masculine, à consonnance pleine et grave; ou sur la pénultième, quand le mot se termine par une féminine, faible ou muette.

Cette règle est le fondement de la prononciation du lan- guedocien : son corollaire se trouve dans la justesse exacte du son attaché à chaque syllabe, représenté par une voyelle. Notre idiome, pour s'écrire avec le même alphabet que le français, qui fut l'alphabet latin, ne donne pas cependant à toutes les lettres le son qu'elles avaient en latin, non plus que celui qu'elles ont en français. A chacun son lot. La langue d'Oc a des sons qui lui appartiennent en propre, des alliances de lettres qu'elle affectionne, des cadences qu'elle recherche ; elle ne veut pas en être dépos- sédée, et elle ne se livre qu'à ceux qui lui sont fidèles ; à eux seuls elle consent à révéler sa grâce , sa douceur, sa

s

9

La poésie refleurissait au berceau des premiers trouba- dours; et par un merveilleux entraînement de patriotisme, tous les dialectes, aussi nombreux et aussi mélodieux que dans Tanclenne Grèce, se réveillaient pour publier leur charte particulière, le code local de leurs variétés. Les tra- vaux des grammairiens et des linguistes, les glossaires, les lexiques, les vocabulaires se sont multipliés pour attester la vitalité rajeunie de l'idiome languedocien. Des académies, des sociétés , des congrès , des jeux floraux ont encouragé cet élan de l'esprit provincial, et tout le Midi a répondu à des voix aimées et connues, qui l'appelaient dans sa langue populaire à une vie nouvelle.

Certes, tout cela ne va pas faire renaître les temps des Raymond de Toulouse et des Déranger de Provence, avec les cours d'amour, avec les fleurs et les joies de la gaie science. Nous n'allons pas revenir à l'époque pour laquelle écrivait Sauvages , , par tout notre pays , dans les plus grandes maisons comme sous les toits les plus humbles, le patois, c'est-à-dire le langage de la patrie, conservait seul l'antique droit d'asile, seul il était admis dans les rela- tions privées et domestiques , dans les causeries intimes du salon du riche et de l'âtre du pauvre, la famille patriar- cale ne s'entendait, ne s'entretenait, ne s'aimait qu'en pur languedocien. Non; mais tout cela, ce réveil intellectuel de nos provinces , ce retour de faveur, cet empressement du monde savant à remettre en honneur l'idiome méridional donnent la preuve que le flambeau , rallumé par des mains habiles, n'a rien perdu de son éclat, et qu'il y a mieux que des cendres mortes à remuer au foyer de la langue d'Oc. N'est-ce pas déjà quelque chose de bien remarquable qu'une langue, proscrite et dédaignée, qui revendique d'autorité sa place au soleil, qui s'impose par des chefs-d'œuvre et se classe de prime-saut au rang qui lui a autrefois appartenu et qui lui revient encore? N'est-ce pas faire acte de force, sous le régime le plus centralisateur qu'on ait jamais inventé, d'avoir su persévérer dans son indépendance, et si bien garder intactes l'originalité et la pureté de son type natif? Et quand elle s'est présentée ainsi, de quels artifices a-t-elle usé pour se faire reconnaître? Quelles habiletés a-t-elle employées pour être adoptée et recherchée? Son histoire était qui disait son passé, ses traditions, ses instincts. Le oharme de sa parole , de sa mélodie , de ses rythmes a suffi : elle n'a pas exercé d'autre séduction.

CepNidant, depuis le commencement de ce siècle, le sys- tème des prohibitions ne lui a pas épargné ses rigueurs. Que de défenses par édits et par arrêts, par lois et décrets, de se produire ! Et en même temps, comme sur son domaine ks introductions de la concurrence officielle étaient léga- lisées! Au nom du progrès et de l'unité, sous prétexte de belle diction, aucune trahison, aucune rupture, aucun ibandcm ne lui ont été ménagés. Elle a été écartée de Tin- 9lraction primaire de l'enfance; les hautes classes de la sodété n'ont plus consenti à la traiter que comme une langue de luxe, pouvant s'adonner avec quelque succès à la litté-

rature et y réussissant assez bien , et elles l'ont bannie de leur conversation la plus familière. Mais, sous le coup de ces injustes réprobations, auprès des masses populaires, loin des villes et des écoles, elle a trouvé un refuge. L'attachement opiniâtre du peuple pour le langage dans lequel il a appris à penser, qu'il s'est donné comme l'instrument le plus facile, le plus commode , le plus actif de ses relations, de ses nécessités d'habitudes et de mœurs, lui a fait un rempart inexpugnable. est pour elle la vraie patrie; elle est en pleine possession d'elle-même. Vivant par les populations attachées au sol, elle a suivi leur développement; mobile comme tout ce qui vit et marche, quand elles avançaient; s'impressionnant avec elles des influences climatériques, quand leur organisme les portait naturellement à modi- fier certains sons, à préférer certaines articulations mieux appropriées à leurs facultés; se prêtant à formuler les idées et les connaissances d'une civilisation plus riche, dans la mesure des besoins et des intérêts qu'elle était appelée à servir, dans le cercle qu'elle embrassait, selon les lois et la nature de son organisation, dont 1c peuple a si bien le secret et l'instinct. C'est assurément pour s'être tenue dans ce milieu , dont on ne l'arrachera pas de long- temps, où les innovations ont moins de prise et le respect de la langue maternelle plus de puissance , qu'elle doit de n'avoir presque rien perdu de son caractère primitif, du naturel qui distingue son individualité , qui la classe comme une langue à part, vivant de sa vie propre.

Aussi, plus qu'un autre, l'idiome languedocien est-il en droit de se montrer jaloux et fier de rester et de paraître lui-même. Il ne redoute rien tant que l'alliage et la contre- façon : il réprouve avec horreur tout ce qui ressemble à un pastiche ou à un calque ; il est dans sa nature d'avoir des susceptibilités d'hermuie, des délicatesses de sensitive, et des raffinements de pruderie , qui auraient déconcerter . les audaces d'attouchements profanes. A ce point que, pour . vivre dans le mouvement intellectuel et social, quand il est forcé d'emprunter un mot au français, son voisin et son rival , il a hâte de protester contre ce servage, et se croit obligé de défigurer l'intrus par quelque métathèse hardie qui sauve jusqu'à l'apparence de l'imitation. Ainsi encore, il sent bien que le langage moderne de la politique, des sciences et des arts, de la philosophie, lui échappe; mais, dans la sphère Ta retenu sa défaite, il n'en avait nul besoin; il repousse l'importation étrangère ou il la dénature par des procédés à lui propres, et peut-être aussi par la crainte d'introduire dans son domaine la plus étrange des battologies, s'il lui fallait, à l'exemple du français, deman- der des techniques à l'Angleterre pour la politique, le com- merce ou l'industrie, à l'Italie pour la musique et la pein* ture, à la Grèce et à l'Allemagne pour la philosophie.

Le contact continuel et forcé du français n'autorise avec lui ni assimilation, ni promiscuité. Le génie de la langue d'Ocest en oj^iosition avec le génie de la langue d^Olfl . La sonorité de l'accentuation méridionale, l'euphonie et la cadence de ses

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ACB

W

iBBfiHDQ&, à. k fiÉ des mote par exemple» comine tmtpl, kmipi^émdMni, âiuUni : li il » dAtacbe dak et net. làÊoaaî grave iniiq» alors ipia le soa se nealoro; tandûi fÊ»ïiûmàï.nùn.aooemlSÊé glisie el mnrinaie fiiiblèioeiil, k yokt. appnirant sur k piéoAdafite ajrlkbe. Bx. : ehàti^ èH, èlK Jtéménêmit fmrffatori.

Neas esBfiiojroitt Tacooit cûnooDflexe pour la dipbiâioiigiie Um, et il marque rinaiatuioe de k toîx se praiongeanl : oaltau, arptou, réligiou.

Le tréma sur eet un signe particulier de notre acœn- toation orthographique. Sa fonction esl des plus impor- tantes. Quand il suit une consonne et précède une voyelle, le tréma sur Tt a pour but de le faire sentir plus longue- ment, et d*en faire une syllabe séparée de la voyelle subsé- quente, comme dans fïo, bto, mio, en deux syllabes. Alors qu'il est placé après une voyelle, et suivi d'une consonne, ou à k fin d*un mot, trématé est doux et faible; le plus souvent il forme la diphthongue. Ex. : vêire, fotre, souï, rit, gaUn, pantai. Entre deux voyelles, il remplace à peu près en certains cas // mouillés français, sans communiquer à celle qui le suit la flexion labiale, mais seulement en la monillant; et toujours il empêche la coiiésion avec la voyelle précédente, ainsi dans pdio, dàio, jmo, bluïo, puïo; de telle sorte qu*il devient le siège d'une séparation de syllabes, ou ce qui revient au même, qu'il s'oppose à la formation d'une diphthongue ou d'une triphthongue, que, sans lui, le rapprochement des voyelles amènerait, comme dans les mots presque exclusivement composés de voyelles, vidouU, aie, euUiré, routàoume. Pour scander ces mots et parvenir à la prononciation juste, le concours de tréma, qui est séparatif entre voyelles ou diphthongues dans le mot, est un des signes les plus essentiels à bien observer. Nous reviendrons sur son rôle très-important.

L'o et l'ott^ voyelles, sont soumises aux mêmes règles. Le défaut d'accent, quand elles sont finales, indique qu'elles doivent s'échapper sans articulation, qu'elles jouent dans le mot à peu près le même rôle que 1*0 muet français, caractérisant le féminin des substantifs, et que le point d'appui de la voix se fait sur la pénultième. Ex. : fango, tnanado, hèlo, cénténo, babino, carotio, cagnoto, fyuro, davalau, révètwu, basségou, manipou, donou, tuiou. Surmontés de l'accent grave, d et sonnent clairement : êidd, eaehd, grélà, virtigd; lavadoù, agassoù, loubaloù; méchoùtt vérinoîa.

Répétons encore que ou entre deux consonnes ou près d'une voyelle, avec ou sans accent, ne compte jamais que pour une voyelle, comme s'il n'y avait qu'une seule lettre.

A l'ageneement et à la liaison de ses voyelles, k langue d'Oe semble avoir mis avec complaisance tous les rafifine* ments de soa g^nie mélodique. Parmi les langues de VEsa*- lope, elk est seule à posséder dans sa voc^isatiou ces tiâlles brillants qui ne produisit qu'un accord unique» comme trois cordes de harpe touchées à k fois, vibrant

dans k même oadenoe« Le français se çontcal» de léuÉr deux sema; le kngoedocien rassembk disns uns sylli|)6 defox» trois et jus^'à quatre sons distincts* Ses diphlboQ^ gaes se multiplient à profosion et se pvésentnt unies tm sépaiées, au commeDCfflnent, dans l'intérieiir on à k flv des mots. Ses tnphthongnes si originales suivent la mèoii' marche el sont presque aussi fréquentes : les tétraphthosr goes apparaissent dans les vocabiies les plus usuels. G&g^Kh dant l'orthographe» l'accentuation et k prononciaiioa dm voyeUes ne changent point parce qu'dles se rencontreiiti donbles» triples on quadruples à former, dans un mot, un» seule syUabe composée d'autant de sons en une seole émis* sien de voix. Si oompMqnée que pousse être k comfai- naison, le premier et le plus essentiel de leurs caractènS' est de ne faire jamais qu'un temps, un pied, diraiVon en versification : la pluralité dans l'unité.

est k pierre de touche de cette sorte de syllabes. C'est pourquoi nous nous refusons à ranger parmi les diphthongnes les formes ua, ué, ui, uo sollicitées par les consonnes g et q, comme abrasqua^ cargué, bUmqué, gunV' cha, quieha, aquè : ici Vu ne parait que comme explétif ; c'.est un parasite dont l'emploi rend le g dur : il n'y a pas dualité de consonnance; après ces deux lettres, 1*11 ne se fait pas entendre : précédé de toute antre il doit scmner : apuïa, euïè, etc., ou bioi» en diphthongue» éêtuè,juàl, etc.

Par ces exemples on a pu voir qu'une voyelle suivie d'une antre voyelle ne fait pas nécessairement alliance avec die. En dehors des élémrats dont nous allons donner le tableau» nous ne connaissons pas d'assemblages de lettres qui puissent en réalité former des diphthongues ou des triphthongues. Mais la langue d'Oc aime trop à rapprocher ses voyelles, à les multiplier, à nuancer de tons divers des combinaisons identiques ; sa vocalisation seule donne son- vent à ses mots un caractère et un sens trop différents» pour n'avoir pas une notation qui réponde à ce besoin, qui représente exactement son euphonie, ses accords, le rhythrae de ses gammes syllabiques. .

Le français se préoccupe moins d'éviter une confusion qui le rend si diflScile à bien prononcer : sa prose et sa poésie ont des différences de quantité inexplicables dans les terminaisons en ûm, ieur, ieux, par ex, qui reviennent sans cesse et qui font tantôt des monosyllabes diphthongues, tantôt doivent se scander en deux tempe : de ce nombre, avec une infinité d'autres mots, fier, adj. d'un seul jet, et fier, verbe, dissyllabe. Cependant rien n'avertit de œs changements. Notre orthographe au contraire a voulu iM indiquer an moyen de l't tréma, qui disjoint les sylkbes» comme fU, fiUe» et fié, feu» nno, amie» mià, muid, pio, pillage, pid, dindon, etc.

Un signe spécial ékit indispensable; car le languedocien n'a pas le droit de prendre les licences du français. Il n'a ni grammaire, ni académie pour commenter et justifier ses anomalies. Il n'admet pas de kttres inutiles, non arti-

90

ACE

ddéet, se prononçant Mliement qa*eUet ne tont notées; il prafease en principe que sa prononciation est tonjonis ▼nie, rtglée sur la valear pn^ire des voyelles ; ce qni ne Tempèche pas d'accumuler volontien les accords sonores, de mêler ses diphthongoes et ses triphthongnes dans le même mot. Dès lors il loi est imposé plus strictement qn'an Iranfais d'avoir nn système d'ortho- graphe qni mette en pleine lumière la différence d'accen- tuation de tontes les lettres et de lettres identiques, et U séparation des membres d'un mèoie mot se trouvent surtout des voyelles avec des d^ihthongues. Par la plus ingénieuse diqnsition, qui dénote la perfection du senti- ment mélodique de la langue d'Oc, les complications les plus ardues deviennent simples et faciles avec les accents grammaticaux et les ï tréma.

L'accent modifie le son : il l'affaiblit ou le renforce ; mais il ne transforme pas la voyelle. Le tréma réservé à ne lui fait rien perdre de sa qualité naturelle ; mais il l'isole en quelque sorte quand il est jdacé entre deux voyelles, comme pa4o, ma-îio, pyrUo, et 0 mouille celle qui la suit, comme fait à peu près ill en français.

Par 800 interposition il signale, dans l'intérieur d'un mot, la séparation de deux dipbtbongnes, et adoucit un cbôc trc^ rude ; et il est remarquable que se trouve au com- moicement de toutes les triphthongues : ce qui nous semble l'indice de la délicatesse d'acoustique de notre langue, et la preuve d'un sentiment harmonique très- étudié. Ainsi, quand l't ne fait que se lier aux autres voyelles dans la iripbthongue il garde sa forme naturelle, miâou, monosyllabe, Biâaum$, deux syllabes; mais alors qu'il suit une voyelle ou une diphthongue, ou qu'il termine une diphthongue ou triphthongne, il prend le tréma : rtnHiàumi, cadiéiro, rûou-tètro, viâou-ïê, vU-ïi, offrent des exemples des positions les plus diffi- ciles et démontrent le fonctionnement de l'i simple et de tréma dans l'agglutination et dans la division des syllabes.

Notre dialecte possède trois diphthongues qu'on peut appeler féminines, et qui pour cela sont dénuées de tout accent. Cette variété a son importance dans la versification. Leur prononciation d'ailleurs se conforme aux règles qui précèdent : le tréma, quand il est nécessaire, ne change rien à leur nature.

Exemples : en ie, véndie, réndiê, moie, ouïe; en io, gforio, bêsiio, jaio, fuïo ; en iou, inténdiou, tnaïou, tutou, mofiou, ouïou.

La finale dipbtbonguée de ces mots s'écoule comme une muette, et comme elle n'est comptée que pour une syllabe qui est féminine, Tinsistance de la voix s'établit par l'accent tonique sur la pénultième. Ces différences de sons se trouveront indiquées à leur place. Toy, lettre I et Iou, diph.

Pour bien comprendre l'effet que produisent les accents, il n'y a qu'à comparer à l'oreille les sons muets, purement

ACE

alphabétiques, avec ceux drames par les mêmes dqihtixMigues accentuées. Dans la diphthongue masculine, et dans toutes les triphthcmgues, se trouve toujours une voyelle domi- nante, celle qui est le pivot de l'intonation sur UqueUe se fait la tenue; les coagulées se font entendre, mais coulent rapidement : dans les diphthongues féminines, la voix, en réunissant le double son, égalise les voyelles sans iqipttyer plus sur la [uemière que sur la seconde.

DIPBTHOMOUXS.

aï.-

-Maï, plut

Esclaïre, éclair.

ftou.-

Nàou, auge

Lâouso, dalle.

éï. -

-Rèï, roi

Pèïro, pierre.

éï.—

Créï, eroUeanee

Vélire, verre.

èou.-

Léon, poumon

Cisèou, ciseaux.

éou.-

-Bôou, tffcoif

Téoule, tuHe.

ia. -

-Diable, dkMe

Aparia, accoupler.

ie.

- Véndie, que je vende.

Molie, que je mouille.

iô. -

-Uiè. moitié.,.

Ariè. arrière.

ié.-

-Aïé. aU

Bèstiéto, petite héu.

io. -

-Glorio, gloire

Bèstio, hête.

iô. -

-Fiô, feu

Cafiô, chenit.

iou.

Maïou, mail

Entendiou, qu'ils entendent.

Iou.

Dion, Dieu

Miougrano, grenade.

iu. -

- Béstiu, 6MCia/

Messins, mesiieurs.

-

-Coï, a cuU

Galoï, gai.

oua.

Goua, couvé

Conacho, calandre.

ouè.

Voué, holà

Espouèr, espoir.

oué.

Foué, /btt«r

Couéto, queue.

ouï.

Bouï, buis

Dooïre, jarre.

ôou.

Dôou, deuil

Cévénôou, cévenol.

uè. -

- Gnuè, nuit

Jnèl, ivraie.

ni. -

-Frui, fruit

Estui, étui.

TRIPHTHONGUES.

iaï. -

Biaï, adreue

Répapiaïre, radoteur.

iÂou.

Siàou, COI

Viâouloun, violon.

ièï. -

-Sièï, six

Cadiéiro, chaise.

iéou.

ïéou, ye, moi

Liéourôïo, livrée.

iôou.

Miôou, mulet

Faviôou, haricot.

iuè.

Hiuè, Auil

Endiuèl, andouiUe.

TÉTRAPBTHONGUES .

iuèï. Hiuèï, aujourd'hui. Cadiuèïsso, cosse. uièï. Cuiéisso, cuisse. . . . Cuièïssàou, molaire.

Ce tableau doit faire comprendre la raison de notre ortho- graphe; et répétons ce que nous avons dit ailleurs : « On ne saurait assez recommander l'observation minutieuse de Taccent; elle est d'une importance radicale. Toute l'intel- ligence de ridiome est ; et sans elle, on nage à pleine eau dans l'amphibologie. »

ÂGE

One liste à pea près eompléte de mots parlûteme&t iKHDOgraphes, {Htanten on cnrieiix intârèt à ce point de Tue, «t oomplèleFa ces explications.

Nons av(ms nâglig6 les homonymies dans les différents tenq» des veiiies, qui seraient trop nombreuses, comme rétuHê, il rendait, et que rénéiê, qne je r^ide, etc., etc., et quelques antres mots dans lesquels Taccent est iden- tique SOT la finale, mais qu'influence It tréma ou Yi naturel, soit pour les diviser en deux temps, soit pour en fûre des monosyllabes, comme/it^^ pilier, eXpiê, |ned, Puech, euH, cuiller, et euU, cuit, hie, je serre, et M, billet.

0 sera ainsi facile de se rendre compte de ce que peut Taocent graphique, et comment une simple inflexion sur une voyelle fait varier le sens et la signification d'un mot.

É TSBXÈ ST B NATUREL.

Boofift, êoufjlêt fioufe, j0 êoufflê.

fioumbé, botU-d'hommê Boumbe, eognê,

Booré , brun Boure, bourgeon .

Bourges, bourgeois Bourges, tu creuset.

Bouté, brin Boute, Je mets.

Bravé, geniU Brave, robuste.

Cargué, étui Cargue, Je charge.

GÔBé, n. pr. dim. François. Cése, pois-chiehe .

Ghafiaé, chat sauvage Chaîne, chêne.

Coublé, solive Ck)uble, couple.

Coulé, petite colline Coule, Je décuve.

Couidouné , ganse Courdoune, je cordonne.

Dévé, devoir Déve, j> dois.

Déstré, pressoir à vin Dèstre, perche (mesure) .

Estré, étroit Estre, être,

Furé, souris Fure, Je fouille,

Gourgué, petite mare Gourgue, Je trempe.

Graué, petit grain Grane, Je grène.

Lipé, gourmand Lipe, Je lèche.

Manqué, manchot Manque, Je manque.

Mërié, créneau Merle, merle.

Mine, minon Mme, Je mine.

Mouiissé, épervier Mouïsse, écourté.

Par^, paroi Pare, Je pare.

Pénô, petit pied Pêne, Je peine.

Piqué, pieu Pique, Je frappe.

Poudé, serpette Poude, Je taUU.

Pougné , poing Pougne, Je pique.

Quiche, targette Quiche, Je presse.

Quinqué, quinquet Quinque, je souffle.

Réssé, scie à main Rèsse, Je scie.

Sabé, science Sabe, Je tanne.

Sàousé, n. pr., Sauxet Sâouse, saule.

Séié, pUite colline Sére, montagne.

Siblé, sifflet Sible, Je siffle.

Tapé* petit bouchon Tape, Je bouche.

Tété, sein Tête, Je tète.

ACE

Tourné, rouet Tourne, je reotent.

Trftouqué, petit trou Trâouque, je perce.

Triste, soupente Triste, (ritftf.

Vïé, eriUet Ulè, j> sers ce tonneau.

È TKRXk BT È OUVERT, 6RÀVB.

Âpres, appris Après, après.

Arésto, arrête Arèsto, halte /

Espésso, épaisse Espèço, espèce.

Espéro, attente, affût Espèro, attends.

Lachén, pourceau Lachèn, nota lâchâmes,

Jasén, nouv^le accouchée. . , Jasèn, nous gisons,

Valén, aeHf Vaïèn, Ot oaiaMnC

Péro , poire Pèro, père.

Fé, foin; foi Fè, fait.

Se, soif Se, sept.

Sén, saint Son, nous sommes.

Vén, vent Vèn, il vient.

È 6RAVB BT B NATURBL.

Cadé, cadet Cade, genévrier.

Counséiié, conseiller Counséïe, Je conseille.

Entré, il entra Entre, entre.

Gâouchè, gaucher Gàouche, gauche.

Lâché, il lâcha, laitier Lâche, mal serré.

Mouïè, épouse Mouïe, Je mouille,

Récatè, il serra Récate, provision.

Révéïè , aubade Révéïe, je réveille.

Roudiè, charron Roudïe, Je regarde,

Vigè, n. pr., Viger Vije, osier. "

1 GRAVE ET I NATUREL OU TRÉMA.

Couri, courir Couri, n. pr., Courry.

Fasti (faire), faire horreur . . Fasti, aversion.

Gari, guérir Gari, rat.

Péls, pays Péis, poissons.

Sal, panne de porc Saï, ici dedans.

Trai, trahir Traï, il Jette.

Véri, poison, venin Véri, porc.

0 NATUREL ET Ô GRAVE

Aouséro, Lozère Aousôrô, Lozérien.

Babo , bave Babô, chrysalide.

fialo, balle Balô, 6a«of.

Barde , bât Bardô, bardot.

Bigo, bigue Bigô, hoyau .

Bïo. bille Bïô, tricot.

Bousso, bourse Boussô, gousset.

Cache , cachette Caché, cachot.

Cagno, dégoût, paresse Cagnô, niais.

Si

"H ACE

Capo , manteau Capô, attrapé.

Casso, chasse Cass6, ladre.

Cato, chatte Cat^i, catin .

Enquo, canelle Encô, che:.

Faro, tnine, visage Farô, élégant.

Fino, rusée Finù, finaud.

Fïo, fille Fiù, feu .

Galo» gale Galù, galop,

Gigo, cuisse de bœuf ^'io*^» gigot.

Grèlo, grêle Gri^lù, grelot.

Léngaiio, coup de langue.. . . Léngndô, Languedoc.

Manclio, manche Mnncliù, manchot.

Mïo, amie Miô, muil.

Palo, pelle Palô, lourdaud.

Pato, patte Palô, brique.

Pt\^o, poix P("ià, savetier.

Péro, poire. ...» Pôrô, mouton.

Pilo, pile, tas Pilù, pilote.

Pïo, pillage Pio, dindon.

Ual)o, rave Habô» rabot.

Ri])0, rive, bord Uil)ù, il. [W.jltibot.

Salo» salon Salù, malpropre.

Ciro, cire Sirô, sirop.

Tailles, s. pliir., tantes Tanlôs, tantôt.

Trapo , trappe Trnpô, trapu.

Tri([UO, trique Tricô, gilet de laine.

ou MUET ET ORWE.

Ajiislou, ils ajoutent .\jiistoii, ajoutage.

Apialou, ils étaient Apinloù, élai.

Bïou, ils bi lient Bmù, trique.

Boiilnii, ils placent Boutnù, bouton.

Calndoii, ils pavent Caladoù, pavé.

Caloii, ils lâchent Colon, chaleur.

Canton, ils chantent Canton, coin.

Ci^onsson, ils chaussent C;^onssoii, chausson.

Conlon, ils roulent Conlon, couleur.

Escalon, ils grimpent Escalon, échelon.

Esporou, ils attendent Esp^u'oiï, éperon.

Espimn, ils suintent Espiron, soupirail.

Fiirou, ils furètent Fnron, fureur.

Gaixlon, ils gardent Ganloiï, Gardon.

Jôlou, ils vomissent Jèloù, Jeton.

Lardon, /7.s lardent Lardon, lardon.

Liqnon, *V* lèchent Liqnoii, liqueur.

Mascaron, ils noircissent. . . . Mascaron, barbouillé.

Paslou, ?75 pétrissent Pasloù, tas de mortier.

Pass(''roii, ils passèrent Pass^ron, moineau.

P6lasson, ils raccommodent . P(''lassoù, petite pièce.

Pi(pion, 1/5 frappent Piqnoii, pic.

Plunnjon, ils plongent Plonnjoù, plongeon.

Prison, ils prisent Prison, prison.

RéxVùou, ils réveillent U6v(}ïoù, réveillon.

AGI

Sablou, t75 mettent du sable, Sabloù, sablon,

Sabou, ils tannent Saboù, savon,

S^^nglou, ils sanglent Séngloù, petite corde.

Séiitou, ils sentent Séntoù, odeur.

Sèrmou, ils trempent d'eau, Sérmoù, sermon.

Susou, tV* suent Sus<3Ù, sueur,

Téchon, ils dégoûtent Técboù, petite goutte.

Tourlïou, 1/5 tordent Tourtïoù, craquelin.

Trissou, fV* broient Trissoù, pilon.

Valou, ils valent Valoù, valeur.

W'ïrou, ils tournent Vùïroù, menu poisson.

Viron, ils tournent Viroù, vrille.

La diiïOronce ;\ l'oreille, qiii, en définitive, détermine le sons do tous cos mots correspondants :\ un mot semblable, est produite par les accents. Dans ceux la fmale est acconlnoo, elle est tonique; c'est sur elle que la voix s'arrête et pèse : au contraire, pour ceux qui n'ont pas d'accent k la fin, la tonique est la pénullième et la tenue se fait sur elle. Par exenqile, le dernier mot de cette longue liste, virou, ils tournent, est composé d'une longue et d'une brève; l'inverse a lieu pour viroit, vrille, qui est formé d'une brève et d'une longue, et ainsi des autres. La mesure, la (piantité, réglées par les accents : toute notre langue musicale est là.

Acérti, V. Certifier, assurer, rendre certain, affirmer.

Dér. du lat. Certus.

Acéta, prèp. Evcepté. Il est visiblement corrompu du français, mais fort de; mise.

Achas ! inierj. V<^yoz dmic! Voyez un peu!

Dér. (VAgacha, voir devant soi. C'est la contraction de ce vorbe la 2"»^ pers. plur. de rinq>ér. Agachas. Voy. A gâcha.

Achata on Acheta, v. Acbeter.

Trad. du français.

Achétur, urdo, adj. Acheteur, eusc.

Tra«l. du français.

Aciè, s. m. Acier.

Trad. du français.

Acièïra, v. Aciérer, cbausser «l'acier la pointe d'un outil.

Acimérla, ado, adJ. Perclié, jucbé haut.

Dér. de Citno, hauteur, extrémité.

Aciou, s. f. Action. Il ne se prend qu'en mauvaise part.

Quinto aciou jn'as fa! quel tour tu m'as jOUé î Trad. du français.

Acipa, v. Prendre i)ar surprise, saisir, surprendre.

Nous acipè, et za! dédin, il nous surprit, et crac! SOUS clé.

Dér. du lat. Accipere, recev^crir.

Acipa (s'), V. Se heurter, broncher, se rencontrer tôte à tête, chnj)per. IS'ous acipèn, nous nous rencontrâmes nez à nez.

Élym. du celt. Assoupa, dit Ilonnorat.

AOD

AOO

n

àelTada, «. Donner de l'avoine. Aa ^. et par iime, régaler d'une volée de coups, roflser.

Mr. de Ç^^Mdo, avoim.

v^tflafa OÊ, AiMègffO, o. Qcmviir 4e neirae piemilie; iwmvnr'to Mpta ^vn» tem emblavée, tdt à la i^océm, §âl 4Ja heMK«t Mser iee inoltea peur mieux '«ntemr la NDHDoe ira le fami«r>

D6f . da CIb «a Cfap, pierraâUe.

, 19. fitttaaaer dee pierres «a m<mQe»a; ^amoR-

^6t. de dopot, tas de pierres.

âcUto, «. baisser, conrlier; accabler sooa le poids; leader; leon/mr, eeâomr sons...

Mr. de Gla, tas, amas, moncean.

iAeOl , t. nu Mat de -soutènement en pierre sèche.

Ajsor, «. des deux genres, ou Acordi, f. toujours m. Accord, rteondliation, kxine intelligence. Bstrë é^ae^nH, être cœur k corar. Aeor est masculin ou féminin à peu près ad ItbUum. On dit : Vacor é$ faeho, et M nwt'Ooor.

DCr. du lait. Cet, «qbut.

^coto , -f . /. Une cale qu'on met sous le pied d'une table rhsiwwhnte, «ous la roue d'une x^harrette pour l'empêcher de marciier.

Bftr. dulat. Cm, wUâ.

AcoB— a (s'} , V. 8e coucker comme les pouies qui veulent couver. Au fig. se pelotonner, se tapir, s'accroupir, se mettre dans toute sorte de posture qui rappelle une poide couveuse.

Mr. de €aua ou Couya, couver.

AMidda , o. Accoupler, joindre par couple; joindre des teniii ou des chevaux pour le labour. Aquéh miolo mùimbimHé bien la^mtou, cette mule -s'appareillerait bien saec la nôeane.

Acoacara (s'}, v. S'encanailler, fréquenter la mauvaise oampagnîe, s'engueuser.

Mr. ée Coueanm.

Aoonclia (s'], v. Accoucher.

Trad. du français.

Acouchado , «. f. Accouchée. On dit Ja9én en langue- doeim.

Acouchurdo ou Acou<Auao, f. f. Accoucheuse, sage- femme. En lang. LéoawHiPhro, V. c. m.

Trad. du français.

Acougasaa, to, a. Faire tomber quelqu'un sur le der- rière.

Aeougaaaa (s'), v. r. Le même qne s*Âeouas$a, s'accrou- pir. — V. c. m.

Mr. de €01190, ceuver. M. aign. que Coua.

^AoovgMiBOlu fs'), «. B'accroupir. C'est im explétif du verbe précédent-et 'il a ia même racine, lia posture qu'il désigne est encore plus grotesque : c'est celle des magdts de 4a Chine ijue le XMH* siècle *nous a 'légués avec ses ^^HSieS''<QK]^«i^a6eB

Acoulado, f. f. Aoeolade, embrsssement les bras autour du cou.

Étjfm. du^lat. ni eoUnm,

Aeouloubrl, ido, adj, Efiarouché, irrité, envenimé comme une couleuvre. Au fig. éveillé, déluré; se ditd'une fiUe garfonnièré et hardie.

Mr. de C&uhbre,

Aeoumada, v. Raccommoder, radotâier; assaisonner. Au fig. concilier, convenir.

Mr. de Coumode»,

Acmmadamén, «. m. Aocommedement, accord, trans- action, le mexxo termine d'un différend.

AoouménçB, v. Commencer. Au fig. chercher noise, être le premier à attaquer. Ce mot, auquel on n'a fait qu'ajeoter l'a explétif, a une origine* commune avec le français oomfMneer, et Titalien eominciare. Cette origine se prend dans le latin Cum, initiare.

Aconménçamén ou Couménçamén, t. m. Commençe- aanX. Le premier se dit plus particulièrement du com- mencement d'un livre, d*une histoire.

Aaosménçasço, $. f. Commencement d'une histoire, d'un conte, d'une leçon, d'un livre.

Acomaoudfl, v. Accommoder, arranger, apprêter.

Jkooimioiida (s'). S'accommoder, se contenter de. Que f'oeottfmM^e, qu'il s'arrange.

Acoumoula, v. Remplir par dessus les bords, faire grasse mesure; accumuler, combler.

Mr. de Coumoul,

AoouDpagna, v. Accompagner, aller de compagnie.

Lou èon Déou votH aeotunpagne, ettépldou que vous bagne. Dieu vous accompagne, et s'il pleut soyez trempé.

Étym. du lat. Cornes, compagnon.

Aoovqnina (s'), v. S'acoquiner, prendre des habitudes de fainéantise et de débauche ; s'accoutumer en un lieu, en certaine compagnie. Il est toujours pris en mauvaise part.

Mr. de Couqui,

Acourcha, v. Raccourcir, rapetisser.

AcouTCha (s'), V. Prendre le chemin le plus court.

Mr. de Coureho.

Acourcoussounl (s'), v. Se ratatiner, se recroqueviller de vieillesse ou de rachitisme.

-Mr. de CoureoussoU, charançon. Cet animal est plié en courbe àaxa l'alvéole il se blottit; de la la comparaison du viôllard qui a à peu près la même posture.

Acourda, v. Réconcilier, accorder ensemble.

Dér. é*Acordi.

AconsBa (s'], v. Se diriger vers, au pas de course ; s'em- presser de courir; poursuivre.

Mr. de Cousso,

Acouaséîa, v. Conseiller, donner un conseil. Fcty. Coussêla.

Dér. de Coussél,

Acousta, V. Accoster, aborder.

Trad. du français.

94

ADB

AMI

Aconitama, p. Accoatamer, habîtiier.

Trad. da français.

âcoutniiiido 1*)» odv. Selon la ooatnme, l*habîtiide; 4 racoontamôe.

Aeonta , v. Caler, mettre nne cale sons le pied d'un banc, d'une table pour rempôcher de bfandiller, sons une rooe de voitore pour Tempèctier de rouler seule ; étayer, mettre im étal. Au fig. arrêter.

Dér. d'ileoco.

Aconti, iào, adj. Tassé, épaÎMf compacte. Se dit très- bien du pain trop peu manipulé ou trop levé, qui est massif et compacte.

Acoiitra, v. Accoutrer, parer, habiller d'une manière ridicule et surchargée d'ornements. Ce mot, contempo- rain du français Accotant, a une môme origine latine : ad, augment., et euituram, culture, soin du coips, parure. Ce serait donc un superlatif de toilette; ce qui la rend ridicule et grotesque.

Acoatra (s*), v. S'enivrer, se griser. Cette dernière acception n'est que l'extension de la première signification active; ne dit-on pas, en fr. familier : se pomponner, pour se griser?

Acontramèn, s. m. Accoutrement, costume bizarre.

Acrô , s, m. Accroc, déchirure occasionnée par un ooips crochu.

Oér. de Cro.

Acrochi, «. m. Embarras, difficulté, pierre d'achoppement.

Dér. de Cro,

Acroachonni, ido, a4i. Courbé, ratatiné de vieillesse.

Acrouchoonl (s'], v. S'accroupir, se blottir dans un coin; se mettre en peloton; se ratatiner, se ramasser tout le corps. Voy. «'ilmoudUmno.

Dér. de Crouehoà, quignon de pain, auquel un vieillard, ainsi fait, ressemble par sa masse informe, par sa couleur bise et la rugosité de sa peau.

Acrouqna, v. Accrocher, suspendre à un croc.

Dér. de Cro.

AerouBti, ido, adj. Se dit du pain qui a beaucoup de croûte, et des plaies et pustules, il se forme des croules, des gales, des escares.

Dér. de Cratuto.

Acul, «. m. Accueil. Mot tout français, que notre languedocien s'est approprié et qu'il emploie très-bien.

Acusa, V. Accuser. Contemporain du français, et dér. comme lui du lat. Aceu$ar$.

Ade* fi. p, Agde, ville (Hérault) : AyaO^, AgaiKa.

Adéll, ido, adj. Déjoint, baillant comme un tonneau dont les douves sont déjointes par la sécheresse. Au fig. sec, amaigri, exténué.

Étym. du lat. Deiigar$.

Adéré, adv. De suite, pied à pied; un à un; sans rien laisser en arrière. On disait en vieux français dans le même sens : à la rangetu.

Dér. de l'esp. Arr^o, même signification.

AdIJà, adv. Déjà.

Dér. de la bas. latin. Dtjfam.

Adiou 1 Adioussias 1 ûutrj. Adieu. Le premier nt s'adresse qu'entre égaux, ou de supérieur à inférieur. Le second, plus respectueux, s'adresse aux supérieure, on aux égaux, à qui l'on veut montrer des égards. C'est une pbruo faite : A IMou-tiai/ soyez à Dieu! Le mot Adiou est la syncope de la même phrase, et par cela même il est plus cavalier. Il n'en est pas de ces deux mots comme du fran- çais Adieu, que l'on n'emploie qu'en prenant congé d'un» personne, jamais en l'abordant. En languedocien, on s'en sert avant, pendant et après la rencontre, indislinclemeat.

Adouar , n. p. Edouard. Depuis qu'on a raflfiné sur le choix des noms propres, et que le peuple a abandonné les prénoms de Jean, Jacques, Pierre, etc., il a bien fallu que son idiome adoptât les noms nouveaux-venus et qu'il les appropriât à son génie. Depuis Ion, Adouar et son diminutif Douaré sont devenus familière et très -usuels dans la langue.

Adouba, v. Accommoder, apprêter, assaisonner; tanner; raccommoder, radouber; émonder; bistoumer; renouer un membre; relier des Unmeaux; rosser, échiner. Ad4niba la taupo, assaisonner le pot au feu. Adouba êoM$, raccommoder des souliers. Adouba boutoi, relier des tonneaux. Adouba péU^ apprêter, tanner des cuin. L'an pa$ mâou adouba, on l'a bien ajusté. vôou adouba, je vais te battre, te rosser.

Toutes ces acceptions procèdent du même primitif, et représentent directement ou par extension la même pensée. Le verbe est dérivé de Adoù, terme ancien, bore d'usage, qui signifiait : lessive de tanneur, qui a formé Adobaro, de la bas. latin., pour ajuster, armer, préparer, dont la racine Adob serait celtique. Adouber est du vieux français, qui s'est conservé comme technique au jeu des échecs et du tric-trac, quand il s'agit d'une pièce ou d'une dame dérangée à remettre en place; mais radouber, radoubeur, sont restés. L'ancien Dauber ou Dober appartient aussi à la même ori- gine et rentre dans le même sens.

Idoubaîre, «. m. Tanneur; mégissier; tonnelier; save- tier; renoueur; chàtreur.

Adoubaje, «. m. Raccommodage; apprêt; manière d'i^y- prèter; réduction d'un membre luxé.

Adoubun, <. m. Assaisonnement, qu'il soit huile, beurre, lard ou saindoux.

Adoun, adv, Alore, pour Ion; en ce temps-U.

Dér. du lat. ad tune,

Adoura, v. Adorer.

Trad. du français.

Adraia, v. Fouler, battre un chemin, le rendre viable.

Adraîa (s'), v. Se mettre en route, s'acheminer. Au fig. se mettre en train, se dégourdir les jambes.

Dér. de Draiio.

Adraqna (s*), v. Sécher à demi ; se ressuyer. Onpo pa$ séména çue noun la tèro eiégue adraquado, on ne peut pas

AFA

APA

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aemer avant que la terre soit ressuyée de la pluie. Linge adra- pM, linge essoré; froumaje adraqua, fromage à moitié sec.

Adré, écho, adj. Adroit, habile.

Dér. du lat. Dêxter ou ad rectum.

Adré, f. m. Exposition sud d'une montagne, opposée i ïavêê, exposition nord.

Même dérivé que le précédent, ad rectum, c'est-à-dire vers le bon côté. Avè$ est dér. de Advenus, contre, con- traire, opposé.

Adréchamén, adv. Adroitement, avec dextérité, avec adresse.

Même dér.

Adressa, v. Adresser, envoyer à quelqu'un. S'adressa à quâouquus, s'adresser à quelqu'un, lui demander des renseignements.

Dér. de la bass. lat. Àddirectiare, envoyer directement à quelqu'un, dont l'esp. a fait Enderezar, et Fital. Addi- riszare.

Adrèsso, s. f. Adresse, habileté.

Dér. de Adré.

Adrèsso, s. f. Adresse, suscription d'une lettre-missive.

Dér. de Adressa.

Adrissa, v. Dresser, placer debout; rendre droit; faire tenir droit; relever.

Adrissa (s'), v. Se cabrer; se redresser. Adrissa-vous, levez-vous. Se tiras tro la brido, vaï s*adrissa, si vous tirez trop la bride, il va se cabrer.

Dér. de a explétif, et Dré, droit.

Adn, ucho, part. pass. de Adure.

Adiire, v. Amener, conduire, apporter.

Dér. du lat. Adducere.

Adnsa ou Adésa, v. Atteindre à une chose élevée, hors de la portée ordinaire. Ly pode pas adusa, je ne puis y atteindre. T adusara pas, il n'y parviendra pas. C'est la position du renard de la fable, sous les raisins.

Dér du lat. Adiré, Adeo.

Afacha, v. Dépouiller les châtaignes rôties de leur coque à demi brûlée, les éplucher. Cette opération se fait d'ordi- naire en les agitant dans un paillon ou panneton, appelé en languedocien Paiassoik, on les recouvre d'un torchon.

Afachado, s. f. Châtaigne rôtie au moyen d'une poêle percillée.

Sauvages, qui est parfois admirable dans ses étymologies, s'amuse sans doute dans celle qu'il donne à ce mot. Il le fait dériver de l'ital. Affaeiato, effronté, sans pudeur. «D'autant, dit-il, que les châtaignes qu'on fait rôtir ou griller, pètent dans les meilleures compagnies. »

Cette plaisanterie accuse du reste la difficulté d'extraire cette racine. Dans ses notes, La Fare-Alais pensait que ce mot tenait probablement à quelque circonstance, i quelque anecdote locale, qui n'étaient pas venues jusqu'à nous, et q[Qi sont spéciales aux Cévennes d'Alais; car, dans le reste desCôvennes, on dit Brasueado, dér. de Braso, et c'est plus naturel.

Sauf le respect à nos maîtres, la racine ne se trouve- rait-elle pas simplement dans Affait, Affàch, pris du roman Afaiter, préparer, séparer, raccommoder, dér. du lat. Affec- tare; d'où l'esp. Afeytar, orner, parer, ce qui a donné Affaitamen , Affackador, Affachamén, et dans notre vieux langage Afachomén, une tuerie; et dans le dialecte gascon Affaych, préparation; dans le bas -limousin Affachadoù, atelier l'on foule les chapeaux, et Affàchadis, criblures que l'on enlève en vannant le blé? Certaines ressemblances sont souvent de grandes présomptions de parenté.

Alaîra, ado, adj. Qui a beaucoup d'affaires; quiesl en afihi- re ; surtout celui qui a de mauvaises affaires, qui a des dettes.

Aiaire, s. m. Péj. Afaïras, dim. Afaïroik. ASàiies; particulièrement procès. Aquéles afdirasses m*émpachou dourmï, ces diables de procès m'ôtent le sommeil. Aquà's un âoutre a faire, je ne l'entends pas ainsi. Un home d*afdires, intendant, homme d'affaires; un avocat, un avoué. Aquà's pa'n afaïre, ce n'est qu'une bagatelle. Din l'afàire d'un an , dans un an , dans l'espace d'un an. Ait\ d*afaïres, voici bien des difficultés.

Afairoù, s. m. dim. Un petit outil, un petil ingrédient; un objet dont on ne trouve pas de suite le nom propre.

Même origine que le mot français.

Afama, v. Affamer, causer la faim. En termes d'agriculture on dit s'afama, en parlant des racines des arbres arrachés depuis longtemps, exposées à l'air, et qui ont de la peine à reprendre, quand elles sont mises en terre. C'est ce qui arrive souvent aux mûriers de pépinière qu'on transporte d'un marché à l'autre et qui restent sans vendre pendant longtemps. Le meilleur moyen de connaître si ces arbres sont trop anciennement arrachés, c'est de trancher un bout de racine. S'il sort par l'incision une sève glutineuse de couleur de lait, on est assuré que les arbres pousseront. Du reste le mûrier est une plante trôs- vivace, et il est rare qu'il ne pousse pas même après un long éventement de ses racines. Le châtaignier et les frui- tiers sont bien plus délicats.

Dér. du lat. Famés.

Alara, ado, adj. Effaré, qui a la figure farouche et décomposée par la surprise, la peur ou la colère.

Dér. du lat. Fera.

Alasqna, v. Dégoûter, rassasier jusqu'au dégoût, oe qui est le propre des mets trop gras.

Dér. sans doute du lat. Fastidium.

Alasqaoùs , ouso , adj. Rassasiant jusqu'au dégoût.

Du lat. Fastidire, Fastidiosus.

Alatiga, v. Lasser, fatiguer; empressé; embarrassé. Et afatiga caumo un pâoure home que eaulo sa trémpo, empêtré comme un homme pauvre qui coule sa piquette : il y va de cul et de tête , comme une corneille qui abat des noix.

Dér. de Faiigo.

Afatounl, ido, adj. Mou, lâche, usé, avachi, comme la linge qui a perdu son apprêt par l'usage.

Dér. de Faio.

ÎW

AFO

AGA

AiatraMi, ido , adj. Péjoratif da mot précédent : c'est lin degré de pins. H est dérivé de Fatras, péjor. iui-mème de Fato. Hais Afatrassi se dit, en outre, d^ personnes qui ont perdu leurs forces, et particulièrement des jambes qui flageolent de faiblesse maladive.

AfécioQ, 1* f. Zèle, ardeur, application ; vif intérêt qu*on a{^rte à un ouvrage. -^ T ana d*aféetou, travailler de tout cœur. Il n*a rien de commun avec Yaffèction en français.

Dér. du lat. Âffleere, exciter, émouvoir.

Afênadott, i. m. n. pr. Petite hôtellerie de route Ton ne fournit que du foin. Ce mot a vieilli et n*e9t connu que par le nom d*une maison, ou d*un quartier par extension, sur la route de Nîmes à Moulins, près de Portes.

Dér. de Fé, foin.

Afénadoù, «. m. Trappe par laquelle on jette le foin du grenier dans Técurie.

Aiénaira, v. Faner le foin, le tourner, Tapprèter au soleil , le mettre en meule ; faire tout le travail qu'exige cette réculte quand elle est fauchée.

Dér. de Fé, foin, et Énaïra, donner de Tair.

Alénairaire , aûro , adj\ Faneur, faneuse.

Alana]6, «. m. Nourriture en fourrage donnée au bélail, soit dans une écurie , soit dans un herbage , sans peser le foin ; sorte de pension. Métré âoun chiwil à Vafénaje, mettre son cheval en pension, fourrage à discrétion.

Alénassa, v. Ensemencer un champ en pré, y semer de la féuasse, de la graine de foin; vendre du foin en botte.

Dér. de Fé, foin.

Aféta(s*), V, S*aflecter, prendre un air affecté.

Trad. du français.

Afiança, v. Se promettre en mariage, passer des pactes de mariage. Ce verbe est actif en languedocien. Afianeè uno tèlo, il s*engagea avec une telle.

Dér. du lat. Fidentia, confiance, foi.

Aficha, V. Afficher.

Trad. du français. Dér. de Affigere, attacher à.

Aficho, â. f. Affiche, placard.

Trad. du français.

Afinclia (s*), v. S'appliquer à... avec zèle ; mettre toute son attention, toute son intelligence à quelque chose; y appliquer sa finesse et sa vue.

Dér. de Fï, adj., fin, rusé, attentif.

Afina, v. Ruser, cajoler dans l'intention de duper; affi- ner, polir, rendre plus fin un objet, faire la pointe.

Dér. de Fï, adj.

Aflaqul (s*), v. S'afEûblir, se relâcher, s'amollir; devenir faible, mou, flasque.

Dér. de Fia.

Afonla (s*), v. S'affoler, s'engouer, se passionner.

Dér. de Fol,

Afonrti, V. Assurer, affirmer opiniâtrement.

Dér. de Far.

Afoortuiia, ado, adj. Qui a de la fortune ; bien partagé des biens de la fortune ; favorisé du sort.

Dér. du lat. Fortuna.

Aloartuna, v. Ce verbe n'est employé que dans cette phrase interj. Diou m'afourtunef Diou vous afourtunsf Que Dieu m'assiste! Que Dieu vous soit en aide! Cette expression n'est communément qu'explétive , sans que la circonstance soit assez importante pour nécessiter une pieuse éjaculation. On le dit lorsqu'un enfant pleure ou qu'il fait du tapage , qu'une chose dérange ou importune ; lorsqu'on veut souhaiter bon voyage à un ami ou même à un indifr férent.

Dér. du lat. Fortuna,

Airaîra (s'), v. S'associer; proprement se faire des dona- tions réciproques entre mari et femme, entre parents ou amis.

Dér. de Fraïre.

Afréionli (s'), v. Se refroidir, tourner au froid. Lou, tén s" es bien afréjoull, le temps est devenu bien froid. Soui tout afréjoulï, je suis tout transi de froid, tous vièls soun afréjoulis, les vieillards sont frileux.

Dér. de Fré.

Afrésqna, ado, adj. Empressé, alléché, la gueule enfa- rinée. — Il a son origine dans le mot frés, frais. V. c. m.

Airésqna (s'], v. S'apprêter vivement; se hâter.

AM, ido ouiqoo, adj. Avide, empressé, affriandé ; ardent, âpre à la curée. Es afrï àou traval, il est affectionné à l'ouvrage.

Dér. du lat. Apricus, ardent.

Aliiqnèn, èno, adj. Africain, d'Afrique.

Airiqno, s. f. Afrique, partie du monde. Depuis la conquête d'Alger, l'Afrique est devenue populaire et réveille d'autres intérêts que ceux de sa géographie.

Dér. du lat. Apricus, chaud, ardent ; ou selon Roquefort, de l'arabe Aphrah, séparer.

Afroun, s. m. Injure, outrage, affront.

Dér. de l'ital. Affronto, ou du lat. ad frontem. L'affront est une injure en présence de celui qui la subit : ad fron- tem ejus.

Airoanta, v. Affronter, rencontrer de front ; mais sur^ tout injurier, donner un démenti.

Afrountiir, s. m. Affronteur, insolent, trompeur.

Afroûs, 01180, adj» Affreux, horrible, épouvantable.

Dér. du grec 9pic, frayeur.

Agaboun, s. m. Voy. Agôou,

Agacha, v. Regarder devant soi ; regarder avec attention, considérer, admirer. Agachasf Voyez donc! F. Aehas.

Dér. du grec i^i^to, admirer, regarder avec surprise, être frappé d'étonnement.

Agad, s. m. Cor, durillon, calus; excroissance dure et douloureuse qui vient aux pieds.

Agaia, v. Prendre à la volée; saisir avec la main ou avec un chapeau, un tablier, ce que l'on jette de loin; attrapper.

AGI

AGN

«

Étym. dn vienx mot lang. Gaff, qui signifie Croc, dont le fr. a tîié et conservé ^affe, gaffer.

Agalanciè, «. m. Eglantier, rosier sauvage; Rota rM- ginoia, Linn. Sa fleur se nomme Eglantine. Son fruit, qu'on appelle gratte-cul, sert à faire les conserves de cynor- rhodon, dont il se fait un commerce d'exportation consi- dérable dans la petite ville de Meyrueis (Lozère).

Nodier dit que le savant Pêrion fait venir ce mot dn grec â^r^^oc» arbre ou fleur épineuse.

Agidayardi, v. Afiriander, accoutumer à la friandise. Au participe passé, Agalavardi, se dit surtout du bétail mal gardé et qui a trop accoutumé d'aller brouter dans tes blés ou les vignes.

Dér. de Gaiavar,

Aga]l8(^n), adv. En biais, en biseau, en talus, en diagonale.

Dér. de aval, par le changement du v en ^, qui est fréquent.

Agalousses, i. m. plur. Voy, Âgàouue$.

Aganl, ido, adj. Retrait, mal-venu, mal nourri, par vice d'origine. Au fig., chétif, exténué, rachitique.

Dér. de Tital. ingannare, tromper, frustrer. Son étym. remonterait-elle au sanscrit aghan, exténué?

Aganlo, «. f. Noix de galle. Elle est fournie par le chêne des teinturiers.

Étym. du lat. Galla.

Aganta, v. Prendre, saisir, empoigner. On dit égale- ment: té vdou aganta, je vais t'agripper; V agonie, si je le prends, et aganto aqud, attrape ceci ; agantè un tapai, il reçut un soufflet ; ce qui est prendre.

Dér. de Gan, de l'allem. wand, ou du lat. vagina, gaine.

Agftomses, f. m. ptur. ou Agaloossea. Ononix ou arrète-bœuf épineux ; Ononi$ spinosa, Linn., plante ligneuse de la famille des Légumineuses, commune dans les blés.

L'étym. du mot, selon les uns, se trouve dans le celt. aga, bois ; selon d'autres, dans l'arabe, et aussi, par cor- ivplioB, dans le lat. aeuUata, atuieo$a.

Agaraeba, v. Donner une oeuvre aux champs laissés en jachère; laisser reposer une terre.

Dér. de Gara, guéret.

Agaa, f . m. Erable, arbre ; Aeer, Liim.

Ce mot parait d'origine ligurienne.

AgaatO, f. f. Pie; en v. fr. agasie; Connu piea, Linn., oiseau de l'ordre des Passereaux, commun dans nos elimals et connu par son caquet. Au fig., se dit d'une perMnme au babil étourdissant.

Du baa-br. Agae, dit Sauvages.

Agaaaoà, i. m. dim. Le petit de la pie. TranMo eowmo Um qu^ou d'un aga$$où, il tremble comme la feuille.

Agérbaasi (s*), ou Agérbl (s'), v. Se gazonner, devenir herbeux, se couvrir de graminées; se taller.

Dér. de Girbo,

AgiDonîa (s*), v. S'agenouiller , se mettre à genoux.

Aginovia, v. Terme de vigneron: couder, coucher un jarment dans la fosse pour le provigner.

Dér. de Ginoul.

Aglan, s, m. Gland, fruit du chêne. Voudriez êêtre ufi aglan, qu'un pormé mangèise, je voudrais être un gjand et être mangé par un porc : c'est une expressicm d'ao* goisse quand on se trouve dans une situation malheureuse et sans issue; mais le plus souvent le peuple, qui est tou^ jours hyperbolique, l'emploie pour une simple c(»itrariété.

Dér. du lat. Glam, glandU,

Aglana, v. Ramasser des glands, faire la glandée; don- ner, distribuer du gland aux pourceaux.

Agnano, «. f. pr. de lieu. Aniane, petite ville, chef- lieu de canton de l'Hérault. Une célèbre abbaye d'hom^ mes de l'ordre de Saint-Benoit y fut fondée du temps de Gharlemagne. Les bâtiments qui restent encore ont été transformés en maison de correction.

Un vieux dicton languedocien dit : Intmeén d' Agnano, Quelle est son origine? Le français dit bien dans le mémo sens : Niais de Sologne, qui ne se trompe qu'à son profil. Les habitants de la Sologne passent pour avoir d'autant plus d'intelligence qu'ils en font paraître moins, et ils mettent dans les affaires qu'ils traitent une habileté secrète qui les fait toujours tourner à leur avantage. On a trouver dans nos contrées que, tout en contrefeisant la simple, l'habitant d'Aniane était aussi extrêmement adroit et alerte sur ce qui regarde ses intérêts ; de le dicton* naturalisé bien avant qu'il y eût des détenus à Aniaae, qu'on ne peut pas traiter à*inoueén, même en commettant un jeu de mots à la française ; car il s'applique à tout individu de l'acabit du niais dont il est question, en sous-entendant la dernière partie de la phrase qui complète le sens.

Agnèl, <. m. Augm. Agnèlat, dim. il^fi^ on Agnèhû* Agneau, petit agneau. Les moutons changent de nom en changeant d'âge; ils sont d'abord agnèl dq)uis leur naissance jusqu'au retour de Vamountagnu^'é, à la fin d'août; alors ils deviennent hédigas. L'an d'après, à la même époque, ils sont douUén, ensuite timén, et ainsi de suite. AgnU la, agneau de lait, qui n'a été nourri que de lait. AgnU can, agneau qui a mangé aux champs. £« un agnU, il est doux comme un agneau. QuinU agnèUuf Quel gnuid agneau, quel bon diable ! Aquà^$ la soumito l'agnèl blan, c'est toujours la même répétition. Ce proverbe tient à un usage des conteurs de sornettes. Lorsqu'ils sont ennuyés des demandes qu'on leur adresse pour en conter une nouvelle, ils disent : Vdou voui dire la souméto VagnU blan. Ah/ voui, diga-la, s'écrie rassemblée; et le conteur : Se wmlè» que vouê la digue, voue la dircâi. Voui / voui / diga4a, insiste-t-on de plus belle. Mais le conteur se renferme dans son étemel : Se vouUe que voue la digue, vous la dirai, jusqu'à ce que, fatigué de cette vaine répétition, le cercle d'auditeurs passe enfin condamnation. On dit en français, pour la même chose : c'est la chanscm du ricochet.

AgnU, agnUé, agnUoii sont des termes de cajoleri9 enfantine, de tendresse mignarde.

Dér. du lat. Agnue, dim. Agnellut, qui vient lui-même du grec irft6ç, pur, chaste.

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AGN

AGN

Agnèla, v. Agneler, nietlre l>as, en parlant des brebis.

Agnèlado, s. f. Le croit d'un troupeau, sa portée d'agneaux dans l'année.

Agnèlo, s. f. Agnc.iu fenieilo. Se dit particulièrement d'une brebis qui coninience à porter a\ant d'èlre X l'état de bedifjasso. Cet animal soulîre de cette i»récocité; il ne peut se développer, vit dans un état racliitiiiue, si tou- tefois il ne meurt pas en meltant bas. Los éducaleui^s ont plusieurs proci'dés pour prés enir cette nubibté trop liAtive.

Agnèlo, s.f. .Nielle des blés; Ayroslcma gilhinjo, Linn., plante de \x famille des Caryopbyllées. Son ^^'rain mêlé au blé rend le pain noir et amer.

Dér. du la t. IS'i(jeUu$, noinUre.

Agno, désinence y en fr. Agne.

Par ordre alpbabétique, Ayno est le premier d'une série de suiïixes, qui se sont formés sur toutes les voyelles en ègno, é(jno, iyno, oyno, ouyno, tiyno, qui tous prébcnlent des particularités curieus(*s dans l'bistoire de la formatiiai de la langue. Ces linales entrent en composition dt* noms communs, substantifs ou adjectifs, et d'un certain nombre de noms proprtîs d'bommes et de lieux, av(?c un caractère spt'cial. Elles ont été d'ailleurs soumises ;\ tant d'altéra- tions diverses, qu'il n'est pas sans intérêt de faire ici connaissance avec elles, en leur consacrant un méJiie article.

Dans toutes les langues, les noms se forment en ijuelque sorte par des procédé» sy.^lémaliqnes. L'éK.'menl rudimen- taire reste à i>ou prés invariable, et c'est au moy»'n d<'s suflixes qu'il se modilie suivant les acceptions auxtiuelles il est destiné ^ s'appliquer. Cbacjue pajs, par une disposi- tion particulière, obéissant aux indueneos d«' son orija- nisme vocal, adopte de iiréféretjc^^ la formule qui convient le njieux à ses facultés d'articulation et de voealisalion ; et dans ses vocables ap|H'llalirs surtout, jiarce ({u'ils sont sujets à se répéter plus souvent et d«»i\enl être plus lixes, il rai)i>rocbe les lettres et les combinaisons les plus faciles pour lui à projioncer.

Ainsi, étant doimé un radical, il e>t nécessaire de lui imprimer une certaine iorme staMe «q commode pour en éU^ndre le sens ; il faut ajouter une désinence caractéris- tique \xmv lui faire si^'iiilierjjue l'objet di'.>i;j:né par lui doit s'unir à un autre objet ou (juil n'en est (lu'mie partie, qu'il en déri\e, ((u'il en |)ro\ient ou qu'il doit h'incorjjorer à lui, pour jiréciser sadesceMilance, lequalilier plus expres- sément, et pour ilétiM'miner ses dimen>ioiis, son étendue, ses propriétés. C'est l'adjectif tiré ilu substantif; le cjuab- ficatif joint au si;-'nilicatif; le diminutif ou l'au^iimentatif venant modifier b* sinq)le, ce <(u'on nomme la dérivation: c'est le fonctionnement des sullixes.

Celte loi est universelle: partout mêmes procédés pres- que mécani(iues, en ce sens ([ue, les mots rejirésentant les idées, l'accessoire suit le principal, la désinence supplétive étend la signification du radical. Ce qui fait la variété des idiomes à base connuunc comme le celtique et le latin,

d'où sont issues nos langues modernes, n'est en définitive que la différence de prononciation. Les raj)porls sont sou- vent cacliés, inappréciables ii l'analyse, mais ils existent. Ils .se sont dénaturés par des raisons inconnues, mais des IKjints de contact vérifiés laissent voir leur rapi)rocbement. Cbaque groui)e de population a, en ciVet, des tendances de langage qui lui sont propres, des babitudes qui le portent à recbercber certains sons et à en éviter d'autres ; les dia- lectes naissent de ces convenances toutes locales, et de cette manière se lie et s<' déconq)ose l'ensendile général, sans perdre ses affinités, mais en les laissant s'oblitérer et en les écartant plus ou Uioins de la source commune. C'est IKiurquoi, dans ces recbercbes qui remontent quelquefois à des origines lointaines, il y a à tenir conqjte de l'état des idiomes voisins et de la pbilologie comparée. C'est faire une tentative dans cette voie que d'essayer, sur les mots de notre langue, de surprendre le secret île leur formation originelle; de savoir par (juel instinct naturel ou (luel tra- vail prémédité, la pensée et son exjiression s'est plue à revêtir certaines formes plulùt que d'autres, et de démêler sous renq)ire de quelles propensions et de quelles antipa- tbi»*s particulières quelques-unes de ces expressions sont arrivées jusqu'à nous, et ont été adoptées. I^jur cela, l'étude des désin<Mices est d'une importance considérable; car ce sont ces >yllabes, insignifiantes en aj)parence, ijui donnent à une langue son ty|)e individuel, son cacbet et son carac- tère. Du [H'tit au grand, 1»^ dialecti' a sa valeur; si modeste (jue S'tit sa part, il a droit dt» se pré>enter au concours.

De la langue la plus anciennem'Mit parlée dans les (iaules, le c«'lti(jue, nous n'avons que des notions impar- faites, r.'duites a qui'lques centaines d'expressions éparses dans les écrivains latins ou grecs, et à quelcpies lambeaux d'inscrii»tions lapidaires; il n'a ele recueilli aucun monu- ment éerit d'une sérieuse p«»rlée. Kien n'est resté dans l'air de Son accentuation. Cependant, avec les mots qui nous ont été c>tns»MVès, avec K's ap])ellations géograpbi(]ues et les noms dliomnjes, que la stabilité naturelle de leur signi- fication et de leur structure a protégés davantage, si l'on n'est j»oinl parvenu à composer uji \ocahulaire conq)let, il a été pt>s>ilile de discerner sun'menl ce cjui appartient dans lins lani'ues modeiiics a l'idiome primitif, et de lui attribuer telles formes, telles liicutituis, lejlrs racines (jui, ne se retrouvant pas ailleurs, n'ont pu lui servir de modèle et remnntent nécssairiMnent à celte source. (]el élément pri- mordial mérite ilètre relevé avec prudence, sans doute, mais a\ec un soin minutieux.

Les cojnnies gr«'C(|ues, établies sur le lilt^ral méditerra- néeji, eup'nt des rapports de CMinmmee et d'échange avec les pr»t)ulations voisiniîs ; mais bien que llorissantes et d'une civilisation jjIus avancée, elli'S ne se mêlèrent jamais avec le corps gaulois au point d'exercer une influence, qui n'eut pas le tenq)s d'ailleurs d'être bien profonde. Les mots grecs que nous avons retenus nous ont été apportés presque tous par l'intermédiaire des Romains.

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Le latin doit être considéré comme le vrai générateur de nos idiomes. Il avait pénétré dans la Gaule et dans la Nar- bonaise, avant l'arrivée de César. Après la conquête, il s'y naturalisa avec une absorbante énei^e, et tout concourut à favoriser sa prédominance et à en prolonger la durée : les lois, l'administration, la civilisation, la religion, même Tesprit national. Le christianisme vint encore seconder son influence. Les invasions germaniques des Francs et des Visigoths, loin de comprimer cet essor, accrurent sa popu- larité : les barbares l'adoptèrent, et leur conversion à la religion chrétienne, leur orthodoxie ne contribua pas peu à le maintenir, bien qu'ils eussent versé un élément nou- veau dans le langage par leur prononciation. Mais il faut dire que ces altérations furent plus sensibles au nord qu'au UQÎdi de la France; et nous n'en avons que plus tard res- lenti les effets par le français d'Outre-Loire.

Hais la langue importée par les vainqueurs de la Gaule et par les colons à la suite n'était pas le latin classique et cicéronien : c'était le langage déformé de Rome, familier aux soldats et au bas peuple, hérissé de barbarismes. La latinité gauloise se forma d'abord sur ce modèle ; et encore U nouvelle langue, pour se répandre dans le pays con- quis mais toujours indompté, dut-elle se soumettre à une foule d'altérations néologiques, se plier à des exigences dont la masse de la nation puisait le principe dans son indépendance. Car, tout en acceptant un langage qu'ils n'avaient pas appris dans leur enfance, les indigènes ne renoncèrent pas à leurs habitudes de prononciation, et firent violence au latin pour l'approprier aux formes natu- relles de leur pensée.

Les témoignages les plus certains attestent que le vieux gaulois, en pleine possession de son territoire au VII« et au VIH« siècle, se maintint longtemps encore ; même au XII1« siècle, son extinction n'était pas complète. Mais déjà tous ces ferments de celte, de latin , de tudesqne avaient commencé à se fusionner. Puis, quand ce pêle-mêle se réorganisa sous le souffle d'un esprit différent, après de longues élaborations, une langue véritable était créée.

Elle fut d'abord qualifiée de rustique, comme si elle n'eût été qu'une dégénérescence d'idiomes corrompus; mais une dénomination plus juste, qui est un souvenir, ne tarda pas à prévaloir : elle est appelée Boman ; et c'est le roman qui a donné naissance à la langue d'Oïl et à la langue d'Oc, ces deux filles si glorieusement régénérées. Fo2f* Léngadd, Patouàt, Bouman.

L'oeuvre de recomposition fut lente : elle suivit les phases de la grandeur romaine, qui mit du temps à mourir. Dans le principe, elle était inconsciente, irréfléchie, ignorant sa voie, mais entrevoyant un but; elle s'inspirait et se gui- dait par un vague souvenir, qui n'avait jamais péri et qui ramenait peu à peu le peuple, lui qui fait la langue, vers des inflexions qui lui avaient été familières. En acceptant le latin, il l'avait soumis, par une sorte d'instinct méca- nique, aux aptitudes les plus conformes à son organisme

vocal ; en le transformant, il ne cherchait qu'à porter dans la prononciation les prédilections ou les antipathies qui étaient dans sa nature.

Un respect traditionnel entourait les racines, qui sont l'âme des mots : les modifications s'accomplirent donc plus volontiers sur les désinences. Elles s'adressèrent surtout à celles qui avaient le cachet romain, d'abord parce qu'elles étaient moins dans les prédispositions organiques de la voix, puis parce que ces finales, sans signification par elles- mêmes, n'affectaient qu'accessoirement la substance du mot, que le changement ne voulait pas atteindre. Le génie national reprenait les concessions arrachées par les vain- queurs : c'était l'affranchissement qui s'annonçait. Ce retour à l'ancien esprit gaulois offrirait des coïncidences qui vont plus loin que les formes du langage.

Mais les signes de cette réaction se manifestent clairement. Le premier besoin est la rapidité de la parole répondant à la promptitude de la conception : et la contraction des mots, la simplification des modes et des cas marquent des écarts d'indépendance qui protestent contre l'ampleur et la régu- larité latines. L'accentuation se reprend à des cadences et à des agencements de syllabes qu'une bouche et une oreille romaines n'avaient pas inventés : et il s'ensuivit la nécessité de combiner autrement la forme d'une foule de mots. On le voit : si les fondements latins restaient encore solides, un édifice plus jeune s'élevait sur eux.

Les éléments de cette révolution du langage se trouvent dans le changement de formes, dans les modifications des désinences, qui obligent l'appareil phonétique à prendre d'autres flexions plus en harmonie avec ses tendances et ses habitudes natives. C'est ce qu'il faut constater par des applications et des exemples. Qu'on en juge à l'œuvre.

Chez nos ancêtres gaulois la forme du suffixe était AC = EC; nous l'avons déjà signalé. Voy. A, $uff. Son accen- tuation, forte sans doute, à cause de la lettre finale, devait cependant être adoucie ou assourdie par un son guttural, ressemblant à celui du X grec, qui lui servait d'expres- sion dans l'écriture: et ce qui le prouve, ce sont les variantes dialectales, conservées dans la néo-celtique en ac^=: iac = auc = ùch ^^ech; nuances ménagées pour estomper des tons trop durs. Les permutations opérées plus tard en S doux, en J ou G doux, comme équisonnants, seraient aussi un indice de quelque valeur.

Ces désinenc<es étaient employées à adjectiver les mots, à former des termes ethniques, patronymiques, géogra- phiques, à marquer la possession, la filiation, l'apparte- nance, la collectivité. En voici quelques exemples : Bron^ tristesse, bronach, triste; bod, touffe, bodec, touffu; karad, amitié, karadec, aimable; suU, œil, tuUech, qui a des yeux; $tan, salut, êteinech, salutaire; plum ou />/irm, plume, plumauc ou plumawe, emplumé, dial . comique ou cambrique . En gaélique : Albanaeh, Écossais; Erionnaeh, Irlandais; Sacâanach, Anglais; en bas-breton : d^rv, iann, chêne,. dervek, tann$c, lieu planté de chênes, abondant en chênes;

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AON

AON

ounn, frêne, ounnek, frênaie, etc., etc. Yoy, Zenss, Gram. céU.; Le Gonidec, IHcf . frref.

Mais, arrive la domination étrangère, et les mots cel- tiques n*entrent plus dans le langage usnel qa*à la condi- tion de revêtir la forme romaine. Le latin avait sa termi- naison caractéristique générale en u$, a, um; partout on terme ganlois se rapprochait d'un des siens par le sens on la consonnance, dans les noms propres qn*il ne tenait point par politique à défigurer, dans les dénominations locales qu'il importait de ne pas débaptiser, il s'appropriait le mot et se contentait d'adjoindre sa formule propre à la désinence vaincue. Mais àpart sa finale en acui, œa, aeum, la plus proche, qui a été la plus durable et qui donne en- core à bien des noms propres, dans la moyenne latinité, une physionomie gauloise , il avait aussi ses sufiSxes en anus, a, um ; aneus, a, um ; anius, astiiu, enuM, inut, onus ; de la même catégorie, et exerçant de pareilles fonc- tions adjectives, possessives ou collectives. Les Gallo- Romains adoptèrent ces désinences dittées par le vain- queur, et ils les vulgarisèrent en les étendant en anieu$, enieuâ, inieui, onieus, a, um, employées généralement au plur. fém. : anieœ, enieœ, iniem, oniew. Suivons la gradation sur les noms d'hommes et de lieux. On trouve dans César : IHvitiiicus, Dumnaeus, Valetiaeus; dans Tacite : Galgaeuê, Caractaeus; Sidoine- Apollinaire cite AvUaeum, frcsdium Aviii, PruMianuê; Grégoire de Tours, J^rMinoeum; l'Itiné- raire d'Antonin, Juliacum, Tiberiaeum, Solimariacum; les chartes, Flaviacum, Aureliaeum, Pompeiaeum, Pauliaeum; et en même temps, à cette dernière période, on rencontre Martiniacum et MarHnhanieœ, Cotonia et Colonieœ, Condacum et Condusonieci, SalvanumeiSalvanicœ, Ahonum et Alsonieœ, Veranum et Verananica, et ainsi d'une foule d'autres. De sorte que la progression pourrait être celle-ci : Brmn, primitif celtique, donne directement Brennus; puis Brennae, Brmiiaeui, celto-latin, fils ou descendant du Brenn ; et dans les noms communs, devenus noms de lieu, collectifs, ea$$, eass-ae, eau-ee, forme celtique; easiacus, easManuâ, eoênuâ, forme latine ; Ca$$aniea, forme gallo- romaine, etc., etc. Les transformations se firent sur ce modèle; inutile d'en détailler l'interminable nomenclature.

Tel était le produit du mélange du gaulois et du latin, parlés simultanément, à c6té l'un de l'autre sur le même iol. Les désinences ae s= ee af&iblies en aeh, aue, ech, lurent donc soumises à la prononciation romaine, qui don- nait toujours le son dur au C, semblable au K rude, même sur les voyelles douces 9, I, et qui articulait forte- ment le N, dont il ignorait le son mouillé. Les Gallo- Romains avaient surenchéri en redoublant les deux sons de ces consonnes dans anieœ, gnieœ, inieœ, onieœ.

C'est contre la dureté et la sécheresse de ces intonations que devait protester la langue romane en France, comme le firent tous les idiomes dans les pays les Celtes avaient séjourné, une fois que la puissance romaine eut cessé de peser sur le langage.

Aussi, ae ss ee, la forme première, représentée par aeu$, eeut, ieui, oeui, um, perd-elle d'abord sa fimio latine; puis le e s'amoindrit et coule; il permute avec cA ou le y et ^ doux ; il disparail même entièrement de nos appellatifs, il ne se fait jamais sentir. A part quelques exceptions, qui localisent une dénomination, il se trans* forme de vingt manières di£^ntes, selon les influences auxquelles il obéit. Tandis que la géographie andemia garde ses aeum ou anum immuables, à tous les points de l'horizon, les terminaisons nominales se sont changées en a, as, at, é, ei, te, ter, ière, tes, y, eux, ieux, etc. 11 faut encore comparer, pour ces métamorphoses du ae assov dans la signification adjectivée, nominative, collective ou diminutive, les variantes qui paraissent autant formées sur le suffixe celtique que sur le correspondant latin on sa latinisation, comme édo, iè, iëiro, et leurs dérivations os leurs analogies sur les difiTérentes voyelles, et les affinités et les permutations de lettres. Yoy, lettres C, G, et tdo; Iè, etc.

Dans les finales anu$, anum; enus, inu$, onus; anetse, enius, inius, onius, au masc. et au neutre, d'importation latine plus marquée peut-être on du moins plus Soi- gnée des suffixes celtiques, le roman, pour les traduirB, supprime Clément la caractéristique latine; il garde an, en, in, on, avec ou sans i antécédent, et souvent même il efiace le n dans les noms communs, au moins de notre di»* lecte, comme bo, eousï, mati, etc. ; et dans ceux la consonne persiste, elle prend, dans le Midi surtout, une expression si fortement nasalisée qu'elle devient un caractère typique de notre idiome. Tby. An, suff.

Les désinences féminines ana, ena, ina, ona, una, et surtout ania, enia, inia, onia, unia; anea, inea, onea, unea, se r^roduisent plus particulièrement dans le vieux languedocien et dans le moderne par nos finales agno, égno^ ègno, igno, ogno, ugno, qu'emploie le français sous difll^ rentes formes transmises par le roman, en agne, aiyne, eigne, oigne, ogne. Yoy. aux mots : Cassagno, Gamégno, G<ueougno, etc., etc.

Et encore sur tous ces suffixes, à peu près indiflRîrem- ment, tant sur ceux le e est la consonne dominante que sur ceux Yn se rencontre, il intervient fréquemment une autre combinaison très-répétée en aje, éje, èje, ije, oje, uje, J remplaçant le G doux, et en aeho, èeho, ét^, éneho, idu), oeho, qui dérivent du même principe et qui vont reparaître sous un autre aspect.

Les Gallo-Romains avaient, dis(Mis*nous, représenté les désinences principalement en ietis, a, um, en les latinisant plus durement, par aniea, eniea, inieœ, onieœ, se rap- prochaient les deux consonnances fortes de l'N et du G. Cétait une transformation qui voulait pent^tre rappeler le suffixe primitif des aXeux et le mettra en contact avec ceux des vainqueurs ; mais cette finale de la moyenne lat{* nité, à dur redoublement, devint particulièrement antipa- thique au roman et aux autres langues néa4attnBS qui se

À6N

AfiN

3J

xeoomposaiait. La malhearease terminaison en nicus, nka, nieum, qaelque voyelle qui loi serve de véhicule, a le don d*born|ûler tons les idiomes en voie de rénovation, et Ganse les écarts de prononciation les pins étranges.

En FrancOi le roman en fait anéguei, enègues, inègues, onègues, et anieheê, anénehe$, angeg, enge», inges, onge. Lelangaedocien emploie là-dessos sa voyelle féminine propre 9^ mais la forme en est conservée. Dans l'espagnol et Tita- lien, comme dans la langue d'Oc, se retrouvent des procé- dés identiques ; et il est remarquable qu'en Espagne, à propos de Faltération apportée plus tard par le languedo- cien sur ces désinences anègues, onègue$, etc., venant de aniea, enicm, onicm, se montre une articulation conforme k nos argu9ê, ergues, orgues. Voy, Argue, Canounje, des exemples sont cités.

Cette variété anègues, enègues, etc., ne débarrasse pas la désinence d'une certaine rudesse, qu'amortit à la vérité la présence de l'e ou Vo atone ou muet, sur lequel elle tombe en languedocien comme en français ; mais nous présumons que la flexion forte du g n'est ici que le résultat d'une exigence orthographique, quand il précède les voyelles a, 0, u, dans nos dialectes. L'exactitude de cette induction nous est démontrée par ce qui existe de pareil en français, et aussi dans la prononciation du languedocien des Hautes- Gôvennes. Ainsi, pour traduire le lat. veniat, nos monta- gnards disent : gué végno, et dans la plaine on prononce : 91M vèngue. Le premier est plus pur : mais cette diffé- rence a peut-être amené une autre combinaison : celle du g suivant Vn au lieu de la précéder. La mouillure est moins sensible : cependant ng n'est qu'un équivalent. C'est une importation du germain par les Francs ou les Yisi- goths, qui n'avaient aucune facilité à articuler notre ^, et qui l'ont démontré en changeant presque toujours nos dési- nences agne, oigne, eigne, igné, ogne, en ange, inge, onge, dans les dénominations. Quoi qu'il en soit, la formule ré- pond exactement, par la suppression de la voyelle e inter- médiaire, à celle des romanes anègues, enègues, onèguesj et ne sort pas d'une autre provenance. Dans le roman et au nord, l'influence germanique se fait plus sentir, on trouve, comme formes analogues dans la langue du moyen âge : il dunge, dogner et duner, donar et dogner; aviegne, avegne, avieneni;espreigne, preigne; et venge, tenge, donge; et viengne, Hengne, dongne, qui sont aujourd'hui: donner, advenir, prendre, venir, tenir; sans compter encore d'au- tres variantes qui ne laissent pas d'être frappantes et fort congruentes à notre siget.

Dans cette généalogie de désinences, ce qui est essentiel à retenir, c'est l'introduction dans l'accentuation d'élé- ments tout-à-fait nouveaux et inconnus au latin. Le G guttural et souvent doux se substitue an C toujours dur du latin; le CH chuintant, qui est celtique, aspire aussi à reprendre ses droits; enfin, dans les suffixes qui font le sujet de notre article et dans beaucoup de leurs variantes, jrar toutes les voyelles s'articule le GJH mouiUé, une des

flexions de la plus incontestable origine gauloise. Et ce n'est pas un phénomène des moins remarquables que la reproduction de ces mouillures gutturales et nasales dans tous les idiomes celto-latins au moment ils se renouvel- lent. Elles s'étendent même à U mouillé, que le fr. et l'esp. adoptent, bataille, halaJUa, etc., que l'ital. représente par^/ij, ^glia, bataglia, et notre dialecte par l'V tréma, fio, bataïo.

En résumé, quand on suit à la trace ces transformations, et qu'on étudie leur dégénérescence graduelle dans ses prin- cipes et dans ses causes, il est difficile de ne pas recon- naître, à voir leur identité d'emploi et de destination au- près du radical, que tous ces suffixes de même famille sont égaux entre eux, et que, depuis les primitifs AC = EC en passant par le latin, ils peuvent être ramenés, par une équation logique et rigoureuse, jusqu'à la forme usitée dans nos idiomes modernes, si originale qu'en paraisse l'expression au premier aspect. La singularité de physio- nomie qu'affectent parfois certaines désinences n'est pas» au reste, sans avantages : elle signale et met dans un relief plus frappant le membre sur lequel il faut d'abord opérer pour arriver par la dissection jusqu'à l'os, c'est-à-dire au radical. Dans la recherche des étymologies, il est bon d'avoir affaire à un mot ainsi surchargé, dont on peut du premier coup-d'œil dégager l'appendice à tournure connue d'avance. Mais la parité significative ou l'équipollence des terminaisons de même catégorie a une portée bien plus étendue : car si elle permet d'établir entre les mots et les noms, des analogies qui les font équivalents les ims aux autres, malgré la différence de leurs formes, quand ils pro- cèdent d'une racine unique, elle empêche encore et le plus souvent de confondre, avec un mot qui parait dérivé d'une langue de formation, comme le latin par exemple, une simple désinence, qui lui ressemble par sa physionomie, mais qui n'est en définitive que le produit d'une combi- naison régulière ou d'une altération successive. Ceci soit dit en passant pour notre finale Argue, à laquelle nous renvoyons. Mais que de ceci surtout ressorte clairement la loi d'afiînité, de concordance, d'égalité de valeur dans les désinences supplétives, ce résultat obtenu sera fécond ; et nous tenions à en consolider les bases. Les citations sous chaque mot feront mieux comprendre son impor- tance majeure. Voy, Argue, suff., Canounje^ Cassagno, Sdouvagnargue, etc.

Notre but ici, au moyen de ces observations générales, était encore de démontrer qu'au moins une partie de l'ancienne prononciation s'était conservée dans les Gaules, et qu'au moment de la rénovation de la langue qui devint notre idiome roman, tout imprégné de celte et de latin, qui ne faisait encore que se parler et se préparait à s'écrire en devenant la langue d'Oc, cette tradition était assez intense, assez enracinée pour constituer un de ses attributs essentiels, comme il arriva pour le français, l'italien et l'espagnol. La prononciation obligea l'alphabet à se com- biner autrem^ti avec la même énergie que la contraction

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AGR

AGR

qui resserrait les mots : œ furent les premières teadanoes de Tesprit nouveau. Cependant, le plus souvent, l'expression significative, dépendance respectée du radical, se maintint, et Taccent tonique persista, comme en latin, sur la der- nière syllabe forte ou sur la pénultième. L'intonation, ce sentiment mélodique représenté par la mesure et la quan- tité, garda même dans la langue d*Oc de ces réminiscences qui en ont perpétué Teuphonie presque matérielle en longues et en brèves, dont nos dialectes ne se sont jamais séparés.

Sans doute, il est difficile de bien apprécier la nature de ces diverses modifications à la distance nous sommes de ce mouvement intellectuel et euphonique de notre langue, quand les changements peuvent être le résultat de circon- stances fortuites ou de particularités d'origine, de sol, de climat, ou de tant d'influences ignorées ; mais nous essaie- rons de les distinguer et de les débrouiller avec patience, et à l'aide de tout ce que nous pourrons recueillir de lumières et d'enseignements.

Nos indications, si insuffisantes qu'elles soient, ne servi- laientrelles qu'à faire entrevoir la communauté d'extrac- tion de la langue d'Oïl et de la langue d'Oc, leur contem- poranéité de formation et de progrès, à montrer que celle-ci, déchue politiquement, mais aussi littéraire que jamais, n'est pas un des patois corrompus du français ; ces études, que de plus habiles compléteront, u'arriveraient-elles qu'à jeter une lueur bien faible sur nos origines et notre his- toire, qu'à sauver leur aridité technique par quelque uti- lité et un peu d'intérêt et de nouveauté, que nous persiste- rions encore à les suivre, et nous ne croirions pas notre labeur perdu.

Agnnè, adv. Cette nuit, ce soir. En vieux français, on disait : anmi.

I>ér. du lat. ad noetem,

Agnuècha (s*), v. S'anuiter, se mettre en chemin la nuit, voyager de nuit. Noum agnuêehan, la nuit se fait, la nuit nous gagne. En v. fr. $'anui$iêr,

I>ér. de Gnué.

Agôon, J. m. plur. Agôausse$. Le petit chêne-vert épi- neux; Quêrcu»eoeeif0ra, Linn. Plante ligneuse sur laquelle on cueille le kermès animal ou vermillon.

Agonrini (s'), v. S'acoquiner; prendre des habitudes de paresse et d'ivrognerie; fréquenter mauvaise compagnie.

Dér. de Gourin.

Agouttén, que, aéfj. Du mois d'août, d'arrière-aaison.

Dér. du lat. ÂuguMius, qui lui-même a formé aoûl, qui n'en est qu'une contraction.

Agrada, v. Plaire, convenir, être au gré; agréer, ap- prouver. — AquéUê éfam ê'agradau, fôou hut tnarida, ces enfants s'aiment, il faut les marier. Safaçounm'agrado, ses manières me conviennent. S'aqud vout agrado, si vous approuves cela.

Dér. de Gra, gré.

Agradèlo, j. f. Épine- vinette; B0rberii vulffariê, Linn. Arbrisseau épineux dont on forme des haies vives. Son

fruit en grappes est aigrelet et rafraîchissant. Ajfradéio est évidemment la corruption à*Aïgradéio, qui n'est qu'un dimi- nutif d'àigrê; c'est comme si l'on disait : VAigrdett».

Agràontouni (s'), o. Se recroqueviller, se ratatiner, comme des cretons ou graisillons, connus en languedocien sous le nom de gràoutoît.

Agrava, v. Couvrir un champ de sable, de gravier, par inondation. Gardois agravo tous pras, le Gardon couvre les prés de gravier.

Dér. de Gravo.

AgrévoQ, j. m. Houx, arbre toujours vert, à fleurs mo- nopétales en rosette, hérissées de piquants, à baies rouges, et dont la seconde écorce sert à faire la glu. De ses bran- ches flexibles on fait des baguettes, qu'on appelle pour cela des houuines, Ilex aquifolium, Linn., de la famille des Frangulacées ; assez commun dans nos bois.

Étym. du grec <ixp(a, qui est le nom du même arbris- seau, dér. de (Syptoc, sauvage, farouche, à cause des épi- nes longues et fortes de ses feuilles.

Agriable, blo, adj\ Agréable.

Trad. du franc.

Agrimouiè, j. m. Groseiller à maquereau, arbuste épi- neux, dent les fruits sont assez gros, mais moins doux que ceux du groseiller sauvage ordinaire; Ribes groistUaria, Linn. Son nom lui vient sans doute du goût aigre de ses fruits.

Agrimouîo, s. f. Groseille à maquereau, fruit de l'ar- brisseau précédent.

Agrîoto, «. f. Griotte; variété de ce qu'on appelle à Paris la cerise, à laquelle notre griotte ressemble beau- coup, au goût près. La cerise est fort douce et la griotte est fort aigre. Aquà's vrateoumo manjan d'agriotos, cela est vrai comme il neige des boudins. Badinan au numjan d'agr^Motf Mot à mot: plaisantous-nous ou mangeons- nous des griottes? Est-ce pour rire ou tout de bon T Tel est le sens. Dans notre dicton, les griottes se trouvent mê- lées par la raison que leur goût âpre et acide fait faire à celui qui les mange une grimace qui ressemble au rire, une sorte de rire aigre-doux, sardonique, laissant le choix entre le rire ou la grimace.

Agroomandi, v. Afiriander, ap&ter, affirioler. Le même que Agalavardè. V. c. m.

Dér. de Grouman.

Agroumia (s'), ou Agroumouli (s*), v. Se blottir; s'ac- croupir; se mettre en peloton ; se tapir dans un coin ; se ramasser comme pour rentrer en soi-même.

Dér. du lat. grumu», grumeau, qui a donné aussi gru- mèl, du primitif grum, grain, d'où grumo, etc.

AgroQtiè, «. m. Griottier, arbre qui porte la griotte. Voy. Gf%oUf.

Agmméli, v. Pelotonner, former des caillots, mettre en grumeaux. Se dit des choses, jamais des personnes, pour lesquelles on se sert de AgraumoulL

Dér. de GrutnM.

Agnmaa, «. m. Prunellier ou prunier sauvage ; Pmnmi

AGU

AIA

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tpmo$a, Linn., arbrisseau de la famille des Rosacées. Son fruit est d*une acidité et d*une âpreté remarquables. On dit également : Agrugnéei Àgruné/iè. Voy. Bouïssoù.

Étym. de dcypioç, sauvage, champêtre; le celt. avait aigr, aigre.

Agnmèlo, j. f. Prunelle, fruit de Yagrunas, dont on fait de Teau-de-vie.

Même étym.

Agn, part. pau. du v. Avédr$, avoir ; eu, possédé.

Agud, Supers, sing. du prêt, du V. Âvédre. Il ou elle eut.

Agiid T), adv. Aux aguets, à la piste.

Dér. du grec à^ito, considérer attentivement.

Agnîado, j. f. Aiguillée de fil ; aiguillon du laboureur : le bout pointu sert à piquer les bœufs, Tautre extrémité est armée d'une petite pelle, qui sert à racler la terre du aoc et qui s'appelle Bourbouuado.

Dér. à*Aguio,

Agnialas, j. m. Aquilon, vent du nord-est. Il souffle pour Alais des Alpes piémontaises. Il y a sans doute bien loin du latin Aquilo au langued. Aguiala», cepen- dant on ne peut méconnnaître entre les deux mots un air de famille. Le q du premier se change souvent en g par euphonie : c*est ici le cas. Quant à la terminaison, elle exprime évidemment un péjoratif caractéristique, car on ne parle de ce vent qu'avec aversion. Le grec a?YiaX6ç, rivage, bord de la mer, vent de terre, a peut-être aussi contribué à sa formation.

Agnîô, «. m. Porte-aiguille; pelotte, sorte de coussinet ou de bourrelet destiné à piquer les épingles et les aiguilles, recouvert et barriolé de morceaux de drap ou de velours. Autrefois les femmes de noblesse ou de bourgeoisie en fai- saient un ajustement de toilette qu'elles portaient suspendu à leur ceinture à côté de l'aumôniôre ou du daviè. (F. c. m.) Aujourd'hui des breloques remplacent ces deux symboles du travail et de la charité : la pelotte a aussi perdu sa place. Le mot lui-même commence à être hors d'usage : affaire de mode, trait de mœurs, signe du temps.

Odde, de Triors, dans ses Joyeuses Recherches de la langue tolosaine, de 4578, décrit comme suit ce petit bijou: c Aguillier est à dire vn petit peloton de drap que les fem- mes coustumierement tiennent pendu en leur ceinture, en- semble auec leur bource, auquel elles mettent et fichent leurs espingles, et doit estre tousiours beau, ioly, et s'il est possible neuf et la bource semblablement, autrement cela n*a point de nez, principalement quand de ieunes femmes le portent, car il n'est guiere beau et séant à vue ieune femme de prendre vn vieil Aguillier, non plus qu'il est beau de chausser quelque vieille sabatte, groulle, ou escarpin dans quelque belle pantoufle, toute neufue, ou mettre quelque vieil petas et pièce de drap vsée sur de belles chausses toutes neufues. Et pour preuue de cela, ie mettray icy en auant ce nouueau et assez vsité prouerbe en ceste ▼ille de Tolose disant ainsin : A bourço nauuo non eal aguillier vieil ; et hœc tint dicta nemine nominando. »

Agoio, J. f. Ai^ille à coudre, à tricoter; aiguille de montre ; pièce de fer pour planter les vignes ou les saules. Mentis pas la pouncho d'uno aguio, il ne ment pas d'un iota.

Dér. de Acus, ûs, aiguille.

Aguinclia ou Goincha, v. Viser, prendre pour point de mire.

Dér. de Guinche ou guènche, louche, parce qu'en visant ainsi, on ferme un œil pour mieux régulariser la ligne visuelle, et on a l'air de loucher. Peut -être encore ce verbe tire-t-il son origine de l'esp. ^wmar^ regarder du coin de l'œil, et a-t-il la même communauté de sens avec le franc, guigner.

Agusa, v. Aiguiser, rendre aigu, pointu, tranchant.

Étym. dulat. Acuo; acus, acutM.

Agasadooiro, s. f. Pierre à aiguiser. Voy. Chafre.

Ah I interj. Ah !

Ah I I interj. Ah ! pour le coup !

Aï, 4" pers. sing. ind. prés, du v. Avédre; \^2X.

Aï, interj. Aïe, cri de souffrance, de plainte, de sur- prise. — Ai! ma dén/ Ah ! la dent! Aï/ fas màouf Aïe ! tu me fais mal. Aï/ çaï ses ? Ah ! vous voilà?

Aï, diphthongue, c'est-à-dire réunion de deux voyelles produisant un double son par une seule émission de voix. L'articulation de cette syllabe, dans la langue d'Oc, se fait en appuyant sur la première voyelle, tandis que la seconde reste faible : la voix dominante ici porte sur l'a, elle s'adou- cit et s'efface presque sur l'i final.

En vertu du principe que toutes les lettres se prononcent et se font sentir, nous aurions pu éviter de marquer l'ï d'un signe particulier. L'italien et le grec n'en emploient pas : ils écrivent simplement farni, vedrai; 6Xaiç6ç, îl|i«i, xa(, et tous les infinitifs passifs; et leur diphthongue atala même consonnance que la nôtre. Cependant le tréma nous a paru nécessaire, d'abord pour marquer une différence dans la prononciation de l't entre ses variétés d'inflexion (F. la lettre /); puis, pour sauver une exception que nous étions forcé d'admettre. Voici le cas : le français a la diph- thongue simple, sorte de voyelle, formée des deux lettres ai, qu'il prononce tantôt comme é fermé, /atmai, tantôt comme è grave, j'aimais; or dans notre dialecte se rencontrent certains mots d'origine toute française, mais impatroniséset consacrés depuis longtemps parmi nous, quoique en assez petit nombre, notamment, pour les citer presque tous : air, Alais, mais, conjonc. Pour ceux-là nous demandons, en faveur des lecteurs habitués à lire à la française, de leur conserver leur physionomie orthographique à la française.

Certes, ils ne perdraient rien à être écrits comme ils se prononcent: èr. Aies, mé; cependant le moindre trouble à la lecture résulterait-il de cette configuration puriste, et il reviendrait souvent, ce serait assez pour justifier une exception si peu exigeante d'ailleurs. L'emploi du tréma sur l't après a devient ainsi tout à fait logique, et la règle se trouve mieux confirmée, en rendant sensible la distinction et en maintenant invariablement le son diphthongue sur aï.

s

M

itTG

KtG

Alado, «. f. Save» ft Tail, aillsode; coalis da paysuiiikit itee de l'ail, da peraii et da poivre. En Frovenœ, cette âance s'appelle eMi, parce quli y entre aussi de Thnile.

Dér. de Aïé.

Aîçaî, adv. Çà, deçà, de ce côté, mais un peu plus loin. '— IVraHTOtts aïçQï, passez de (à, de ce côté.

Dér. du lat. Hàc.

âîçaliii, adv. lei^bas, ci-dedans.

Gomp. de Aieï et alin.

Aiçamonn, ndv. Cà-haut.

Cotnp. de Àtei et amoun.

Afçamoimdàoa, adv. Çà-haut, mais plus haut encore que ta place occupée par Tinterlocuteur.

G)mp. de Aïei et amoundâou.

Aiçaval, adv. Çà-bas. Il est presque synon. de Aïçalin.

Gomp. de Aïei et aval.

Aiçi, adv. ici, dans cet endroit. D'atei-'n-laï, doré- navant. D'aXeWn-foro, en sortant dlci, de ce pas, doréna- vant.

Dér. du lat. BUs.

Aiçô, pron. démontt. Ceci. Que $éra tout aïçd? qu'ar- riverar-t-ilT que sera-ce que tout ceci? pôou qu'aïçà in- tara màou, j*ai peur que ceci tournera mal.

Dér. du lat. Hoe.

Afç j-^Anô, phr. faite. Ceci-cela, des si et des mais.

Aie, 9. m. Ail, plante de la famille des Liliacées, AUium iativum, Linn. Son oignon se divise en plusieurs gousses ttommées baségno. L'assemblage de ces ca&ux. forme une tète qu'on nomme hounèlo.

Etym. du lat. AUium.

Alèdia (s'), V. S aliter, garder le lit.

Dér. de lè.

Aièiro, «. f. ou Aignièiro, «. f. Evier, conduit, égoùt ded eaux de cuisine.

Dér. du lat. Aqu:irium. AiSiro n*est que la contrac- tion euphonique de aïguuiro.

Algadino, «. f. Ondée, pluie subite .d'orage peu vio- lente; une faible inondation, ou plutôt ^inondation d'un petit torrent, d'un ravin.

Dér. de Aigo.

Aigagnâou, «. m. Rosée, serein, vapeur exhalée de l'humus terrestre et condensée par le contact de l'air froid de la nuit. Malgré la démonstration physique, on dit : fbfh^ d'ùïgagttâou, comme si la rosée tombait d'en haut. Le languedocien, passe encore; mais le françiis, qui doit être et qui est en eflTet plus docte, dit 4 merveille : tomber d4 ta roêèe, le serein tombe; et personne ne s'en émeut.

Dér. de Aïgo et de gnuè, eau de nuit.

âîgaïè,t. m. n. pr. de lieu. Aigaliers, AquUerium, com- mune du canton d*Cz^. Voy. Aïgoike, et i^ro, $uff.

Afgajê, <. m. Ce mot a le même sens que a^gagnéou, ttsis il est plus générique; il désigne seulement riiumidité dèa prés, du teirain, de \sk faille de mûrie», trempas (fo MMé.

J

iigaràdo, 9. f. De l'eau roUgîe, du vin trempé outre mesttre étqui n'a conservé qu'une teinte rosée ; de la rïn- (ure, de l'abondance. C'est aussi tme ondée d'eau de vais- selle.

Aîgardén, «. m. Eau-de-vie, alcool, liqueur plus bu moins spiritueuse et incolore.

Formé de Aigo et du lat. arden9, brûlant. En esp., a§ua ardiente; en ital. anc. aequa ardente.

Aigardôntiè, «. m. Marchand, débitant, di^tlâXeur d'eau-de-vie; particulièrement les marchands adibulânts d'eau-de-vie, qui la débitent par contrebande dans les vil- lages et hameaux, loin des agents de la régie.

Aîgasso, «. /"., péjor. d*Atgo. Eau sale, de mauvais ^ùt, et même de l'eau piire, eu égard au mépris que lui témoi- gnent les ivrognes.

Aîglo, j. f. Aigle, oiseau de proie, de l'ordre des Ra- paces; Faleo fvdvu9, Linn. AquUa fu9ca. Le français fait une distmction de genre lorsqu'il s's^t de l'oiseau, âiirmàl, qui est masculin, ou de l'emblème, insigne, qui est alors féminin ; le languedocien n'admet pas cette diïlèrence ; seulement, lorsqu'il parle de l'aigle romaine ou napoléo- nienne, il francise tout à fait et prononce èglo. L'un et rautre mot sont d'origine française.

Aigo, 9. ^., dim. Aïguélo; péj. Atgaeto. Eau. Fâou pa9 dire d'aquél' aïgo noun béourat, il ne faut pas dire : fontaine, je ne boirai pas de ton eau, pour: il ne faut jurrâr de rien. Vôou pas Vàigo que béou, il ne vaut pas l'eau qu'il boit; c'est un homme de peu de valeur. pantatea d*aïgo9 trébou9, j'ai fait un mauvais rêve. Pér avédre bono aigo, fàou ana à la bono fon, pour avoir de bonne esiu, il faut aller à la bonne source ; qui veut bon conseil, ^adresse à bon conseiller. Faire lae aigo9, se dit des eaux qu'ime femme prête à accoucher rend aussitôt que pla- centa s'entr'ouvre pour laisser passage à l'enfant. Escampa d*aigo, verser de l'eau, uriner, pisser. Lae aïgoi li vènou as ièU, les larmes lui viennent aux yeux . Aïgo que coure fat pas màou âou moure ; en franc, du XV® siècle, on disait dans le même sens : Esve {eau) qui court ne porte point d'ofdures {Vrov. Gall., ms. cité par Le Roux de Lincy). Aquél viêl a êncaro bono aïgo, ce vieillard est en- core vert, il a bonne mine. Douna Vàigo, ondoyer un enfant. Van batéja émbé d'àigo mérlusso, il est mal baptisé, c'est un pauvre chrétien.

Aïgo-boulido, s. f. Eau bouillie, potage à Teau, au set, à l'ail et à l'huile.

Aïgo-dâou-mêinage, s. f. Eau de vaisselle, lavure.

Aïgo-courén, eau courante, rivière ou ruisseau. L'adj. reste au masculin, comme dans le mot suivant, seulement pour l'euphonie.

Atgo-for, S. f . Eau forte. Oîi donne cette qualification k l'acide nitrique ou sulfurique, àcause de sa force dissolvante.

AXgo sardos, saumure de sardines. La saumure s^èxprïme tfuài'par Aïgo-sdou, composé de aïgo et de edou, avec sup- pression de* l'anDdè, eomme dans les deuit ïboù aaiVanlt.

Ai»!

Àïgfhnafo-, eau da fleurs d'onaog^, eau de «^(i^ Da4at. 4^it^ napt^fha, mèDoesens.

4i^ref9> eau-rose, de fleurs de^rosiw.

Aï^sifnado, eau bénite. Sip^ado, marquée- du signe; d# lacnûx.

Étyiu. du lat) Àqua; du rad. celU Aa^ ac, ag, eau.

Aîgo-Morto, j. /". n. pr. Aigues^Mortes, ville, arroudis* siiement de Nîmes.

Ge nom est composé avec l'adjectif qu^ficatif et le re{iré8(entaot languedocien du celt. aa, aq, aqua, eau» trans* formé par le roman eve, ave, ive, euve, et ses nombreuses variantes. Il est entré de même dans Jv^Ftvo, Aignes- Vives (Gard), et autres.

AîgO'pomiGbo, s. /. Bourge-épine, espèce de nerprun ; HamtuM euihariicus, Linn. Arbrisseau de la famille des Frao^acées, dont la feuille, l'écorce et surtout les baies sont purgatives. Avec le suc épaissi des baies de ner*- pmn et un peu d'alun, on prépare la couleur verte connue sans le nom de vert de vessie.

Aiffoùs, onso, adj. Aqueux, de la nature de l'eau, qui contient de l'eau, abondant en eaui

Dér. du lat. Aquoius, formé du rad. celt. Aa, œ, ag, «W/Cau,

n n'est pas peut-être de radical qui soit entré dans la com* position de plus de mots, avec plus de variantes. Nous ne fai- sons pas ici un dictionnaire géographique, pour le relever dans tous les noms de lieu qu'il a formés ; mais nous le signalons dans quelques localités les plus rapprochées» pour constater certaines analogies étymologiques à l'appui de ce que nous disons des noms propres locaux. Ainsi Aïgouâo, Saint-Lau- rent*d'Aigonze (Gard), eiAïguéto, Aignèze (Gard), AiUgaiè, AquUerwm, Aigaliers (Gard), identiques entre eux, le seront encore avec Agusarguêi, Agusanieœ, Agusargues (Hérault), avecAgnaan» communede Gonqueirao(Gard) ; avec Aguessac (Aveyron), Aguillan (Drôme), comme avec Eyguières, Aquor Ha, et Eygalières, Aqtuiria (Bouches-du-Rhône) ; et de même avec.6uzargues ( Hérault), et Guzan (HérauH) , par apocope de Va initial. Tous ces noms sont dérivés de la même source, et la différance de leurs désinences n'ôte rien à leur com^ munanté d'origine et de signification, Voy, Argue.

AigO'YéB, $. m. Eau-versant, les eanx-versantes d'une montagne, terme de cadastre: l'arête, l'angle supérieur du prisme de la montagne ou de la colline.

D^. de Afgo et de vê$, en bass.-lat. Aqui-vergium.

Aigre, $, m. Coin de fer, outil quelconque faisant levier, quelquefois même une pierre plus dure que les autres, qu'on donne pour point d'appui au pied-de4>iche d'un levier, quand on vent soulever une masse, ou débiter un banc de piene, OB' faire une pesée. C'est ce qu'on nomme en français : er^fMÂ/. Ce mot, qui n'est guère usité que chez les carriers et les chaufibumiers, a donné naissance à un verbe fort employé, aïgréja, et dont l'acception figurée .est^clasai^pie e|.mn]ti|iUée dans ses applications. D^.dià,A)i0rep j^ étyin« lat. oeep, «ç^,.

k, SI», adj\ Aigre, acidev piquantam §oùt ; avi%» piquant, fâcheux, mordant.

Aigréjavt}. Aigrir, sentir l'aigre, toujraer àTaigra)— Voy.. Aïgre, adj.

Aigréja, v. Au prop. secouer fortement, soulever avec uu levier, faire une pesée. Au fig., mettre en monvemeot, mettre en route, décider. S* aïgréja, commencer à se remuer, se secouer, s'aviver, se mettre en train. Un enfant «'ai'^jo quand il se réveilley qu'il se démène et qu'il commence' à pleurer.

Dér. de Aïgre, s, m.

AigrétOff «. ^. Oseille; Bumex acetasa, HumexseutaiÊtê, Linn. Plante champêtre et potagère à saveur très^cide.

Dér. de Aïgre, adj.

Aigri (s'), v. S'aigrir, devenir aigre, passer à l'aigre.

Aiguéift, V. Laver souvent; arroser, mouiller, baigner; passer du linge à l'eau simple.

Dér. de Aïgo.

Aignièiro, t. /". Evier. Voy. AïtXro,

Allai, adv. De ce côté-là, de l'autre côté. LaietoM aquà aïlaï, laissez donc cela; brisee-là; n'en parlez plu», Voy, D'aïlaï, En4aï.

Formé du lat. Ad et Ulà, ou Ulàe.

Aîlamonn, adv. Là-haut, au-dessus, amont.

Formé du lat. lUà, et ad montent, vers la montagne, du côté d'en haut.

Ailamoundâon, adv. Bien plus haut. C'est un augmea* tatif d*Aïlamoun, en y ajoutant dâou, haut, qui est un réduplicatif de awioun.

Aîlaval, adv. Là-bas, aval.

Formé du lat. Illà et de ad vallem, vers la vallée, vers le bas.

Aima, v. Aimer, prendre plaisir à, se plaire à, désiren

Dér. du lat. Amare.

Aimable, blo, adj, Dim. AïmaUoin, aïmablita; péjor^ AimabUne, so. Aimable. Le péj. aïmabUte ne se dit qo4 par contre-vérité. Ses aïmablast vous êtes gentil! repro* che-tron à quelqu'un qui fait ou dit quelque chose dQ désagréable, de mauvais goût.

Amargue, j. m. n. pr. de lieu. Aimargues, qui s'écrit* vait aussi Aymargues, commune et petite ville dans le caib ton de Vauvert (Gard>.

Le nom à'Aimatgue, parmi ceux qui portent la raêma finale, se prête moins qu'aucun autre àlacombinaisoafim.'* taisiste qui voulait que toutes ces dénominationsdésignassent des maisons de campagne ayant aj^rteau dans l'origine anu^ plus nobles familles patriciennes de Rome, ou tout au- moins à leurs riches affranchis établis autour de la métropole 4a Nimes. Dans la composition du mot, il n'entre ni le nonv d'homme ^miUw, ni même le latin ager, domaine.

Pour s'en convaincre, il suffit de dégager d'abcfid^ lai désinence adjective argm, sur le sens et Torigiae de l%w quelle nous nous^expliquons* Voy. Argm^, Reste le^ corps du mot ; et remaïquoDs^iu'U a «ûbi)Mett*âesrlraiifrP'

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AIN

Aïs

mations, et que sa lorme la plus récente n*a pas pu d'évi- dence autoriser sa plus ancienne dérivation.

Or, le premier titre latin qui mentionne cette localité, est de Tan 84 3 ; elle y est appelée Ârmasaniea in littora- no. En 961 , et dans les actes publics depuis cette époque, on écrit tantôt Armasianici, Armatianieœ, tantôt ArmcLda- nieœ, Armaxanieœ, qixï se fixent enfin en Armcuanica,

Dans le même temps, comme pour tous les noms à finale identique, la langue vulgaire disait Armasanêgues, qui se trouve dans les vieilles chartes, et plus tard Emargues, Marguêê, Aimargues.

En latin, comme en roman, on le voit, le radical est le même; et il s'est conservé en languedocien. Armas ou Ermas, qui signifie, dans notre vieil idiome, marais, ter- rain marécageux, vague, inculte, s'approprie très-bien à la situation d*Aimargues, encore in littoraria au IX* siècle, et à plus forte raison quand l'appellation dut lui être ap- pliquée. Arma$aniea ou Arma$anigue» supposent le pri- mitif Armat-^c ou Arma$-^, ayant passé par Armaê-ana ou Armas-ata, latin, et n'ont pas d'autre sens que, champ, domaine, propriété, villa de VArmtu. Ce qui est modeste, et moins flatteur peut-être que la descendance romaine ou gallo-romaine de jEmiliut, mais plus certain et plus naturel. Voy. Agno, tuff.

11 est vrai que, dans la forme nouvelle, la substitution, sur la première syllabe, de la lettre t à la consonne r est étrange; mais le fait n'est pas isolé, on le dirait même sys- tématique dans la composition de noms de ce genre dans notre pays. En effet, pour le Gard seulement, on trouve Gondargues, représenté par le lat. Gordanieu» et Gorda- nieœ; Boussargues, par Brossanieœ; Bassargncs, par Bar- Monieœ; Goussargues, par Gorsanieœ; Massargues, par Mananieœ.

Malgré les variétés de désinences qui se sont attachées à la racine, il convient de rapprocher les analogies qu'in- diquent et que justifient les changements eux-mêmes du nom d*Aimarguê que nous venons de signaler. Ainsi nous trouverons les mêmes mots dans : Arman (Basses-Pyré- nées); Armeau (Isère); Armens (Gironde); Armons et peut^tre Armagnac (Gers) ; Herm (Landes et Basses-Pyré- nées) ; L'Herm (Gironde) ; L'Herm (Ariége, Haute-Garonne, Lot) ; Hermaux (Lozère) ; Armes (Isère) ; Arinissan, Armel- lan (Aude); Armilhac (Lot-et-Garonne). Que ces dénomi- nations ethniques viennent de notre armas, langued., ou du gr. fpi){AO{, qui a fait le lat. eremus, leur identité est incon- testable, et justifie notre système de formation des noms.

Aina* ado* j. et aàj. Aine, ée , le premier des en- fants; par ext. personne plus âgée qu'une autre. Dans les familles villageoises, il est d'usage de distinguer le fils atné en l'appelant Vaïna, le puiné eadé, et les antres, de leurs prénoms. Faïre un aïna, faire à son fils aine tous Ifli avantages que permet la loi. Sèê moun aïna quatre

U vous êtes plus âgé que moi de quatre ans.

Dér. du lat. anH naiui^ avant.

Air ou £r, j. m. Air, fluide qui entoure le globe ter» restre; vent, ventrcoulis; mine, manière, physionomie, façon, allure; chant. Ana$ préne Voir; adiez prendre l'air. Faï d'air, un pdou d*air, il fait de l'air, il fait un peu de vent. A prés un air, un co d'air, il a pris froid, il a une fluxion, une transpiration arrêtée. Prén un air, il prend des airs de fierté. A un air se feha ièou, il semble vouloir se moquer de moi. Dono d'air à soun pèro, il a un air de ressemblance avec son père, c'est tout le portrait de son père. N*a pas l'air, il ne parait pas. Cantor nous un air, chantez une chanson.

En l'air, adv. En l'air, en haut.

Dér. du lat. Aër.

Aîradé, s. m. Airelle ou myrtille, Vaeeinium myrtUlus, Linn.; petit arbuste de la fam. des Bruyères ou Ericacées. Il croit sur les hautes montagnes, et ses fruits sont assez agréables au goût.

Dér. du gr. AtÇ, a^y^ç, de chèvre, plante de chèvre.

Aire ou Ëré, s. m. dim. de Air. Petit air ; air, mine, tournure. Un aire rharman que noun saï, un petit air, une tournure charmante et gentille comme on ne peut mieux.

Airéto, s. f. Petite enclume de faucheur pour rabattre la faux, pour étirer son morfil.

Airiè, s. m. Chef d'une aire à battre le blé; celui qui en dirige les opérations.

Dér. de A\ro.

Airo, «. f. Dim. Aïréto, Aire, plate-forme pour battre le blé ; plate-forme pour les tuiliers, les potiers.

Di^rivé du lat. Area,

AîrôoQ, s. m. Dim. Aïroulé. Airée, la quantité de gerbes qu'on foule à la fois sur l'aire ; jonchée de diffé- rentes choses répandues sur la terre. Bamassa la pas- turo à bèUs aïrôous, ramasser du fourrage trop clair-semé par jonchées de quelques pouces d'épaisseur.

Dér. de Aïro.

Aisa, do, adj. Aisé; mais il n'emprunte àcet adj. franc, que cette seule acception relative à l'aisance de fortune. Appliqué aux personnes, il signifie : douillet, délicat, qui aime ses aises, qui plaint sa peine. Dans ce sens, il se rapproche de Coumode, F. c. m. Aqud po se dire un hamê aïsa, voilà un homme qu'on peut dire jouir d'une honnête aisance.

Dér. de AUe.

Aîsanço, s. f. Commodité, faculté, convenance. Par opposition au mot précédent, aisanço n'est jamais employé pour aisance de fortune. Aquà*s une bèlo aîsanço, cela est fort commode, cela évite de la peine, des corvées. L'aXsanço d'un ouslâou, la bonne distribution, les facultés d'une maison, un arrangement commode chaque choee est à portée.

Dér. de Aïse,

Aisa, «. m. Dim. Aïeé, augm. iron. Aïsas, Aise, ooa* lentement, commodité, repos heureux, satisfaetion,

AÏS

AJU

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gêne. Sotil en aU$ vous véire, je suis charmé, bien aise de vous voir. AqtUl Kome éi à soun aXse, cet homme jouit d'une honnête aisance. Faraï aqud à moun aïs$, je ferai cela à loisir, sans trop me presser. Marcha à toun aXie, marcher à pas lents, an pas de promenade. Y-ana d'aXtê, aller doucement, avec précaution, sans se presser. Prénê nus aïses, se prélasser, se dorlotter : c'est le far- niente des Italiens. Vaï à toun aM$a*, moun home, ne te gêne pas, mon garçon.

Étym. du gr. ATaa, convenance, bienséance, d'où aîdioç, heureux, favorable.

Aises, j. m. pi. Êtres d'une maison, d*une contrée. Sa loue aïses, se perdra pas, il connaît la maison, le pays, il ne s'égarera pas. Un chasseur doit connaître tous aïses, les allures, les mœurs, les remises du gibier.

Aid, ido, adfy Commode, facile; bien à la main. Aquéloustdou es bien aïsi, cette maison est fort commode. Aquélo pioio es bien aïsido, cette cognée est bien à la main. Sa fénno es pasgaïre aïsido, sa femme est d*humeur revèche et peu facile à vivre.

Dér. à'Aïse,

Aisino, «. f. Nom générique que l'on donne à tout ustensOe, ou meuble, ou vase, qui sert à contenir soit un liquide, soit un solide. Ainsi, un panier, un plat, un seau, un tonneau, sont tout autant ài'aïsinos.

Dér. de Aïeï.

Aissado, s. f. Dim. Aïssadéto. Marre, houe, outil de jardinier. Dans les Hautes-Cévennes et dans le Vivarais, cet outil a un manche assez court, sa lame est triangulaire et légèrement recourbée en-dedans; c'est la même forme que la maille ou maigle de Bourgogne et la chèvre de Lor- raine. A Alais et dans les environs, le manche en est long, la lame large en carré-long et tranchant au bout ; sa sur- face est plate; elle décrit un angle de 45 degrés avec son manche, qui s'y joint par un anneau ou œil et non par une douille comme la pelle. Vaïssado ou trénq%ui jardi- gnêtro est plus large de lame; l'angle de la lame et du manche est plus aigu que dans le précédent outil. Celui-ci sert particulièrement aux jardiniers pour faire les semis ou piantattoos à raies dans un terrain meuble, et à creuser les canaux d'irrigation.

V Aïssadéto est une serfouette, petit outil à lame pointue du bout, à l'usage des jardiniers et fleuristes, pour gratter la terre autour des plantes jeunes et délicates.

D6r. du lat. Aseia.

Aûsadoù, s. m. dim. Le même que le précédent Aïssadéto.

Ai8sé)a, V. Se plaindre, geindre, soupirer.

Formé de l'interj. Aï/ Ces sortes de formation des vertes fréquentatifs sont un des caractères particuliers de la langue d'Oc. Les augm., les dim.« les péjor. appartien- nent à un même ordre d'idées. Il est peu de mots dont on ne puisse Uàre un verbe, et peu de verbes qui ne puissent ncB9m et sdmettre la désinence éja, qui amoindrit, adou- C^m leuforoe même le sens primitif.

Aisséjaîre, ro, adj. Douillet, qui aime à se plaindre, qui ne cesse de gémir ; malade imaginaire.

Aîsséto, s. m. Aissette ou aisseau, petite hache de ton- nelier et de sabotier, dont le manche, d'environ six pouces de long, porte un fer qui a d'un côté un large tranchant recourbé, et de l'autre une panne, un marteau, et quelque- fois une douille simple.

Étym. du lat. Ascia, hache.

Aîsséto, s. f. Plainte faible; soupir continu d'un enfant qui souffre, propre particulièrement à Ma fièvre. Aqud éfan méno uno aîsséto que dévigno pas rés bo, ce pauvre enfant a une manière de se plaindre qui n'est pas de bon augure.

Même rac. que Aïsséja.

Aîtabé, Tabé, Aîtambé, També, adv. Aussi, aussi bien, à cause de cela.

Formés de Tan ou aïtan, autant, et de bé, bien.

Aitan, adv. et s, m. Autant, tant. Un âoutre aïtan, une autre fois autant.

Ainènclia (s*), v. S'éloigner, s'écarter d'un lieu, d'une personne.

Dér. de iuèn.

Aja, ado, adj. Agé, qui est avancé en âge.

Trad. du franc.

A-Jal interj. Cri de commandement d'un charretier pour faire obliquer son attelage à gauche.

Ajassa, v. Coucher par terre, ou sur un lit. Bla ajassa, blé versé.

Ajassa (s*), v. Se coucher, s'étendre. En parlant des vers à soie, il signifie : entrer en mue, se coucher sur la litière {jas). Lous magnas couménçou s'qjaua; s'ajas- sou à las quatre, les vers commencent à entrer en mue ; ils sont à la quatrième maladie.

Dér. de Jas.

Aje, s. m. Age. H semble une simple traduction du franc. C'est un de ces mots qui, manquant à la langue, ont être empruntés à leur voisin. En bon languedocien, on l'évite autant que possible. On dit très-bien cependant : Vn home d'aje, un vieillard. Es éncaro d'un bon aje, il n'est pas encore trop âgé. Se fat adija din Vaje, il commence à être d'un âge assez avancé.

Ajouqua, v. Jucher, percher, accrocher en haut.

Ajouqna (s'), v. S'accroupir, s'assoupir, s'endormir sur sa chaise; en parlant des perdrix, se raser, quand elles aperçoivent l'oiseau de proie.

Etym. du lat. Jugum, perche, juchoir, ou de Jaeere.

Ajougne, v. Atteindre, attraper, joindre quelqu'un qui marchait devant.

Dér. du lat. Adjungere.

Ajnda, v. Aider, secourir, venir en aide. Les villa- geois, lorsqu'ils invitent à dfner un ami, ne manquent jamais de lui annoncer le mets principal du repas. Ainsi on lui dit : Vendras m'ajuda à mat^'a uno ésptmléto, tu

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ALA

ALA

viendrns pivndre U\ part d'une ••claMch»\ Diou m'ajute. Diou ino s<»il en aido.

Dt*r. du la t. Adjuvare.

Ajudo, s. f. Aido, secours» assislaiico, prolr^clion ; celui qui aide dans un travail. As uno bono ajudo tmbé ta fénno, lu as un Ijdu associé av(\' ta fcinine. Siès pùouro ajudo, lu es d'un Taiijle si»cours. Ln pdou d'ajudo (ai gran bé, Prvb, un peu d'aide fait grand hien. On dit alter- nativement : Iton dre a besoun ou n'a pas besmin d'ajudo, le bon droit a ou n'a pas besoin d'aide. Le ]>reiiiier sens est rassurant: il ne faut i)as toujours se lier au second.

Dér. de Adjuvare.

Ajusta, r. Ajouter, joindre, ajuster, additionner, n)ellre (luelquc cb«\se île plus ; viser pour atteindre uri but en tirant. Les pn'uiières acceptions dériv(Mit de adjutuferv, joiiulre (MisiMnbli* ; la dernière est formée du lat. ad-justum, juste, droit.

Ajustoù, .V. m. Petite pièce de bois ou d'étoile, ajoutée par assemblage ou par coutun» .'i une autre trop courte ou trop étroite.

Dér. du lat. Adjungere.

Al, artic. masc. 5m<;. //af. Au, rornan-languedocien ; iini- silé aujourd'bui dans notre dialecte, mais encore emj)lo>é dans la régi-n montagneuse des Cévennes, et même dans une partie de Tllérault. 11 est formé par la contraction de à lou, (pii a donné dou. l'oi/. Aou.

Al est aussi l'article arabe (jui s'est incorporé ^ quelques mots lang. et fr., tels que alamb),e\c.

Aladèr, .v. m. Alaterne vSauvage; fihamnus alaternus, Linn. Arbrisseau de la famille des Frangulac^^'es, toujours vert, qui croit sur nos collines et surtout parmi les bruyères, auxquelles il se trouve mêlé quand on s'en sert pour ranger les vers à soii*; sa feuille ressemble à celle de l'cjlixier. Son nom lat. alaternus est probablen)enl une altération de alternus, parce (jne les feuilles de Valad^r, alaterne, sont alternées sur leurs brandies.

Alafan, s. m. Llépliant; Elephas maxîmus, Lirni. Manj- mifère onguiculé de la fam. des Pacbydermes. Alafan est une pure corruption du français ou plutôt un purisnie languedoci<ui, dont le génie tend à s'éloigner du type fran- çais, ab)rs qu'il est obligé de lui faire un enq)runt.

Élym. du lat. Elephantus, dér. du grec KÀfya;.

Alais ou Aies, s. m. n. pr., Alais, ville. Ce nom a exercé bien des l\)is les in\estigations des étymologistes. On a prétendu rexpli(]uer par les armoiries de la ville, puis par sa configuration et môme par son orientation. L'écusson porte, en eiïct, un demi-vol d'argent sur cbamp de gueules; mais avant ré|)f)que incertxiine celte aile lui fui doiniée, avant que la science du blason eiit été mise en bonneur, la ville et son nom existaient, cl n'est-il pas naturel de penser que le nom fil naître l'idée de prendre une aile comme armes parlantes, au lieu d'imaginer que les armoiries inspirèrent le nom? 11 parait tout aussi difficile d'admettre les autres systèmes. La rose des vents n'était pas inventée avec ses

indications d'/:.v/ et d'Ouest, (juand le bapt^'^me se fit. D'ail- leurs la forme Atest dérivait de Alestum, traduction latine a l'usage des tabellions, du nom roman Aies, de lieaucoup plus ancien. Enlin, connue la ville ne s'était pas impro- visée d'un seul jet dans nu moule tout tracé, comment c^Hle ligure d'aile aurait-elle été assez nettement dessinée dès sa ])reiiiièri' plinne, alors qu'il fallut la nommer, pour iléternjiner rallusion ? Le mot ile l'énigme n'est pas dans ces découvertes, jilus ingénieuses que vraies, l'ne autre solution du problème se présente.

("<'st au mot lui-même (ju'il faut s'adress'^r pour trouver s:i racine. Or, l'bisloire l'ail remonter le nom d^Alesia aux Ages les plus reculés. Llle raconte que, treize siècles envi- ron avant l'ère cbrélienne, les Celtes, sous le nom de Volces Arécomicpies, qui <<.rupaient le littoral méditerranéen de la Gaule, eunMil A lutter contre une invasion de naviga- teurs pbéniciiMis, descendus sur leurs ri vag<^s. La colonie de Tyr venait »'\plorer ces contrées inconnues et y apporter sa civilisation et le commerce. Son but était d'exploiter les mines de nos Cè\eini»'s, ror«.'t l'argent se rencontraient alors pres(jue à fieur de terre, et de faire l'écliange de ses jjroduits. Elle établit deux st:nions commerciales, à proxi- mité l'une de l'autre, j)our s' prêter un mutuel seœurs. La première, plus voisine de la m m*, s'appela IS^amauz, de Mawa, en Ci'ltii|U!\ l'onlain.', ou de yeimkeish, gai:'lique, (jui se prononce iScmcse, d'où on a fait IScmausus, ISismes et yiincs. La s'coiiile, plus baut, au centre de l'cxploita- li<ni et du tralic, fui nommée A/esia.

L'attribution est certaine jiour Mmes; les plus graves bistoriens ne la mettt'nt pis non plus en doute pour Alais. S'il eu était autrenu'Ut. il serait au moins singulier de trouver, après tant de si'rles, les deux no:iis s'appliquant aux deux localités dè.^ignées par les anciens géographes grecs, dans les mêmes conditions lopograj)liiques, avec la même raison aj^pellative, et uJie pareille communauté' d'ori- gine et d'existence.

Au reste, celte Afev'a primitive, malgré l'opinion de M. de Mandajors aujourd'bui abandonnée, n'a rien de com- mun av(\', VAlesia de Vercingétorix» que la ressemblance de son nom, tiré du mêiiie radical <'t exprimant une posi- tion semblable. L'invasion d H 'roule dans les Gaules, ses conquêtes et ses voyages ne sont qui^ symbole de la marche et des j)rogiès di' l'antique civilisali m phénicienne, et ce n'est cpie par une flatterie imaginé^ sous Auguste, pour bononîr la mémoire de César, vainqueur d'Alesia, que la fondation de la grande cité gauloise fut rattachée aux aventures du demi-di.ni mytliologi(pie. Mais la confu- sion n'est pas possi!»le; car les commerçints de Tyr n'au- raient pu pénétrer si avant dans les terres, ni s'éloigner des Cévennes, leur exj)loitalion de l'or les avait attiréa et les retenait.

Cam{)emenl Jlxe. .station commerciale ou ville, il importa peu; rien n'est resté que les deux noms. Voilik pour lai inductions historiques.

kt'k

cioifiine aërmôre Ipreuve, lîom a b^oîn S'être soumis à TaDaiyse àâns sa composition. Il tient au celtique, piiisqùe la langue du pays il était employé pouvait seule servir à la dénoininaiion ; et dans cet idioène il doit être sîghlfîcalîf .

Constatons d*abord la forme la plus ancienne : c'est celle qui, dans les noms propres et de lieux, rend le mieux ooinpte de leur formation, qui les suit et s'attache à eux avec le plus de persévérance. Pour Alais, mot est écrit dans lés vieilles chartes Aies ou ÂUêx, Âlesià ou Àlexia est composé selon le génie du grec ; mais la désinence expié- tive' laissé facilement apparaître le radical primitif.

Les deux syllabes du mot appartiennent au celtique. JH ùll, cité par Virgile et expliqué par Àusonne {Àl Ce/tonim), signifie : hauteur, élévation, sommet, montagne. Il est reproduit par le latin altus, correspondant à excelsus; et dans toutes les langues dérivées, il em^rte égalemeiït ridée de hauteur. Es ou iz final est aussi d'origine gau- loise, n est fréquent dans les noms du Midi , on le relfbave pour déàigner une ][>ortîon de territoi^re, une région. II imprime à la racine al, en s'y joignant, comme une idée provenance, de dérivation. Dans ce sens, le mot entier ne pourrait que signifier : pays élevé, contrée haute, vère montagne. C'est là, en effet, la désignatfoù îà plus caractéristique, celle qui exprimait le mieux la polàltiqn, qui s'appliquait exactement à un certain territoire'. Quand ta ville, plus tard, vint à se bâtir, il était naturel Fa dési- gner par le nom appliqué au pays sur lequel elle s'emplaçait. Ses commencements furent si faibles, qu'ils ne méritaient pas d'abord de dénomination spéciale de vilîe. Mais tout concorde et se réunit pour rendre ces faits et îeiirs circon- stances vraisemblables ; il n'en faut pas davantage pour que notre ëtymologie soit juste.

Après les diverses altérations que nous venons d'indi- quer, le nom était revenu à sa forme primordiale ; il s'écri- vait Aies ou Alez, en français, au commencement du XVIIf* siècle. Alors, pour éviter la confusion avec une autre ville du Midi, son orthographe définitive fut fixée en Alais.

Nous la maintenons ainsi ; mais sans vouloir pour cela que sa prononciation languedocienne soit altérée, pas plus qu'elle ne devrait l'être en français. Les habitants du Nord nous chicanent un peu sur ce point. Ils prononcent Alais comme Calais, palais, etc., et s'étayant de l'analogie, ils trouvent ridicule qu'en Languedoc nous fassions sentir, en parlant, le s final. Serait-ce vraiment un gasconisme que l'on aurait le droit de nous reprocher, et une contravention an beau langage, dont tout le Midi se rendrait coupable? liais si les puristes ont raison de blâmer cette manière de faire sentir ici la consonne finale sifflante , pourquoi l'adop- teàt-ils lorsqu^il s'agit de Reims, de Sens, A'Aix, qui, à coup sùf, ne se prbiloncent pas comme reins, sans, faix, qU f Pour vivre et parler de bonne intelligence, ne vàu- oraii-ir pais mieux: se montrer moins difiiciles? (t est inu- tile d'aborder une discussion sûr les noms propres' et de lieux» mais il nous semble qu'on ferah'Bien' de i^soiiare

Âtl

3^

la question en favéiir la prononciation locale^ qui dô^t èti*e généralement adoptée : car c'est la seule manière de s'entendre partout, et même de parler correctement. ^,

Handa ou Alandrà, o. Ouvrir une porte , une fénètré à deux battants. De même qu'on dit : Manda la porto, ouvrir tout à fait la porte, on dit aussi : Alandà hu troûpU, l&cher le troupeau, le faire sortir de la bergerie grande ouverte ; Alandà lou fid, faire brùleir le feu , et Alahéfa sa mérchandiso, étaler sa marchandise. Dans toutes œs acceptions, il se trouve un certain contact, une sorte de rapprochement qui peut servir à expliquer la racine du mot. Ne viendrait-il pas de àd laium, au large? Alânda (s') v. â'ètendre par terre, tomber de son long. Alaingui, ido, adj. Triste, languissant; abattu, affaibli par le chagrin ou la maladie. Dér. de ixinguï, venant du lat. Languerè, Alâougàîrl, v. Décharger, alléger, fendre plus léger. S'aldougêtri, se dévètfr, prendre des habits plus légers. Le proverbe dit :

Aou mes ^ab'rlou

TalAougèïres pas d'un flou ;

ÂovL mes maï

Fâï éé que plaî,

Aiiiat ëdcai^ nôuii saï :

Au mois d'avril, ne te dévêtis pas d'un fil ; au mois de mai, fais ce qu'il te plaira, et je ne sais encore si c'est pnident.

Dér. de Lâougé.

Alâouso, s. f. Alose; Clupeà àlosa, Linn. Sorte de poisson de mer qui remonte Rhône par grandes bandes pour aller déposer son frai. Sa chair est fort bonne après qu'il a vécu quelque temps dans l'eau douce, tandis que, pris dans la mér, elle est sèche et mauvais goût.

Alapàs, «. m. Bouillon-blanc; iterha^cum lapsus, lAnn. Plante cotonneuse, âl fleur blanche ou rose, agreste, adou- cissante, vulnéraire, détersive. Vog. Bouïoun-hlàn.

Alapédo, s. f. Asphodèle ; Asphodélus, Linn. Vola- pédo à fleurs blanches est fort commune dans nos bois. De la pulpe de sa racine, on fait une espèce de pain assez mangeable. Cette qualité était sans doute connue des anciens : car les' Romains avaient fait de l'asphodèle une plante des tombeaux; ils la plantaient autour des mo- numents funèbres, pour donner aux morts ou à leurs mânes le moyen de se substanter. Voy. Poùraquo.

Alargà, t/. Elargir, faire sortir un troupeau de la ber- gerie. — S'alarga, s'étendre; devenir libéral. QiMn-t-un vtlèn s'alargo, tout y vd%, il n'est rien de tel qu'un vllâîn qui se met en train.

Dér. de Large.

Alari (Sent-) , n'. pr. Saint-Hilaire, nom commun' à pfù- sieurs villages.

Du lat. Bilatis.

iàarîa, V. Elargir, rehdfre ptiis large, uii vêlémëiil, iltl champ, un ine\iblé, un cânkl, ùïiè fenêtre, iffi trou.

li^r. de targe.

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ALË

ALI

Alarmo, f . f. Tocsin. Ce mot n'a pas d'autre acception. n est formé de à Varmo, aux armes, cri pour courir aux armes à l'approche de l'ennemi. En ital. on dit : M'arme.

Alata, V. Elargir un troupeau, lui donner la clé des champs. Le même que Alarga.

Dér. du lat. adlata, sous-ent. dêJueere,

AlccYTO, «. f Alcôve. Corr. du fr., m. sign.

Étym. : al koba ou el-kauf, en arabe, cabinet l'on dort, tente. En esp. Alcoha et aleova.

Alédro ou Ânédo ou Coutèlo ( V. c. rn.), s. f. Narcisse blanc des prés. Narcissui poetîcus, Linn.

Dér. du lat. ÂlbeJo, blancheur.

Alègre, «. m. n. pr. Allègre, commune du canton de Saint-Ambroix , arrondissement d'Alais, et nom pr. de plusieurs autres villages. 11 est aussi quelquefois nom pr. d'homme. En lat. on le trouve écrit dans les anciens titres, AUgrium et Alergium.

Ce nom est assez répandu; mais sa désinence n'est pas commune, car on ne la rencontre, dans noire langue, que dans péeègre, pernea, et sègre, iequi, avec ses deux composés eoussêgre çXpér sègre. Cette circonstance, et surtout la variante latine, semblent être l'indice d*une altération ou d'une trans- position de lettres dans la terminaison. En ce cas, un primitif en irge se laisserait soupçonner, et, parla prononciation du g dur, on arriverait à èrgue, finale adjective identique à argue. Les exemples de ces inversions ne sont pas rares.

De là, le corps du mot ne présentant d'ailleurs qu'une variété d'orthographe bien coimue et insignifiante, Tana- logie serait directe entre Alègre, Alargue, et Aleyre, et Alèirargues, qui ne sont eux-mêmes qu'une forme de Alairac (.\ude); Aleyrac (Drôme, Hérault, Haute-Loire); Alèira, Alleyrac (Gard) ; Alleyras (Haute-Loire) ; Allerand (Marne) ; Allaites (Morbihan) ; Alayrac (Aveyron, Tarn) ; Alairas (Ardèche); Allcyrat (Corrèze, Creuse); Alliéres (Sarthe) ; qui auraient produit, par apocope de l'a initial, Layrac (Ihute-Garonnc et Lot-et-Garonne) ; Leyrat (Creuse) ; Lirac (Gard) ; Leran (Ariége) ; Leren (Basses-Pyrénées); Laires (Pas-de-Calais) ; Lairargues (Hérault). Tous ces mots ont, en effet, pour racine \ealgallicum,^Q Virgile, a/ Ce/tarumd'Au- aonne, pour indiquer l'altitude, l'élévation, les montagnes. La conformité du nom de notre Alè$, Allez, Alais, semble encore le ranger dans la même famille étymologique.

Alémagno, n. pr. Allemagne. On donne le sobriquet à*Alimagno à un Allemand, ou même à quelqu'un qui a voyagé et séjourné en Allemagne.

Aléman, ando, adj. Allemand. Jmm Alémandos est devenu le nom d'un quartier se trouvait une ancienne taverne; c'est aujourd'hui une tuilerie à un kilomètre d'Alais, sur l'ancienne route de Saint-Ambroix. Il doit y avoir un siècle à peu près, deux femmes, des Alsaciennes peut-être, vinrent établir une buvette qui attirait les chalands. Elles se firent peindre sur la façade de la maison par un barbouilleur de l'endroit; cette image, à demi effa- cée, se distingue encore : de le nom, qui s'est conservé.

Alénga, ado, adj. Grand parleur, beau diseur ; qui a la langue bien pendue, bien affilée ; qui a réponse à tout.

Dér. de Léngo.

Alerte, adj. seulement /em. Alerte, éveillée, vive, dé- gourdie.

Trad. du fr.

Aléstl, V. Préparer, apprêter; disposer; mettre en état.

Dér. de Leste.

Aléva (s*), V. Se lever. Ne se dit que du temps quand il tourne au beau, qu'il se lève.

Algarade, s. f. Algarade; mercuriale, réprimande; re- proches bruyants et publics.

Étym. de l'arabe et de l'esp. Algarada, qui signifie : course sur l'ennemi brusque et imprévue.

Alibeufiè, s. m. Aliboufier ou alibousier, storax, styrax; Styrax officinalis, Linn. Arbre de la fam. des Ébénacées. Il découle de cet arbre, dans les pays chauds, un suc bal- samique connu sons le nom de storax, que l'on conserve ordinairement dans des roseaux, ealamtn ; de le nom de calamité appliqué à cette résine.

Son étym. serait-olle prise de Aie, haleine et de boufa, souffler, à cause de son odeur d'encens T

Aligna, v. Aligner, ranger sur une même ligne droite. S'aligna, se battre en duel.

Dér. du lat. A pour ad, et linea.

Alimâeul interj. Péj. Alimàoudat! Animal! butor! grosse bête! Il n'est employé qu'interjectivement et presque jamais comme subst.

Cornipt. du fr. Animal.

Alimase, s. m. Limace, limaçon sans coquille, mol- lusque rampant, visqueux. Marcha coumo un alimase, il marche à pas de tortue.

Dér. du lat. Limax, venu lui-même du grec X£(uaE; Xstjxcav, pré humide.

Alin, aiv. Là-bas. C'est à tort, selon nous, que Sau- vages le traduit par là-dedans. C'est sans doute la termi* naison, qu*il a prise pour la'préposilion latine in, qui a causé son erreur. Il est bien certain que alin veut dire làr bas, bien bas, plus bas encore que avaZ; jamais il n'a signifié : là-dedans. Il est formé du lat. Ad et imum, au fond.

Alireù, s. m. Aileron, extrémité de l'aile à laquelle tiennent les grandes plumes. Le mot est formé de même que le fr., mais non pas d'après lui : car ici le languedo- cien est au moins son contemporain.

Dér. de Alo.

Alisa, V. Polir, lisser ; ratisser ; enduire un mur à la truelle. Au fig., flatter, cajoler, flagorner quelqu'un pour en faire une dupe. Talise, BàoussUKro / dit-on prover- bialement quand on voit faire des compliments à perte de vue. Bâoussièiro, qui est un nom propre, la femme de Boî»> sier, est mis génériquement; peutrêtre le dicton fisû4aii4I allusion à une anecdote réelle.

Dér. de Us, uni, poli.

ALU

ÂMA

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*e, ro, adj. Flatteur, cajoleur, cmbaucheur.

D^. du précédent.

Alisaje, s. m. Enduit d'un mur au mortier fin.

Alisiè, «.«m. Voy. Àriguiê.

Alisqoa (s'), v. Se farder, s'ajusler, s*adoniser; ss pour- lécher comme font les chats.

Dér. de Liqua .

Alo, s. f. Dim. Aléto; pôj. Àlasso. Aile. Se dit par analogie de choses trJs-Jiverscs : Âhs d'un capU, bords d'un chapeau, dont la forme et Tenvcrgurc autrefois, dans les chapeaux à la française, justifiiienl racc3ption. Alo rasin, grapillon, brin qui s en détache, figurant par à peu près une aile. Voy. Sounglé.

Dér. du lat. Àla.

Alongui, s. m. Retard ; dôlais, lenteurs affectôcs. qu'anas eérqua tan d'alonguis? qu*avez-vous besoin de tant chercher des retards ?

Dér. de Long.

Alor, adv. Alors, en ce temps là. Alorl dans co cas- ; oh ! s'il en est ainsi. Pér alor, pour lors.

Dér. de Fital. Allora.

Alonèto, t. f. Alouette ordinaire, alouette des champs ; Alauda arvensis, Temm. Oiseau de Tordre des Pass3roaux. Sya. Làouséto. Lou Coutéloù, la CouqvXalo, la Calan- dro sont des variétés de T Alouette. F. c. m.

Dér. du lat. Alauda et do son dim. Alaudetla, qui a la même sign.

Aloanga, o. Allonger, prolonger; retarder, différer; rendre plus long. Aq^ fài pas qu'alounga loupoutajd, iou pastis, cela ne fait qu*entrainer des retards. Atounga hu pastis, allonger la courroie, perdre du temps volontairement.

Alonnga (s*), o. Prendre le chemin le plus long ; tomber» s'étendre de son long.

Dér. de JUmg.

Alonngaire, s. m. Mauvais payeur; qui prolonge le terme du paiement ; conteur, discoureur verbeux qui n'en finit pas.

Dér. de Long.

Aimasses, t. m. plur. Compliments intéressés; belles paroles ; détours de paroles, ambages. Fôou pas ana eérqua tant d'aluuusês, il ne faut pas tant de circonlocutions.

GoDtr. de AlMuia,

Atauna, «. Allumer, enflammer, mettra le fea. n parait spécial aax deux locutions suivantes : Aluma la ^édo, commencer à fûre du feu au séchoir à châtaignes; el Aluma lou four d'aeâou, garnir le four à chanx. Ce qui prouverait sa légitimité languedocienne. Mais on ne dirait pas bien : Aluma hu lun, hu fd, pour lesquels il fut préférer Atuba ou Aluqua. F. c. m.

Formé du lat. Ad lumm,

âlvniÂtOv Bnraqoèto, Lnqpiéto, t. f. Allumette» petit brin de bois soufré par le bout. Aufig.t chercheur de noises» boite-ta. -* Yo^. Brouq^ito, Laquito.

Dér. de Aluma.

Aluqaa, v. .\llumer le feu ou la lampe. Voy. Aluma, On le dit quelquefois pour appeler de loin une personne» lui crier : llolà ! lU ! la héler. On ne voit pas trop le rap- port entre ces deux significations.

Aluqna (s'), v. S'animer, s'échauficr, en parlant avec feu.

Dôr. du lat. Allucere, ou du gr. Xmxhwû, parf. XsXu^vsuxa, éclairer.

Alura, ado, alj. Fin, rusé; éventé, étourdi; luron. Têslo alurado, tête à vent. Voy. Lura.

Dit. de Luro.

Ama, are, ou Amare, aij. Amer, qui a de l'amertume.

Qu3 béou ama, po pas éscupi dous, prvb.» qui boit amer, ne peut pas cracher doux.

Dér. du ht. Amirus, qui lui-même vient de mar, mer; l'eau de mer étant le type de l'amertume.

Amadou, s. m. Amadou.

Emprunté au fr.

Amadura, v. Mûrir, rendre mûr ; devenir mûr, aboutir, apostumer, en parlant d'un abcès; s'apprêter, s user. -^ Lou sourél amaluro la frucho, lous blas, le soleil fait mûrir les fruits ou les blés. Aquél roudaïre amaiuro, C3t abcès va aboutir. Aïgà s'amaiuro, ceci s'apprête, dit-oa quand on commence à être à bout de patience et près d'échtar. Mas braïos s'amaiurou, mes pantalons s'usent.

Dér. du lat. Maturare.

Amadnnm ou Madanm, s. m. Maturité, état de ce qui est mûr. Aquélo péro tombo d*amaiurun, cette poire pourrit d'excès de maturité. Aquéles magntu se foundam d'amadurun, y a lon-tén que déourièou rèstre émbrugeu, ces vers à soie dépérissent de maturité» on devrait les avoir rames depuis longtemps.

Formé de Maiu, venant du lat. Maturare ou mofunit.

Amaga, v. Choyer, réchauffer» abriter; cacher; couvrir.

Amaga un éfan, envelopper un enfant» le dorloter» le serrer dans ses bras ou sur le sein de sa mère. Lou et amaga, le feu est couvert.

Amaga (s'), v. Se tapir, se blottir dans une cachette; se pelotonner dans un coin ; s'envelopper pour se défendre du froid. Voy. S'amata.

Dâr. du lat. Ma gale, magalia, mot punique» cabane» huttes. Le radical est probablement magus, maga, magi- cien» sorcier, féa ; parce que dans l'antique superstition» oes êtres fantastiques habitaient les cavernes et les grottes.

Amal, adv. Encore; aussi; de plus; davantage; avec; même, quand même. J mal-mai'» bien plus, enooie davantage. AmaX-maï gn'aguèsse, quand même il y ea aurait davantage, y en eût-il plus encore. Amaï qui, poum que, quoique. Vitm l'amour, amaï que dîne, vive l'amoarg pourvu que je dine, dit le proverbe. AmaX fasén, aussi fusons -nous. Amoi à voue/ à vous aussi : c*est ima réponse aux civilités ordinaires entre gens qui se re&ooii- trent ou s'abordent. Bonsouir à touto la eoumpagno. Bon* woîr à la compagnie, dit le premier interlocuteur; AmeX è

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ALÊ

ALI

Alarmo, «. f. Tocsin. Ce mot n'a pas d*âutre acception. 11 est formé de à Varmo, aux armes, cri pour courir aux armes à l'approche de l'ennemi. En ital. on dit : ÂU'arme.

Alata, V. Elargir un troupeau, lui donner la clé des champs. Le même que Alarga.

Dér. du lat. ai lata, sous-ent. deducere.

Alcovro, j. f. Alcôve. Corr. du fr., m. sign.

Étym. : al koba ou el-kauf, en arabe, cabinet l'on dort, tente. En esp. Àlcoba et alcova.

Alédro ou Ânédo ou Coatèlo ( F. c. m.), s, f. Narcisse blanc des prés. Narcissus poeticus, Linn.

Dér. du lat. Albedo, blancheur.

Alègre, s. m. n. pr. Allègre, commune du canton de Saint -Ambroix , arrondissement d'Alais, et nom pr. de plusieurs autres villages. 11 est aussi quelquefois nom pr. d'homme. En lat. on le trouve écrit dans les anciens titres, ÂUgrium et Âlergium.

Ce nom est assez répandu; mais sa désinence n'est pas commune, car on ne la rencontre, dans noire langue, que dans pécègre, persica, et sigre, sequi, avec ses deux composés eoussègreeipérsègre. Cette circonstance, etsurtout la variante latine, semblent être l'indice d'une altération ou d'une trans- position de lettres dans la terminaison. En ce cas, un primitif en êrge se laisserait soupçonner, et, par la prononciation du g dur, on arriverait à èrgue, finale adjective identique à argue. Les exemples de ces inversions ne sont pas rares.

De là, le corps du mot ne présentant d'ailleurs qu'une variété d'orthographe bien connue et insignifiante, l'ana- logie serait directe entre Àlègre, Âièrgue, et Aleyre, et Alèirargues, qui ne sont eux-mêmes qu'une forme de Alairac (Aude); Aleyrac (Drôme, Hérault, Haute-Loire); Alêira, Alleyrac (Gard) ; Alleyras (Haute-Loire) ; Allerand (Marne) ; Allaires (Morbihan) ; Alayrac (Aveyron, Tarn) ; Alairas (Ardèche); Alleyrat (Corrèze, Creuse); Allières (Sarthe) ; qui auraient produit, par apocope de l'a initial, Layrac (Haute-Garonne et Lot-et-Garonne) ; Leyrat (Creuse) ; Lirac (Gard) ; Leran (Ariége) ; Leren (Basses-Pyrénées); Laires (Pas-de-Calais) ; Lairargues (Hérault). Tous ces mots ont, en eflet, pour racine le al galUcum, de Virgile, al Celtarum d'Au- sonne, pour indiquer l'altitude, l'élévation, les montagnes. La conformité du nom de notre Alèi, Allez, Alais, semble encore le ranger dans la même famille étymologique.

Alémagno, n. pr. Allemagne. On donne le sobriquet à'Alémagm à un Allemand, on même à quelqu'un qui a voyagé et séjourné en Allemagne.

Aléman, ando, adj. Allemand. Las Alémandos est devenu le nom d'un quartier se trouvait une ancienne taverne; c'est aujourd'hui une tuilerie à un kilomètre d'Alais, sur l'ancienne route de Saint-Ambroix. Il doit y avoir un siècle à peu près, deux femmes, des Alsaciennes peut-être, vinrent établir une buvette qui attirait les chalands. Elles se firent peindre sur la façade de la maison par un barbouilleur de l'endroit; cette image, à demi effa cée, se distingue encore : de le nom, qui s'est conserv

Alénga, ado, adj. Grand parleur, beau diseur ; qui a la langue bien pendue, bien affilée ; qui a réponse à tout.

Dér. de Léngo.

Alèrto, adj. seulement /em. Alerte, éveillée, vive, dé- gourdie.

Trad. du fr.

Aléstl, V. Préparer, apprêter; disposer; mettre en état.

Dér. de Leste.

Aléva (s'), V. Se lever. Ne se dit que du temps quand il tourne au beau, qu'il se lève.

Algarado, s. f. Algarade; mercuriale, réprimande; re- proches bruyants et publics.

Étym. de l'arabe et de l'esp. Algarada, qui signifie : course sur l'ennemi brusque et imprévue.

Aliboufiè, s. m. Aliboufier ou alibousier, storax, styrax; Styrax officinalis, Linn. Arbre de la fam. des Ébénacées. Il découle de cet arbre, dans les pays chauds, un suc bal- samique connu sons le nom de storax, que Ton conserve ordinairement dans des roseaux, calamus ; de le nom de calamité appliqué à cette résine.

Son étym. serait-elle prise de AU, haleine et de boufa, souffler, à cause de son odeur d'encens ?

Aligna, v. Aligner, ranger sur une même ligne droite. S'aligna, se battre en duel.

Dér. du lat. A pour ad, et linea.

Alimâou I interj. Péj. Allmâoudas/ Animal! butor grosse bête! Il n'est employé qu'interjectivement presque jamais comme subst.

Corrupt. du fr. Animal.

Alimase, s. m. Limace, limaçon sans coqv lusque rampant, visqueux. JUareho coumo il marche à pas de tortue.

Dér. du lat. Limax, venu lui-même XsijAoJv, pré humide.

Alin, aiv. Là-bas. C'est à tort, vages le traduit par là-dedans. C'« naison, qu'il a prise pour la*pr causé son erreur. Il est bien c^ bas, bien bas, plus bas en signifié : là-dedans. Il est fond.

Aliroù, s. m. Aile* tiennent les grandes que le fr., mais t cien est au mo^ -

Dér. de Al

Alisa, 1 truelle, en fn' bin^

\-

e, le Un- ie l'ambre.

morale, et * qa'oo dit:

itnbroiz, ville, d'Alaia. Foy.

"^ ^ ^- ^'* liais et embronilies;

-^ 1 nne époque oit U

.: » »m m ,;, crêpée et poodrâe,

^m améchU par leur ajria-

sak riibaient en mèches talée

' a dd amener une entente

'T- sr ^.^j' n *m '^t au fond que le désordre

_^ ^ ^ ;ut venir du subs. mécho,

M ip. •* . . "^^

^, ^^ ^_^ lénqolè, Aoielancbier, Criomgui

^ . iissean de la fam. des Rosacées,

^ ' 'tite baie, nommée aMrUn?uo, àpm

rténqnii. , pomme, et *]7,eiï, étrangler; pomme

' ^ ^ Fin d'mie chose; ainsi soit-il. IMw

**• .'doutât,' consentir X tout ce qu'on propose,

" i:nndilion, approuver le bien et le mal. Jaê-

""^ 'i-i|ii'fila fin des fins, sans fin, jusqu'à l'ôler-

**■ liLii lu loot hébreu : Àmtn, fiât, ainsi soil, ainsi

^ ijiii l' triiioe toutes les oraisons latines de l'Eglise.

' Micuda, .< f. Amende, punition pécuniaire au profit

lÂi-, i]iii II .1 rien de commun avec les dommages et

-tM^ rhis ,'i 1.1 partie civile.

DiT ilii l'il Emtndare.

Amcniiri, '• Abaisser, diminuer le prix. N'a pas dn ml !■■ -m- ilii fr. amoindrir, et ne s'emploie pière qaa

>tii >\|>riir.r un abaissement de prix d'ane mwrchandiss. -- ir. „wr„.i,-, fou pan, la prix du pain est diminue.

Dit r|:' 1/o,7r<i.

Amenla, < "i. Sorte de marbre commnn dans le Gard ;

tjrr'i:lii', ^>i'l'! il'amygdalolde ; poudin^e composé de plk- i.\f\jrt iviillimv cimentés ensemble par un gluten aussi dor qiir 1,1 liiciTP.

Di'i'. d'.t W'-'i/o, parce qna ces différents cailloux ressent- lili'iil nuK ainindes qui sont noyées dans le dmenl dm

llOllR^t.

Amènliè, 5. m. Amandier; Amygdalut eomnunit, Lina.

Arl)n> ik I 11 r:uaiUe des Rosacées.

AMA

AUA

MM^ lai rtpond-oa, à vous aussi, nous vous ditons de mAme. AwM tu$i Toi auiû* tu quoqu9/ Amaï vendra poi, et même il ne viendra pas, vous venez qu'il ne viendra lias. Amaï Ut eastibraïo, la canaille avec. Homê$, finno$ m l9uj droUê amaX, hommes, femmes et les enfants avec, et même les enfants.'

Dôr. de Hat, plus.

Amaigri (s*), o. Maigrir, se dessécher, dépérir.

Dér. de Mai^.

Amaira, o. Au prop. réunir un enfant ou le petit d*un animal à sa mère. Cest le contraire de Di$mMra, F. c. m. An fig. réunir, associer, rassembler. Se dit d'une gerbe, d'un fagot, de toute espèce de tiges, qu'on assemble rëgu- litement en plaçant tous leurs gros bouts du même côté pour les lier plus facilement.

Dér. de JfaVre.

Amaisa, v. Apaiser, adoucir, calmer. Ama\$aun éfan, codormir un enfant, l'apaiser, le consoler, l'empêcher de crier ou de pleurer. Amaiâa la fan, apaiser le premier aiguillon de la Mm, la calmer. Anwita-vouê, calmez-vous, ladouciasez-vous. Lou lén s'amaiso, le temps devient calme. X'tfouro ë'éi amaXsado, le vent s'est calmé. ' Mr. de Fital. Ammouiorê, adoucir, apprivoiser.

Analâonti, ido, adj. Qui est bien malade, bien exté- Boé, bien affaibli.

Dér. de Malâou,

Amafai, «. m. Hanche, et proprement la tête supérieure dn fémur.

Dér. de l'arabe Amalue, l'os-sacmm ; c'est parext. qu'on l'applique à la hanche.

Amahaga, «. An pn^. déhancher, déboiter le fémur. Au fig. froisser, meurtrir, éreinter.

Dér. sans doute d*Amalu, mais le lat. ad malum pour- lait bien ne pas y être étranger.

Amana, o. Rassembler ; amonceler; amener en un même m; cueillir a pleines mains; serra', empmgner. -^E$pa' fui énearo bien amana, il n'est pas encore bien en main, lieD exercé. Ta fto t'es poâ énearû mnanado, ta fiUe n'est pas encore rentrée à la maison.

Dér. du lat. Ad manum, soit que manus se traduise par nain, soit par foule, peloton, botte .

Aaarat n, ad^. Amer. Toy. Awm.

La formatioii du lat. est encore plus sensible dans Amarë, qui vient de ad et mare,

Amaréla» v. Etre nu peu amer, avoir un léger goût d'amertume. C'est un fréquentatif formé d*Amar9,

La plupart des substanlife et même des adjectifs sont iBoe|itibles, en languedocien, d'être ainsi transformés en ^mbes. Les verbes eux-mêmes, en prenant la désinence ija, m dédoublent pneHiue tous, et deviennent frôquentatifii on diMinntIh.

awvagw dH dans aea provetbai : Qui pUCidéJo, mMow •y» et tmt$ fié mam/ê mmmréjù, la plaideur eel oomflia liMÉida, toil oa qM nmii a de rassartniM.

Amarèlo, $. f. ou Amaroû, Thlaspi , /terif ou ndoêpi amara, Linn. Plante de lafam. des Crucifères siliculeuses, qui croit dans les blés, et dont la graine, lorsqu'elle s'y mêle, communique de l'amertume au pain qui eu provient.

Ycy. Amaroili, Dér. de Ama, amer.

Amarignè, $. m. Soudie ou pied de l'osier franc et jaune, dont on coupe les jets chaque année qui servent de liens pour les treilles et vignes; Salix ammina, Linn.

Dér. d'^martfio.

Amaxinén, ônqao, adj. Flexible, pliant comme l'osier.

Se dit des diverses espèces de bois de service qui ont la nervure longue, flexible et non cassante.

Dér. d^Amarino.

Amarino, j. /. Osier ; c'est le nom générique. Vno amarino, un jet ou un scion d'osier, coupé pour servir de ligature.

Dér. du lat. Salix amerina, qui lui-même vient de Ame- na, ville de TOmbrie, en ItaUe. C'était dans l'origine le SauU d'Ameria, comme l'on dit : le peuplier de la Caro- line, le peuplier d'Italie.

Amaroû, «. f. Amertume, saveur amère.

Dér. de Amare,

Amaroû, «. m. ou Amarèlo, Thlaspi, Tlaspi amara, Linn. Plante qui croit dans les blés, et produit une petite graine qui, mêlée ensuite à la farine, donne au pain une amertume prononcée. Voy. Amarèlo.

Dér. de Amare.

Amarongnè, «. m. Marronnier d'Inde, marrmmier des jardina, arbre magnifique de grandeur, de port, de feuil- lage et de fleurs.

AmarouBO, <• f. Marron d'Inde, fruit du mamnnier d'Inde. Ce fruit, qui est d'une amertume extrême, n'a rien de commun avec le marron, qui est si sucré et si savoureux, que par sa couleur et sa formation dans un hérisson; le dernier se nomme exclusivement : Dàfmpki' nénquo, V. c. m.

Ici se présente une difiiculté d'étymologie que le lecteur jugera lui-même.

Amarouno vient-il d*Amarougni, l'arbre qui produit ce fruit, on bien vient-il de cette amertume, omaroà, qui form» son principal caractère et qui fait qu'aucune e^ièce d'aiâ- mal ne peut s'en nourrir t Cette dernière solutîoa semble si naturelle qu'on serait tenté de l'adopter; cependant il devient diflicile d'expliquer que Vamarouyné et Vamaromm», son fruit, aient deux origines différentes.

D'autre part encore, comment admettre que Vamarougmà et le marronnier d'Inde, le même arbre très-certainement^ avec leur physionomie si fraternelle de noms, ne pra* viennent pas d'une racine commune? Or, le marronnier d'tode n'est qu'uhe variété du marronnier ordkiairef du chàtaigmer & marrons ^ et le mot marron, frère et eontam- porain de l'ital. mèttmêf vient oemme lai du free éë' moyen âge liop p^v.

ÂMB

AME

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Hais, comme il est impossible qne le grec, l'italien et le français, à la fois, soient venus puiser leur étymologie dans le languedocien amarouno, qui lui-même ne représente pas du tout le marron doux dont ces diverses langues ont voulu parler; il faut en conclure qn'amarougnè dérive du fr. marronnier, qui doit ce nom à son fruit, marron, et que œ dernier le tient de Titalien et du grec. Âmarou§nè, à son tour, a créé le mot amarouno, qui, du reste, va à merveille à sa nature et n*enlôve pas Tamertume, au con- traire, pour n*en pas être issu : le mot signifie innocem- ment la chose.

Amarouno se dit aussi : Castagno amaro. F. c. m.

Amassa, v. Ramasser, cueillir, faire un amas; mettre ensemble; réunir beaucoup de monde; entasser, thésau- riser; aboutir, abcéder, apostumer. Voy. Âcampa. Amassa d'hêrbos, ramasser des herbes. Amassa la fièto, cueillir de la feuille de mûriers. Amassa foço argén, deve- nir très-riche, amasser une grande fortune. Monn amasto, mon doigt apostume; le mal que j'ai au doigt aboutit.

Le lang. amassa, le fr. amasser, Tit. ammassare, dériv. tons du lat. massa , masse , amas, ou plutôt du gr. &[Lauû, j'amasse.

Amassa (s"), v. S'attrouper, se rassembler. S'amas- sara proà, dit-on d'un absent, il se rendra bien, il reviendra au gite. S'amassi un fun mounde, il se fit un grand rassemblement.

Amassaire, ro, adj. En tisseur, thésauriseur, quand il est employé seul. Lorsqu'il est question de vers à soie, il signifie : les gens qui cueillent la feuille de mûriers, quoi- qu'on n'y ajoute pas le mot fi^o.

Amassaje, s. m. Action de ramasser, de cueillir; frais, ooût de la cueillette. Voy. Acampaje.

Amata (s'), v. Se tapir, se blottir, s'aplatir; s'humilier de crainte ou de respect. L'aï amata, je l'ai confondu, je l'ai maté, aplati. S'amatou pôou, ils se cachent de peur, ils se tapissent de frayeur. Voy. S'amaga.

Dër. de Mato,

Amati, ido, adj. Dru, épais. Se dit d'un pré bien gaaonné, bien tallé, et aussi du pain massif et gras-cuit.

Dér. de Mato.

Amatina (s*), v. Se lever matin; se mettre de bonne heure à l'ouvrage ou en voyage.

Dér. de Mati.

Ambre, t. m. Amble, allure du cheval entre le pas et le trot.

Gorr. du fr., qui dér. lui-même du lat. Ambulare.

Ambre (Leva 1'), v. Être fin et rusé au dernier degré, an-delà même de la délicatesse. C'est une phrase faite, eontractive d'une plus longue. On sait que l'ambre, quand îl est échauffé par la friction, soulève et attire même d'as- »s loin une paille. Le peuple, qui croit voir un signe de sa finesse, dit proverbialement : ts fl eoumo V ambre, Uoo la pdio: puis, dans l'nsage particulier, il a 83mcopé la phrase, et pour exprimer la finesse poussée à Textrême,

quand le fr. se contentait de : fin comme l'ambre, le lan- guedocien a exagéré et a voulu dire : plus fin que l'ambre, une finesse qui lèverait l'ambre lui-même. On comprend que, jouant sur le mot, il s'agit ici de finesse morale, et c'est de celui qui la possède à un tressant degré qu'on dit: Lèw> l'ambrs.

Dér. de